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Personne ne s'efforce de conserver son être à cause d'autre chose que soi-même.
Ethique IV Prop. 25.
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La liberté
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1 - Le préjugé du libre arbitre
2 - Volonté et liberté
3 - La liberté dans la pratique

1 - Le préjugé du libre arbitre


Vraie et fausse liberté


J'appelle libre, quant à moi, une chose qui est et agit par la seule nécessité de sa nature ; contrainte, celle qui est déterminée par une autre à exister et à agir d'une certaine façon déterminée. Dieu, par exemple, existe librement bien que nécessairement parce qu'il existe par la seule nécessité de sa nature. De même aussi Dieu se connaît lui-même et connaît toutes choses librement, parce qu'il suit de la seule nécessité de sa nature que Dieu connaisse toutes choses. Vous le voyez bien, je ne fais pas consister la liberté dans un libre décret, mais dans une libre nécessité.

Mais descendons aux choses créées qui sont toutes déterminées à exister et à agir d'une certaine façon déterminée. Pour rendre cela clair et intelligible, concevons une chose très simple : une pierre par exemple reçoit d'une cause extérieure qui la pousse, une certaine quantité de mouvement et, l'impulsion de la cause extérieure venant à cesser, elle continuera à se mouvoir nécessairement. Cette persistance de la pierre dans son mouvement est une contrainte, non parce qu'elle est nécessaire, mais parce qu'elle doit être définie par l'impulsion d'une cause extérieure. Et ce qui est vrai de la pierre il faut l'entendre de toute chose singulière, quelle que soit la complexité qu'il vous plaise de lui attribuer, si nombreuses que puissent être ses aptitudes, parce que toute chose singulière est nécessairement déterminée par une cause extérieure à exister et à agir d'une certaine manière déterminée.

Concevez maintenant, si vous voulez bien, que la pierre, tandis qu'elle continue de se mouvoir, pense et sache qu'elle fait effort, autant qu'elle peut, pour se mouvoir. Cette pierre assurément, puisqu'elle a conscience de son effort seulement et qu'elle n'est en aucune façon indifférente, croira qu'elle est très libre et qu'elle ne persévère dans son mouvement que parce qu'elle le veut. Telle est cette liberté humaine que tous se vantent de posséder et qui consiste en cela seul que les hommes ont conscience de leurs appétits et ignorent les causes qui les déterminent.

Lettre 58 à Schuller, trad. Appuhn, Paris,
Éd. Garnier-Flammarion, 1955, tome 4, pp. 303-304


Origine et devenir du préjugé du libre arbitre


Tous les hommes naissent dans l'ignorance des causes, et un appétit universel dont ils ont conscience les porte à rechercher ce qui leur est utile.

La première conséquence de cela, c'est que les hommes croient être libres, parce qu'ils ont conscience de leurs volitions et de leurs désirs, et ne pensent pas, même en rêve, aux causes qui les disposent à désirer et à vouloir, puisqu'ils les ignorent.

Il en résulte, en second lieu, que les hommes agissent toujours en vue d'une fin : leur utilité propre, objet naturel de leur désir. Il en résulte qu'ils ne demandent jamais à connaître que les causes finales de toute les actions possibles. Dès qu'ils les connaissent, ils trouvent le repos, n'ayant plus dans l'esprit aucun motif d'incertitude. S'il arrive qu'ils ne puissent acquérir cette connaissance par autrui, il ne leur reste plus qu'à se retourner vers eux-mêmes, et à réfléchir aux fins dont la poursuite les détermine d'ordinaire à des actions semblables ; et de cette façon il est nécessaire qu'ils jugent du caractère des autres par leur propre caractère. Comme en outre, ils trouvent hors d'eux et en eux-mêmes un grand nombre de moyens qui leur sont d'un grand secours pour se procurer des choses utiles, par exemple des yeux pour voir, des dents pour mâcher, des végétaux et des animaux pour se nourrir, le soleil pour s'éclairer, la mer pour nourrir les poissons, etc., ils ne considèrent plus tous les êtres de la nature que comme des moyens à leur usage. Sachant bien d'ailleurs qu'ils ont trouvé, mais non inventé ces moyens, is y ont vu une raison de croire qu'il existe un autre être qui les a disposés en leur faveur.


Une fois qu'ils ont considéré les choses comme des moyens, ils n'ont pu croire, en effet, qu'elles se fussent faites elles-mêmes, mais ils ont dû conclure qu'il y a un ou plusieurs maîtres de la nature, doués de liberté, comme l'homme, qui ont pris soin de toutes choses en faveur de l'humanité et ont tout fait pour son usage. Et c'est ainsi que n'ayant rien pu apprendre sur le caractère de ces puissances, puisqu'on ne leur en avait jamais rien dit, ils en ont jugé par leur propre caractère. Ils ont ainsi été amenés à croire que si les dieux règlent tout pour l'usage des hommes, c'est afin de se les attacher et d'en recevoir les plus grands honneurs. Chacun dès lors a inventé, suivant son caractère, des moyens divers d'honorer Dieu, afin d'obtenir que Dieu l'aime plus que es autres, et fasse servir la nature entière à la satisfaction de ses aveugles désirs et de son insatiable avidité. Voilà donc comment ce préjugé s'est tourné en superstition et a jeté de profondes racines dans les mentalités, et c'est ce qui a produit cette tendance universelle à concevoir des causes finales de toutes choses et à les expliquer. Mais tous ces efforts pour montrer que la nature ne fait rien en vain, c'est-à-dire rien d'inutile aux hommes, n'ont rien montré si ce n'est que la nature et les dieux délirent tout autant que les hommes.

Ethique I, Appendice.



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