Spinozaetnous.org
Spinoza et Nous - Philosophie de l'affirmation: Forums

Spinoza et Nous - Philosophie de l'affirmation. :: Voir le sujet - Un contresens d'Appuhn ?
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Un contresens d'Appuhn ?

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Spinoza et Nous - Philosophie de l'affirmation. Index du Forum -> Autres traductions
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Pourquoipas
participe avec force d'âme et générosité
participe avec force d'âme et générosité


Inscrit le: Dec 30, 2003
Messages: 230

MessagePosté le: 24/04/2005 16:05    Sujet du message: Un contresens d'Appuhn ? Répondre en citant

Bonjour à tous,

Sur les conseils de Fabrice, à qui j'ai fait part de mes réflexions sur la citation qui lui sert de signature, je me permets de vous faire part d'un problème de traduction concernant cette célèbre citation :

Au début de la lettre 21, de Spinoza à Blyenbergh, le texte latin dit :et si fructum, quem jam ex intel-lectu naturali cepi, vel semel falsum esse deprehenderem, me fortunatum redderet, quoniam fruor, et vitam non maerore et gemitu, sed tranquillitate, laetitiâ, et hilaritate transigere studeo et subinde gradum unum adscendo. Appuhn traduit : « et le fruit que j’ai retiré de mon pouvoir naturel de connaître, sans l’avoir jamais trouvé une seule fois en défaut, a fait de moi un homme heureux. J’en jouis, en effet, et tâche à tra-verser la vie non dans la tristesse et les pleurs, mais dans la tranquillité d’âme, la joie et la gaieté, et m’élève ainsi d’un degré. »
Saisset, lui (critiqué pour sa lecture dans Gebhardt IV 398), traduit : « Et si je venais à penser une seule fois que je n’ai recueilli jusqu’à ce moment du travail de ma raison d’autre fruit que l’erreur, cela suffirait pour me rendre entièrement malheureux [ici note de Saisset : “ Je lis infortunatum au lieu de fortunatum, qui me paraît en contradiction directe avec la pensée de Spinoza ”]. Car la raison fait ma jouissance, et le but où j’aspire dans cette vie, ce n’est point de la passer dans la douleur et les gémissements, mais dans la paix, la joie et la sérénité. Voilà le terme de mes désirs, et mon bonheur est d’en approcher peu à peu de quelques degrés. »
Sené, modifiant Appuhn dans sa traduction de Nadler, Spinoza. Une vie (p. 257) : « et même si je découvrais une fois qu’un fruit issu de mon pouvoir naturel est faux, alors je tirerais de cette découverte de la satisfaction parce que j’en tirerais profit ; je tâche à traverser la vie non dans la tristesse et les pleurs, mais dans la tranquillité d’âme, la joie et la gaieté, et je m’y élève ainsi d’un degré . »
Moi : « et le fruit que j’ai déjà retiré de l’entendement naturel, même si une fois je le trouvais être faux, me rendrait heureux, parce que j’en jouis et m’applique à traverser la vie non dans l’abattement et la plainte, mais dans l’apaisement, la joie et la bonne humeur, et je m’élève ainsi d’un degré ».
En fait, ici, me semble-t-il, Spinoza, pour insister sur la joie qu’il éprouve à mener son travail intellectuel, évoque une hypothèse pour lui impossible (et même pas hautement improbable).
De plus, de toute évidence, Spinoza fait ici référence (ironiquement sans doute) à ce qu’avait dit Blyenbergh dans la lettre 20 : Profectò licet spes ista aliquando falsa esse deprehenderetur, me tamen, dum spero, beatum reddit « Assurément cette espérance [de contempler Dieu après ma mort], même si un jour elle se trouvait être fausse, me rend cependant bien-heureux tant que j’espère. » (G IV 122, 38 s.)


Je vous souhaite à tous de bien vous porter. Je prends plaisir à venir de temps en temps vous lire sur ce forum.

Jean-François
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
FabriceZ
persévère dans sa puissance d'être ici
persévère dans sa puissance d'être ici


Inscrit le: Oct 03, 2004
Messages: 72

MessagePosté le: 29/04/2005 10:49    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Jean-François pour ton commentaire.

Je tiens seulement à ajouter que contrairement à ce que lit Saisset, l'édition originale des Opera Posthuma contient bien le mot fortunatum et non pas infortunatum. Comme il n’existe qu’un seul tirage des OP la note de Saisset me semble erronée.

De plus, l’édition de Van Vloten et Land reprend la note de Saisset mais garde le mot fortunatum car il se retrouve dans la traduction néerlandaise faite aussi d’après les manuscrits originaux.

Fabrice
_________________
bene agere et lætari (EIV73 scholium)
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Spinoza et Nous - Philosophie de l'affirmation. Index du Forum -> Autres traductions Toutes les heures sont au format GMT + 10 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum




Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Version 2.1 by Nuke Cops © 2003 http://www.nukecops.com





Accueil | Lire et comprendre | Définitions | Oeuvres | Citations | Réfléchir | Téléchargements | Liens
Votre compte | Proposer article | Messages privés | Forum | Rechercher | Quizz | Recommander | Contact

Contenu disponible sous Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale 2.0 France, source à citer : www.spinozaetnous.org

Ce site a été réalisé avec la version française de PHP-Nuke, de F.Burzi, sous licence GPL.
http://www.spinozaetnous.org/backend.php

Page générée en: 0.27 Secondes