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Liberté de pensée

 
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LARRY
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MessagePosté le: 20/09/2012 19:55    Sujet du message: Liberté de pensée Répondre en citant

Traité Théologico-Politique (chapitre XX)

"Veut-on obtenir des citoyens, non une obéissance forcée, mais une fidélité sincère, veut-on que le souverain conserve l’autorité d’une main ferme et ne soit pas obligé de fléchir sous les efforts des séditieux, il faut de toute nécessité permettre la liberté de la pensée, et gouverner les hommes de telle façon que, tout en étant ouvertement divisés de sentiments, ils vivent cependant dans une concorde parfaite. On ne saurait douter que ce mode de gouvernement ne soit excellent et n’ait que de légers inconvénients, attendu qu’il est parfaitement approprié à la nature humaine. N’avons-nous pas montré que dans le gouvernement démocratique (le plus voisin de l’état naturel)
tous les citoyens s’obligent par un pacte à conformer à la volonté commune leurs actions, mais non pas leurs jugements et leurs pensées, c’est-à-dire que tous les hommes, ne pouvant pas avoir sur les mêmes choses les mêmes sentiments, ont établi que force de loi serait acquise à toute mesure qui aurait pour elle la majorité des suffrages, en se conservant cependant le pouvoir de remplacer cette mesure par une meilleure, s’il s’en trouvait… Moins donc on accorde aux hommes la liberté de la pensée, plus on s’écarte de l’état qui leur est le plus naturel, et plus par conséquent le gouvernement devient violent. Faut-il prouver que cette liberté de penser ne donne lieu à aucun inconvénient que l’autorité du souverain pouvoir ne puisse facilement éviter, et qu’elle suffit à retenir des hommes ouvertement divisés de sentiments dans un respect réciproque de leurs droits, les exemples abondent… "

Pas de liberté de pensée équivaut à gouvernement violent, de cela, maints exemples abondent encore qui vérifient les dires de Spinoza !
Mais je suis moins sûr aujourd’hui que l’autorité du "souverain pouvoir" démocratique puisse si facilement éviter "l’inconvénient", les conséquences fâcheuses éventuelles, d’une liberté de pensée de citoyens qui revendiquent la loi pour agir…

Entre autorité et liberté où placer le curseur ?
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hokousai
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MessagePosté le: 23/09/2012 03:50    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
les conséquences fâcheuses éventuelles, d’une liberté de pensée de citoyens qui revendiquent la loi pour agir…

Remarquez que s'ils ne se revendiquent pas de la loi, c' est pire .
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LARRY
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MessagePosté le: 23/09/2012 18:04    Sujet du message: Répondre en citant

T.T.P. Chapitre 20

"ON ÉTABLIT QUE DANS UN ÉTAT LIBRE
CHACUN A LE DROIT DE PENSER CE QU’IL VEUT
ET DE DIRE CE QU’IL PENSE "

Selon Spinoza liberté de pensée et d’expression de cette pensée vont de pair dans un état libre, et sont garanties par la loi si je prends l’exemple de notre république.
On se revendique donc de cette loi pour dire ce qu’on pense, mais où est le point de "dépassement" inadmissible pour la collectivité, voilà le hic,
Le pire c’est quoi ?
Evidemment, j’exclus de mon propos les injures, mais à partir de quand une parole est elle offensante ? Est offensé qui veut…
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hokousai
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MessagePosté le: 24/09/2012 00:38    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
mais où est le point de "dépassement" inadmissible pour la collectivité, voilà le hic,

Il ne semble pas y en avoir d 'universellement partagé, ça dépend des contrées.
Une parole est offensante quand il y a quelqu'un pour se dire offensé. Une parole offensante peut être exprimé sans intention d' offenser ou bien avec l' intention.
Si c'est avec l'intention, il est évident que le locuteur anticipe sur ce qu' il présume d' une réaction. L' acte est polémique. On a donc un acte polémique, une sorte d'agression.
Mais l' agression c' est pour moitié l' agressé qui en désigne la hauteur.

Le législateur n'est pas censé savoir tout des réactions possibles non plus . On est souvent dans l'ignorance des conséquences éventuelles. Certaines réactions peuvent être jugées excessives et plus répréhensibles que l' agression initiale. On interdit donc les injures, en deçà on escompte des réactions proportionnées.

Maintenir le droit à la liberté d expression se fait dans l'incertitude.
Réduire ce droit épargnerait de tous risques .
Mais pour en faire naitre d' autres, comme le dit Spinoza .
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LARRY
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MessagePosté le: 26/09/2012 02:32    Sujet du message: Répondre en citant

Merci, Hokousai, pour cette mise au point on ne peut plus juste et exhaustive !

Et de Chantal Jaquet (Spinoza ou la prudence) cet autre plaidoyer pour la liberté d’expression :

« Nul ne peut renoncer à la liberté d’expression, car il n’est pas au pouvoir des hommes de tenir leur langue comme le montre l’exemple du bavard qui regrette d’avoir dit ce qu’il aurait voulu taire et prouve par là qu’il n’est pas libre, mais déterminé à parler. Une autorité politique exercerait donc un règne d’une extrême violence et s’exposerait à des révoltes si elle interdisait ce que les hommes ne peuvent s’interdire de faire. Elle doit donc garantir la liberté de pensée et d’expression. »
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