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L'Ethique, traduction par Spinozaetnous.org

Auteur : admin

1 Sommaire


ÉTHIQUE






Démontrée selon l'ordre géométrique
et divisée en cinq Parties
dans lesquelles il s'agit


I. De Dieu.


II. De la Nature et de l'Origine du Mental


III. De l'Origine et de la Nature des Affects.


IV. De la Servitude Humaine ou de la Force des Affects.


V. De la Puissance de l'Intellect ou de la Liberté Humaine.




TRADUCTION Spinozaetnous.org (2004-2005)



Travail en cours




2 Ethique I

Note : En bleu, les termes en discussion sur le forum. Si le titre est en bleu ou un numéro souligné et en bleu, c'est l'ensemble de l'élément qui est en discussion.



ÉTHIQUE



PREMIÈRE PARTIE :


DE DIEU




DÉFINITIONS3


I. Par cause de soi j'entends ce dont l'essence enveloppe l'existence, autrement dit, ce dont la nature ne peut être conçue autrement qu'existante.4


II. Une chose est dite finie en son genre lorsqu'une chose de même nature peut la limiter. Par exemple, un corps est dit fini parce que nous en concevons toujours un plus grand. De même, une cogitation est limitée par une autre cogitation. Mais un corps n'est pas limité par une cogitation, ni une cogitation par un corps.5


III. Par susbtance, j'entends ce qui est en soi et se conçoit par soi, c'est-à-dire ce dont le concept n'a pas besoin du concept d'une autre chose pour être formé..


IV. Par attribut, j'entends ce que l'intellect perçoit d'une substance comme constituant son essence.


V. Par mode, j'entends les affections d'une substance, autrement dit ce qui est, et aussi se conçoit, en autre chose.


VI. Par Dieu, j'entends un étant absolument infini, c'est-à-dire, une substance consistant en une infinité d'attributs dont chacun exprime une essence éternelle et infinie.


Explication. Je dis absolument infini, et non pas infini en son genre car nous pouvons nier une infinité d'attributs de ce qui est seulement infini en son genre ; alors que tout ce qui exprime une essence et n'enveloppe aucune négation se rapporte à l'essence de ce qui est absolument infini.


VII. Une chose est dite libre lorsqu'elle existe et se détermine à agir par la seule nécessité de sa nature. On appelle au contraire nécessaire, ou plutôt contrainte, celle qui est déterminée par une autre à exister et à opérer selon une règle fixe et déterminée.


VIII. Par éternité, j'entends l'existence même, en tant qu'elle est conçue comme suivant nécessairement de la seule définition d'une chose éternelle.

Explication. Une telle existence en effet, est conçue comme vérité éternelle, de même que l'essence de la chose. C'est pourquoi elle ne peut s'expliquer par la durée ou le temps, quand bien même on concevrait une durée sans début ni fin.







AXIOMES


I. Tout ce qui est, est ou bien en soi ou bien en autre chose.


II. Ce qui ne peut se concevoir par autre chose doit se concevoir par soi.


III. Étant donnée une cause déterminée, un effet s'ensuit nécessairement et si, au contraire, aucune cause déterminée n'est donnée, il est impossible qu'un effet s'ensuive.


IV. La connaissance de l'effet dépend de la connaissance de la cause, et elle l'enveloppe.


V. Les choses qui n'ont entre elles rien de commun ne peuvent pas plus se comprendre l'une par l'autre ; en d'autres termes, le concept de l'une n'enveloppe pas le concept de l'autre.


VI. L'idée vraie doit s'accorder avec ce dont elle est l'idée.


VII. Quand on peut concevoir qu'une chose, quelle qu'elle soit, n'existe pas, son essence n'enveloppe pas l'existence.




Propositions



PROPOSITION I

La substance précède par nature ses affections.

Démonstration : C'est évident d'après les définitions 3 et 5.


PROPOSITION II

Deux substances ayant des attributs différents n'ont rien de commun entre elles.

Démonstration : C'est également évident d'après la définition 3. Chacune, en effet, doit être en soi et doit être conçue par soi, en d'autres termes le concept de l'une n'enveloppe pas le concept de l'autre.


PROPOSITION III

Des choses qui n'ont rien de commun entre elles ne peuvent être cause l'une de l'autre.

Démonstration : Si elles n'ont rien de commun entre elles, elles ne peuvent donc être comprises l'une à partir de l'autre (par l'Axiome 5) et dès lors l'une ne peut être cause de l'autre (par l'Axiome 4). C.Q.F.D.


PROPOSITION IV


Deux ou plusieurs choses distinctes sont distinguées entre elles ou bien par la diversité des attributs des substances ou bien par la diversité des affections de celles-ci.

Démonstration : Tout ce qui est, est ou bien en soi, ou bien en autre chose (par l'def. 3 et 5) que rien d'autre que des substances et leurs affections n'est donné hors de l'intellect. Donc rien n'est donné hors de l'intellect par quoi plusieurs choses puissent se distinguer entre elles sauf des substances, ou ce qui revient au même (par la def. 4) les attributs et les affections de celles-ci. C.Q.F.D.


PROPOSITION V


Dans la nature, il ne peut y avoir deux ou plusieurs substances de même nature ou attribut.

Démonstration : Si plusieurs substances distinctes étaient données, elles se distingueraient entre elles ou bien par la diversité de leurs attributs ou bien par la diversité de leurs affections (par la prop. précédente).
Si c'est seulement par la diversité des attributs, on accorde donc qu'il n'y en a qu'une de même attribut.
Mais si c'est par la diversité des affections, on ne pourra la concevoir comme se distinguant d'une autre : puisqu'une substance précède par nature ses affections (par la prop. 1), celles-ci sont donc mises de côté pour considérer la substance en elle-même, c'est-à-dire (par la déf. 3 et l'ax. 6) pour la considérer véritablement, c'est donc dire (par la prop. préc.) qu'une seule substance pourra être donnée et non pas plusieurs. CQFD.