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Questions et débats touchant à la doctrine spinoziste de la nature humaine, de ses limites et de sa puissance.
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hokousai
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Messagepar hokousai » 01 juin 2013, 20:05

à Vanleers

cette conscience, qui ne se distingue en rien d’une connaissance, ne prend en aucun cas la forme d’une conscience personnelle, repliant le sujet sur l’irréductible singularité de son être propre, puisque, en sens exactement inverse, elle élargit la perspective de celui qui en est le porteur de manière à le rendre conscient par une certaine nécessité éternelle de soi et de Dieu et des choses [E V 42 sc.],


Certes ... mais quand le sage est conscient de lui même .. qu'est ce que cela peut bien signifier ?
Sinon qu'il a une connaissance relativement claire de son corps et de son esprit versus les corps extérieurs. Que ne fait -on pas dire à Spinoza lequel savait très bien qui il était.
Il y en a des hommes qui ne savent plus qui ils sont ... ça relève de la psychose.

Il y a de telles évidences que Spinoza lui même devait ne pas penser si utile de les dire.

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Messagepar Vanleers » 01 juin 2013, 20:52

A Hokousai

Vous écrivez :
« Certes... mais quand le sage est conscient de lui même .. qu'est ce que cela peut bien signifier ? »

Je ne puis que répéter ce que j’ai déjà écrit :
Il est vrai qu’à la toute fin de l’ouvrage, Spinoza écrit que le sage est :
« par une certaine nécessité éternelle, conscient de soi, de Dieu et des choses » (E V 42 sc.).
A mon avis, il faut entendre cette conscience comme la connaissance du statut ontologique de Dieu (substance), de soi et des autres (modes).

Cela n’a rien de banal et encore moins d’« évident »

Bien à vous

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Messagepar hokousai » 02 juin 2013, 00:05

cher Vanleers

que pensez -vous de la PROPOSITION LIII partie 3( trad saisset )

"Quand l'âme se contemple soi-même et avec soi sa puissance d'action, elle se réjouit ; et d'autant plus qu'elle se représente plus distinctement et soi-même et sa puissance d'action.

Démonstration : L'homme ne se connaît soi-même que par les affections de son corps et les idées de ces affections (en vertu des Propos. 19 et 23, partie 2). Quand donc il arrive que l'âme se peut contempler soi-même, par cela même on suppose qu'elle passe à une perfection plus grande, c'est-à-dire (par le Schol. de la Propos. 2, partie 3) qu'elle éprouve de la joie, et une joie d'autant plus grande qu'elle peut se représenter plus distinctement et soi-même et sa puissance d'action. C. Q. F. D.

Corollaire : Plus l'homme s'imagine qu'il est l'objet des louanges d'autrui, plus cette joie est alimentée dans son âme. Plus, en effet, il se représente soi-même de la sorte, plus grande il imagine la joie que les autres éprouvent à cause de lui, et à laquelle il joint l'idée de lui-même (par le Schol. de la Propos. 29, partie 3), et conséquemment (par la Propos. 27, partie 3), plus grande sera la joie qu'il éprouvera, et cette joie sera accompagnée de l'idée de lui-même. C. Q. F. D."

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Messagepar Vanleers » 02 juin 2013, 14:34

A Hokousai

Je vous remercie d’avoir attiré mon attention sur la proposition E III 53 et de ramener le débat à ma question initiale qui concerne les remèdes à ce que j’appellerai maintenant le complexe affectif égotique.

Dans son commentaire des propositions 53 et 55, Pierre Macherey écrit (Introduction III… p. 331) :

« Bien qu’elle soit sans cesse entraînée en divers sens par ses préjugés et ses lubies, qui la poussent à épouser les causes les plus contradictoires selon son humeur du moment, l’âme reste cependant préoccupée au premier chef par ce qui se rapporte à elle-même, à l’expansion de sa propre puissance : et cet intérêt fondamental, qui ne la quitte jamais, se retrouve à l’arrière plan de tous ses autres intérêts particuliers qui tendent à le servir. Ainsi, en dépit de la versatilité de ses engagements, l’âme demeure animée par ce souci obsédant : et celui-ci, en l’empêchant de se détacher d’elle-même et de prendre de la distance par rapport à ses élans spontanés, sert les mécanismes de l’imagination qui se nourrissent de cet aveuglement. »

On voit que ce « souci obsédant » soutient le complexe affectif égotique et qu’il n’y a rien là que de très naturel puisque ce qui préoccupe l’âme, c’est « l’expansion de sa propre puissance ». En effet, chaque chose cherche à persévérer dans son être (conatus) et ce qui est dit ici de l’âme humaine pourrait tout aussi bien être dit de l’âme du lion.

On comprend aussi pourquoi les remèdes au complexe affectif égotique devront être particulièrement puissants, ne serait-ce que pour le limiter.

Bien à vous

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Messagepar hokousai » 02 juin 2013, 16:06

Sur la conscience( question difficile )
j' ai répondu sur l' autre fil ( MOI )

amicalement
hokousai


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