Justification de la métaphysique

Questions et débats touchant à la conception spinozienne des premiers principes de l'existence. De l'être en tant qu'être à la philosophie de la nature.
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Miam
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Messagepar Miam » 28 févr. 2004, 23:31

8O Ah! Henrique. C'est donc ici que tu écris que le moi est intuitionnable chez Spinoza (première réponse). Je m'oppose ailleurs au fait que le moi soit intuitionné chez S. (dans "la pensée et le corps", je crois). Mais je n'avais pas ton texte sous les yeux. Est-t-il encore possible de se corriger avec cette nouvelle formule? Bon. Si tu dis "intuitionnable", surtout entre guillemets, c'est différent. Cela suppose qu'il n'est pas intuitionnable au départ. Mais même le "sui conscius" de la cinquième partie de l'Ethique est-il bien un "moi"? Ne faut-il pas mettre "moi" entre guillemets plutôt qu' "intuitionnable"? L'accès à une "conscience" autre que du "moi" sans partir du "moi", sans "moi", n'est-elle pas possible? N'est-ce pas cela,précisément, l'une des originalités fondamentales de S ? Mais maintenant que j'ai les textes sous les yeux, je conçoit fort bien que tu t'exprimes ainsi pour des raisons en quelque sorte "tactiques". Le problème, c'est la charge signifiante de certains termes: dans ta seconde réponse, tu parle d'un "étant infini". Et certes, Spinoza écrit ens infinitum. Seulement, cela prète le flanc à la critique heidegerienne de l'oubli de la différence de l'être et de l'étant. "ens infinitum" est un emprunt par S des termes de son époque. Mais je ne crois pas qu'il puisse être atteint pour cela par la critique heidegerienne ou par la critique husserlienne du cartésianisme. L'enjeu en est une critique spinoziste de la phénoménologie. Qu'en penses-tu?

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Miam
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Messagepar Miam » 28 févr. 2004, 23:39

:oops: C'était dans le sujet sur les sentiments dans "ce que dit Spinoza". Excuses les fautes d'orthographe. Je ne maîtrise pas encore cette nouvelle formule du cite.

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succube
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Messagepar succube » 12 mars 2004, 15:38

Henrique dit :
L'originalité de la pensée spinozienne est d'être une pensée de l'immanence de l'étant infini dans son rapport aux étants finis. Si par "expérience" tu entends dans un sens empiriste ce qui m'est donné extérieurement, par le biais des sens notamment, donc uniquement le fini, il y a un pan de l'existence humaine que tu ignores, c'est le pouvoir d'être affecté qui fait que quelque chose peut m'être donné. Pour accéder à cela, il faut procéder à une conversion du regard, passer de l'externe à la condition de possibilité interne de cette extériorité. Ce pouvoir d'être affecté n'est pas alors objet d'expérience mais il peut être intuitionné comme nature naturante : c'est un agir, non une réception. C'est l'autoaffection de la vie.

C'est aussi un des points qui m'a le plus frappé chez Spinoza et que je retrouve nulle part ailleurs , la capacité que nous avons à nous laisser pénétrer par des sensations et des sentiments , Spi dirait des affects qui ont pour effet de multiplier en nous notre capacité de jouissance , Spi pourrait dire notre intensité de vie ou notre puissance . Je n'aime pas le mot de puissance mais ce phénomène est bien réel, connu dans notre expérience personnelle , et décrit dans bon nombre de littératures , je pense notamment à la littérature arabe et aux "mille et une nuits" où le plaisir purement sensuel est à plusieurs occasions décrit comme provoquant un " élargissement de l'âme" ou un aiguisement de l'imagination . La scolastique ainsi que toute la philosophie traditionnelle ignorent ce phénomène ou ne lui fait sa place que dans la poésie ou le cadre restreint de l'effusion mystique . La preuve en est que Yves ici même ne décode cette expérience existentielle et passive qu'en termes mystiques ainsi:
Désolé, mais cette intuition est obscure et peu certaine. Disons que je pourrais te parler aussi bien des expériences des mystiques chrétiens (qui ont d'ailleurs servi à Bergson pour approcher Dieu)


Le grand mérite de Spinoza est de réintégrer dans la philosophie ces expériences de pures joies.


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