Posté le: 20/11/2007 05:55 Sujet du message: Spinoza et le plaisir
Le texte étudié est extrait de l'Ethique, IVème Partie, proposition XLV, corollaire II, scolie :
"Il n'y a certainement qu'une torve et triste superstition pour interdire qu'on prenne du plaisir ===> Et donc cette règle de vie convient excellemment et avec nos principes, et avec la pratique commune . "
De cet extrait, j'aimerais poser ces quelques questions :
1) Quelle est la thèse de Spinoza ?
2) Spinoza fait référence à la thèse adverse par des expressions . Quelle est cette thèse ? Appartient-elle à un courant de pensée comme les ascétiques ?
Il y a deux précisions dans la thèse de Spinoza qui cherchent à anticiper les arguments adverses . Comment peut -on les expliquer ( les arguments ) et la décision de Spinoza de procéder ainsi ?
Tous les affects négatifs (que nous appelerions attitudes, passions, sentiments négatifs) sont condamnés parce que destructeurs. Au contraire, il convient d'exalter les sentiments de joie et de réjouissance, c'est-à-dire, en fait la jouissance de l'existence et du monde. Ici s'exprime l'inspiration fondamentale du spinozisme. Il est remarquable que cette inspiration fondamentale, critique à l'égard de l'ascétisme et du puritanisme austère, ne s'ouvre en aucune façon sur une exaltation du dérèglement de la volonté de puissance ou de la violence. Le spinozisme sait unir la rationalité de la connaissance et la jouissance de l'existence, puisqu'il met en évidence la relation de fondement à conséquence, relation qui existe entre la raison réféchissante et la plénitude de la joie. C'est par un appauvrissement et une trahison du spinozisme qu'on peut établir un lien entre le désir comme poursuite de la joie et le désir comme vouloir-vivre (Schopenhauer) ou comme volonté de vivre (Nietzsche). Le spinozime est également aux antipodes de l'exaltation anarchiste et solitaire du Moi, telle qu'on la trouve chez Stirner. Mais Spinoza saura définir un juste et généreux amour de soi (cf Ethique IV 20 et IV 21).
Tout ce scolie est une critique du christianisme ascétique, et notamment du calvinisme si marqué par la notion de vice, de péché et de finitude (impuissance). Cf Préface partie III.
Merci de vos applaudissements mais ceci n'est pas de moi
R. Misrahi (Ethique édition de l'Eclat) note 64 page 436-437 :
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