Par Pierre Hayat
Texte tiré du numéro 577 des Cahiers rationalistes,
juillet-août 2005 (pages 25-33) ; publié avec l'aimable
autorisation d'Alain Policar, rédacteur en chef des Cahiers
rationalistes.
Un certain "marxisme" a
longtemps relégué la question religieuse au rang
de superstructure subalterne. La lecture attentive du Traité
théologico-politique1 par
le
jeune Marx a
été ignorée et la
laïcité considérée comme un
faux problème. Encore aujourd’hui, une partie de
la gauche, héritière de ce "marxisme"
qui a méconnu les combats de Marx contre une morale asservie
à la religion, est volontiers complaisante envers les
communautarismes religieux. La pensée laïque, au
contraire, voit dans l’affranchissement du politique de la
tutelle religieuse une condition essentielle de
l’émancipation humaine. Spinoza serait,
à cet égard, un précurseur de la
laïcité parce que son Traité
théologico-politique est un manifeste en faveur de
l’autonomie du politique par rapport aux clergés.
Sa position paraît d’autant plus significative
qu’il a pris la mesure de l’enracinement
anthropologique de la religion : qu’elle se rapporte
à nos craintes ou à nos espérances,
qu’elle fasse écho à notre
volonté de savoir ou à notre besoin de
protection, la religion lui a paru donner aux actions humaines
"plus de poids qu’à tout autre
mobile"2.
La laïcité récuse le
mélange du religieux et du politique : est-elle, pour cette
raison, antireligieuse ? Se satisfait-elle d’un
État débarrassé de la pression des
religions ? Parvient-elle à concilier les droits politiques
et ceux de la conscience ? En s’affirmant rationaliste,
est-elle en phase avec la contestation contemporaine des effets de la
technoscience ? Ces questions qui sont aujourd’hui les
nôtres, nous les avons posées à
l’auteur du Traité
théologico-politique. Les remarques qui suivent
sont le résultat d’une confrontation directe de
ces problèmes à ce "livre
explosif"3 paru anonymement en 1670.
Séparer l’État et la religion
Par sa manière d’affronter la religion,
Spinoza a inauguré la critique laïque,
désormais classique, de la collusion de la politique et de
la religion. Il a montré comment la religion pouvait devenir
un instrument redoutable au service du pouvoir politique. Selon
Spinoza, ceux qui sont maîtres de
l’État, ou aspirent à le devenir, sont
enclins à utiliser les clergés pour se donner une
assise idéologique qui intériorise le principe
d’obéissance. Le monarque, en particulier,
"colore du nom de religion la crainte qui doit
pouvoir maîtriser (les hommes) afin qu’ils
combattent pour leur servitude, comme s’il
s’agissait de leur salut, et croient non pas honteux, mais
honorable au plus haut point de répandre leur sang et leur
vie pour satisfaire la vanité d’un seul
homme"4. Dans un État
religieux, désobéir au pouvoir politique,
c’est ipso facto désobéir
à Dieu.
Dans l’alliance du sabre et du goupillon, la
religion n’est pas seulement la servante du politique : les
clergés peuvent œuvrer pour leur propre compte et
trahir ainsi des ambitions politiques. Spinoza observe que les
clergés exercent facilement leur empire sur la foule lorsque
l’État est en crise. En se réclamant de
la loi de Dieu pour juger la loi des hommes, ces religieux "cherchent
un moyen de parvenir eux-mêmes au pouvoir"5
Les fonctions sacerdotales ne sont pas, dans ces conditions,
exercées par "amour de propager la foi en
Dieu " mais pour satisfaire " une
ambition et une avidité sordides"6. Quant
au politique, il ne peut plus prendre une décision sans
demander aux ecclésiastiques si elle est ou non conforme
à la loi religieuse ; tout dépend alors de leur
bon vouloir.
C’est ainsi que Spinoza juge "pernicieux,
tant pour la Religion que pour l’État,
d’accorder aux ministres du culte le droit de
décréter quoi que ce soit ou de traiter les
affaires de l’État"7. On ne
saurait être plus clair dans la critique : ce n’est
pas la religion, comme telle, que Spinoza "combat"8,
mais l’immixtion de la religion dans la politique. Et la
solution qu’il préconise permet de jeter les bases
de la laïcité politique : "L’exercice
du culte religieux et les formes extérieures de la
piété doivent se régler sur la paix et
l’utilité de l’État"9.
Les Églises et l’État doivent
être séparés de façon
à rendre possibles l’autonomie du politique et la
mise en conformité des pratiques religieuses au droit
public. La laïcité de l’État
se trouve ainsi établie10. L’invocation
d’une loi religieuse ne saurait être
prétexte à contestation de la loi que les hommes
se sont librement donnée.
Laïcité et démocratie
Est-ce à dire qu’avec Spinoza, la
laïcité se réduirait à une
laïcité d’État ? Si tel
était le cas, ce ne serait pas seulement la
liberté religieuse qui se trouverait compromise mais la
liberté politique aussi, puisque l’État
disposerait d’un pouvoir sans limites.
L’intérêt de Spinoza consiste justement
à montrer que l’émancipation du
politique, poussée à son terme, est la
démocratie. Pour Spinoza, la souveraineté du
peuple est l’essence de l’État
laïque. "Le véritable fondement
de l’État", dit Spinoza, est
la nécessité pour "l’individu
(de transférer) à la
société toute la puissance qui lui appartient de
façon à ce qu’elle soit seule
à avoir... une souveraineté de commandement"11.
L’État spinoziste est démocratique car
c’est à l’ensemble de la
société, non à un individu, ni
à une partie du corps social, que chacun doit
obéissance.
L’État démocratique
s’oppose en tous points à
l’État religieux. Dans ce dernier, les gouvernants
sont enclins à exiger des sujets une obéissance
aveugle puisqu’ils se posent en messagers exclusifs
d’une volonté transcendante. Dans
l’État démocratique, au contraire,
l’individu n’a pas à renoncer
à sa liberté de pensée et
d’expression. Si le membre d’un État
démocratique n’agit pas comme bon lui semble, il
ne se soumet à personne ; en obéissant
à toute la société, il
obéit à lui-même et demeure le plus
libre qu’il est possible. L’État
démocratique est identifié par Spinoza comme le
plus conforme à la liberté que la Nature
reconnaît à chacun, car l’individu remet
son pouvoir de décider non à un autre individu,
ou à quelques autres, mais à la
majorité de la société dont
lui-même fait partie. Ainsi, la liberté se
trouve-t-elle intimement associée à
l’égalité puisque dans une telle
situation, tous les individus deviennent égaux.
On voit quel parti il peut être tiré de
la conception spinoziste des fondements de l’État.
L’idée laïque, qui signifie que la loi
imposée aux hommes est d’institution humaine,
atteste le caractère démocratique d’une
société. Elle confirme que la
souveraineté du peuple n’est pas placée
sous l’autorité d’une puissance
transcendante.
Deux souverainetés ?
L’un des efforts de la laïcité
est précisément de croiser les
nécessités du droit politique et les exigences de
la libre pensée. Sur ce plan encore, la
laïcité trouve en Spinoza un précurseur.
Spinoza affirme simultanément que le politique
détient une " souveraine
autorité pour interpréter les lois ",
y compris religieuses, et que chacun dispose d’une " souveraine
autorité pour juger la Religion et conséquemment
se l’expliquer à lui-même "12.
Mais n’y aurait-il pas contradiction à poser que
deux souverainetés peuvent coexister ? Spinoza,
déjà, donne les outils théoriques pour
penser cette coexistence. Tandis que le droit de
l’État de régler tant les choses
sacrées que profanes se rapporte aux actions seulement,
la souveraineté de l’individu " consiste
dans la simplicité et la candeur de
l’âme (qui) n’est soumise à
aucune autorité publique "13. La
souveraineté de l’individu est relative aux fins
que chacun assigne à sa propre existence ; elle constitue un
rapport entre soi et soi-même. La véritable
contradiction n’est pas entre la souveraineté de
l’État et la souveraineté de la
conscience mais entre la liberté de la conscience et la
pression qu’un État peut exercer sur les
consciences. Il serait contradictoire, en effet, qu’on puisse
être " contraint par la force ou par la loi
à posséder la béatitude "14.
Souveraineté politique et souveraineté
de la conscience n’entrent pas en concurrence parce
qu’elles ne sont pas du même ordre. L’une
concerne " l’ordre public "
tandis que l’autre relève du " droit
privé ". C’est pour " la
même raison " que
l’État est l’interprète des
religions et que l’individu est son propre juge en
matière de religion. Autorité politique et
liberté de conscience sont conciliables quand les bornes du
politique ne sont pas définies par une loi transcendante
mais par la nature de l’autorité politique :
veiller à l’utilité commune et au droit
public. Avant Rousseau, Spinoza demande d’admettre que le
souverain ne passe pas les bornes de
l’intérêt général
dans la mesure où son objet est
précisément
l’intérêt général.
La souveraineté politique a des limites de principe car le
" culte intérieur de Dieu et la
piété elle-même relèvent du
droit de l’individu (...) qui ne peut être
transféré à un autre "15.
Le refus d’un " État dans
l’État "
Cette distinction, essentielle pour la
théorie laïque, de la sphère publique et
de la sphère privée est clairement
établie par Spinoza. Plus fondamentale que la distinction de
l’individuel et du collectif, elle concerne prioritairement
les appareils religieux et l’institution politique. Ainsi, la
distinction du domaine de la conscience individuelle et de la
sphère politique se retrouve-t-elle dans la distinction de
l’Église et de l’État.
Aujourd’hui, les laïques s’appuient en
France sur la loi de séparation des Églises et de
l’État du 9 décembre 1905. Cette loi
n’accorde pas une indépendance
réciproque à deux puissances de même
nature. Elle ne considère pas les Églises et
l’État comme deux entités juridiques
semblables. Si tel était le cas, les religions
n’auraient aucun compte à rendre à la
République et existeraient au sein de
l’État comme un État souverain.
En refusant aux Églises le droit
d’exister comme " un État dans
l’État "16, Spinoza est,
là encore, un précurseur de la
laïcité. Une telle séparation qui
libérerait les Églises de leurs obligations
vis-à-vis de la loi commune, donnerait à la
religion un statut dérogatoire. Les clergés
pourraient alors aisément se placer en situation de changer
les règles du jeu de la société. De
proche en proche, cet " État dans
l’État " suivrait la pente
naturelle de tout État si rien ne
l’arrête : devenir l’État
dominant.
Démocratie et culture rationaliste
Mais suffit-il qu’un État ne
soit ni dominé ni concurrencé par la religion
pour être effectivement démocratique ? Spinoza ne
le pense pas. Car un État qui s’impose
à un peuple de façon autoritaire, à
défaut de rencontrer son approbation, n’est pas
démocratique. Lorsque les lois ne sont plus
reconnues comme de véritables lois, œuvrant pour
le salut du peuple, l’État
laïque court à sa perte. Des religieux avides de
pouvoir finissent par faire impression sur les masses lorsque
l’autorité laïque a perdu la confiance du
peuple. Aussi convient-il d’ établir
partout des institutions qui encouragent les individus à
mettre le droit commun au-dessus de leurs avantages privés.
Là est, aux yeux de Spinoza, " l’œuvre
laborieuse à accomplir ". Un
régime démocratique ne saurait reposer
durablement sur la soumission à un État tenu
éloigné de la société : il
a besoin de citoyens actifs, responsables de leurs actes et de leurs
paroles.
Un État religieux tend à faire
croire aux hommes qu’ils n’agissent pas par leur
propre décret ; il dépossède les
hommes de leur pouvoir de décider collectivement. Mais il
est dans la nature d’une démocratie
laïque d’inciter chacun à prendre part
activement et lucidement à la vie publique17. Toute forme
d’orthodoxie se trouve alors récusée.
Dans l’État démocratique
pensé par Spinoza, tous conviennent d’agir par un
commun décret mais non de juger et de raisonner en commun.
Des habitudes de liberté soutiennent une
société laïque autant que des
institutions bien agencées.
Spinoza nous fait ainsi remonter aux sources vives du
rationalisme qui ne se réduit pas à la confiance
en la science et la technique et ne se reconnaît pas dans une
prétendue raison d’État. Une culture
rationaliste se développe dans une
société affranchie de la crainte permanente du
châtiment divin mais aussi de la coercition
étatique. Elle voit dans la liberté de
pensée et dans la discussion publique la condition de la
solidité de la société civile. Spinoza
n’annonce pas une laïcité religieuse qui
transforme l’obligation citoyenne en un serment de
fidélité. S’il admet
l’utilité d’une foi pratique en des
règles fondamentales de sociabilité, cette
" foi " suppose
l’acceptation de la libre confrontation des idées.
C’est ainsi que dans une démocratie
laïque, chacun est encouragé à
" penser ce qu’il veut et (à)
dire ce qu’il pense "18. On y est reconnu
pleinement homme, capable de raisonner par soi-même et
publiquement, sujet de droits et de devoirs, sans avoir besoin
d’une quelconque caution religieuse.
Une lecture laïque des textes religieux
Il s’ensuit que la critique des religions
est un droit auquel nul démocrate ne saurait renoncer.
Spinoza a devancé la pensée laïque
contemporaine en osant affirmer que " presque tous
les hommes substituent à la parole de Dieu leurs propres
inventions et s’appliquent uniquement sous le couvert de la
religion à obliger les autres à penser comme eux "19.
Mais l’actualité de Spinoza se vérifie
avec plus d’acuité encore par sa
manière d’aborder l’étude des
textes religieux. Le philosophe revendique le droit
d’interpréter librement les textes religieux, en
s’affranchissant des préjugés et en ne
cédant pas aux pressions des pouvoirs, qu’ils
soient religieux ou politiques.
Là encore, la posture intellectuelle de
Spinoza est laïque avant l’heure, car Spinoza estime
qu’il n’y a pas lieu de s’autoriser
d’un quelconque pouvoir pour interpréter un texte
religieux. " Il ne doit y avoir d’autre
règle d’interprétation que la
Lumière naturelle commune à tous ; nulle
lumière supérieure à celle de la
nature, nulle autorité extérieure. "20
Il ne s’agit pas, pour Spinoza, de rationaliser
artificiellement les textes religieux car ce serait remplacer un
préjugé par un autre. Un texte religieux est
symbolique et non pas rationnel : " L’Écriture
laisse la raison absolument libre et n’a rien de commun avec
la philosophie (...) l’une et l’autre se
maintiennent par une force propre à chacune "21.
Le projet de Spinoza est de lire les textes religieux dans leur
cohérence interne et leur complexité. La
méthode pour connaître les textes religieux
n’est pas moins immanente que celle qui est requise pour
connaître la nature. Point n’est besoin
d’inspiration divine pour lire un texte religieux : la
connaissance du contenu de l’Écriture doit
être tirée de l’Écriture
même, comme la connaissance de la Nature doit
l’être de la Nature même.
Cette lecture interne signifie
qu’on ne projette pas ses propres
préjugés sur un texte religieux. Elle se combine
avec les préceptes d’une lecture externe qui
relève de l’histoire critique :
déterminer la vie et les mœurs de
l’auteur de chaque livre, le but qu’il se
proposait, à quelle occasion,
pour qui et en quel temps.
Dépassant déjà l’opposition
entre une lecture structurale et une lecture pragmatique des textes qui
font autorité, Spinoza s’intéresse
même aux hommes qui ont décidé de
recueillir les textes religieux ainsi qu’aux diverses
leçons que les uns et les autres en ont tirées22.
Les " fondamentaux "
de la laïcité ?
Que retenir de ce traité de
laïcité qu’est le Traité
théologico-politique ? Ferdinand Buisson, qui fut
le maître d’œuvre de
l’école laïque, invitait les
républicains de la Troisième
République à tourner leur regard vers Spinoza :
" Comment pourrions-nous, en plein courant
démocratique, répudier
l’idéal que le penseur solitaire osait faire
entrevoir aux vieilles monarchies ? "23 Buisson ne
repéra pas seulement en Spinoza le théoricien
d’une laïcité tolérante, mais
le précurseur d’une laïcité
démocratique. En un temps où il semble urgent de
retrouver les " fondamentaux " de
la laïcité, nous pouvons nous appuyer sur Spinoza
pour reconnaître dans la liberté
intérieure, critique et politique, le noyau de la
laïcité.
La laïcité, en effet, fait droit
à la liberté intérieure en chacun.
Même si la foi est vécue comme une aspiration et
non comme un choix, elle demeure une expérience
intérieure. Elle est, comme dit Spinoza, de " droit
privé " exprimant par là
même, les limites de la souveraineté politique.
Mais la vocation émancipatrice de la
laïcité s’accomplit également
comme liberté critique, affranchie des dogmes et des
préjugés. Cette seconde figure de la
liberté, rationnelle et dialogique, est appelée
à se déployer sans entraves dans une
société laïque. Il lui revient alors de
s’ordonner elle-même, en se contrôlant et
en se rectifiant sans cesse. Enfin, la liberté
portée par l’idée laïque, est
de nature politique. Affranchie de la tutelle
ecclésiastique, la démocratie politique est
" l’œuvre à accomplir "
collectivement.
Ces trois libertés -
intérieure, critique, politique - que nous avons
rencontrées dans le Traité
théologico-politique, ne se comprennent pas
l’une sans l’autre. Elles mènent aux
" fondamentaux " de la
laïcité et suffisent, pensons-nous, à
prouver que Spinoza ne se serait pas satisfait d’une
laïcité d’État. Un
État rendant à César ce qui est
à César et à Dieu ce qui est
à Dieu est, certes, un progrès par rapport
à une théocratie. Mais ce progrès se
paie d’une extension incontrôlée du
pouvoir étatique. L’identification de la
laïcité à la " séparation
du temporel et du spirituel " présente
ainsi un double risque : d’abord, de laisser
l’État à sa toute-puissance " terrestre ",
potentiellement oppresseur et conquérant ; ensuite, de
conférer à la religion
l’exclusivité du " spirituel ",
assimilé à un au-delà compensateur. La
laïcité contemporaine,
précisément, a des ambitions plus hautes que la
seule séparation juridique du temporel et du spirituel. Elle
suppose que la société est
l’œuvre inachevée des hommes -
qu’elle a, de ce fait, une vocation " spirituelle "
Internationaliste et universaliste, la laïcité veut
la justice dans la démocratie et
l’émancipation par la raison. Spinoza est bien
notre contemporain.
Publications de l’auteur relatives
à la laïcité :
La laïcité et les
pouvoirs. Pour une critique de la raison laïque,
Kimé, 1998.
La passion laïque de Ferdinand
Buisson, Kimé, 1999.
"Radicalité laïque et
mouvement social", Les Cahiers rationalistes,
mars-avril 2004 - n°569.
Texte tiré du numéro 577 des Cahiers rationalistes,
juillet-août 2005 (pages 25-33) ; publié avec l'aimable
autorisation d'Alain Policar, rédacteur en chef des Cahiers
rationalistes.
_____________________
Notes
1. K. Marx, “ Le Traité théologico-politique et la Correspondance de Spinoza ”, trois cahiers d’étude de l’année 1841, Cahiers Spinoza 1, Paris, Éditions Répliques, 1977, pp.29-157.
2. B. Spinoza, Traité théologico-politique,
présentation, traduction et notes par Charles Appuhn, Paris,
GF-Flammarion, 1965, p.298. Nous noterons désormais TTP.
3. G. Deleuze, Spinoza, Paris, PUF, 1970, p.15.
4. TTP, p.21.
5. Ibid., p.313.
6. Ibid., p.23.
7. Ibid., p.307.
8. A. Billecoq, Les combats de Spinoza, Paris, Ellipses, 1997.
9. TTP, p.313.
10. Spinoza vivait en un temps où “ renoncer à toute religion historique signifiait un choix d’isolement social et existentiel ” ; et pourtant, “
pour Spinoza, tout État devait évidemment être
laïque, et c’est bien là le message
dévastateur qu’il adresse à son siècle ”, Y. Yovel, Spinoza et autres hérétiques, traduit de l’anglais par Éric Beaumartin et Jacqueline Lagrée, Paris, Seuil, 1991, pp.232, 250.
11. TTP, p.266.
12. Ibid., p.158.
13. Ibid., p.157.
14. Ibid., pp.157-158.
15. Ibid., pp.313-314.
16. Ibid., p.298.
17. A. Tosel, Spinoza ou le crépuscule de la servitude. Essai sur le Traité Théologico-politique, Paris, Aubier, 1984.
18. TTP, p.327.
19. Ibid., p.137.
20. Ibid., p.138.
21. Ibid., p.25.
22. Ibid., p.152. Pierre Bourdieu salue ce “programme magnifiquement hérétique” de Spinoza, P. Bourdieu, Méditations pascaliennes, édition revue et corrigée, Paris, Éditions du Seuil, collection Points, 2003, p.72.
23. F. Buisson, Éducation et République, préface de Pierre Hayat, Paris, Kimé, 2003, p.252.