Spinozisme et Nativité ne doivent pas faire bon ménage. Dans ce monde sans fin et sans histoire, au sein d'une humanité déterminée, élément quelconque d'une nature indifférente, dans une optique rationaliste sans idéal, quel sens pourrait avoir le petit enfant de Béthléem ?
Et pourtant la planète entière, chrétienne ou non, croyante ou non, heureuse ou non, communie chaque année dans cette fête universelle et unique. Espoir ? Réunion ? Partage ? Don ? Fraternité ? Amour ? Joie ? Renouveau ?
Mais ce vocabulaire n'est pas très spinozien...
Je ne crois pas que tout cela ne soit qu'ignorance, sensiblerie, superstition et passion triste.
Qu'on puisse passer un bon moment ensemble ne donne pas de sens particulier à un événement. Noël n'a pas plus de sens que de fêter n'importe quel autre anniversaire.
Spinozisme et Nativité ne doivent pas faire bon ménage. Dans ce monde sans fin et sans histoire, au sein d'une humanité déterminée, élément quelconque d'une nature indifférente, dans une optique rationaliste sans idéal, quel sens pourrait avoir le petit enfant de Béthléem ?
Et pourtant la planète entière, chrétienne ou non, croyante ou non, heureuse ou non, communie chaque année dans cette fête universelle et unique. Espoir ? Réunion ? Partage ? Don ? Fraternité ? Amour ? Joie ? Renouveau ?
Mais ce vocabulaire n'est pas très spinozien...
Je ne crois pas que tout cela ne soit qu'ignorance, sensiblerie, superstition et passion triste.
Cher Korto.
Assez d'accord pour ce qui me concerne, spinozisme et Noël ne font pas bon ménage. Mais en quoi cela concerne-t-il les autres ? Chacun fête Noël si bon lui semble, il s'agit d'une pratique qui est bien plus ancienne que moi, et a fortiori que Spinoza. Je ne vois pas en quoi il nous faudrait la juger indigne ou irrationnelle, donc à bannir, sous prétexte que Spinoza ou un autre détiendrait l'ultime clé de la rationalité.
Dans votre critique, on en reste décidément sur le plan de l'idéologie. Or si le spinozisme est une idéologie, il devrait s'imposer à tous. Mais - et je répète - il n'est pas une idéologie, il n'est pas une simple collection de préceptes, dès lors...
Je m'associe au message de Louisa: "Joie" et "Amour" sont du vocabulaire n'est pas très spinozien ?! Alors, il est temps de relire...
Bien à vous.
DG _________________ If classical music is the state of the art, then the arts are in a sad state. FZ
Dernière édition par DGsu le 26/12/2007 04:11; édité 1 fois
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Posté le: 26/12/2007 02:28 Sujet du message: Re: OBJECTION B1 : Affects et passions
KORTO a écrit:
OBJECTION B1 : Affects et passions
Nous savons tous la richesse de tous nos sentiments et de toutes nos passions, de tous nos rêves, de toutes nos illusions et de tous nos mythes, souvent accompagnés d'émotions, souvent porteurs de troubles. Mais nous n'y renoncerions pour rien au monde. Passions tristes, passions destructrices, passions heureuses, c'est le sel et l'énergie de nos vies, la source de nos arts et, comme Bachelard l'a bien analysé, l'origine de nos sciences.
Les passages de l'Éthique où Spinoza karchérise les affects à l'acide euclidien sont navrants. J'y reviendrai.
La joie active remplace les désirs de la passion par ceux de la raison. Je ne vois pas pourquoi je ne renoncerai pas à mes rêves et à mes illusions.
D'abord je suis d'accord avec toi sur deux points:
1) en effet, il existe autant de "spinozistes" dogmatiques que de freudiens dogmatiques, c'est-à-dire des gens qui se servent de la théorie inventée par quelqu'un pour l'appliquer systématiquement à tout sans penser, ce qui fait que très souvent, quand on a une objection tout à fait théorique par rapport à la pensée de Spinoza, Freud (la liste est infinie, je crains), on reçoit comme réponse ou bien un argument ad hominem (et qu'on peut résumer par "tu es un con") ou bien un argument qui passe à côté de l'objection, et qui ne fait que répéter plus ou moins littéralement les "énoncés du maître", sans créer aucun pont entre ceux-ci et l'objection, bref sans réellement réfuter l'objection (réfutation qui demande un peu de pensée, et pas une simple copie de certains phrases ou idées).
2) un des arguments ad hominem très fréquents parmi certains spinozistes est ce que tu appelles TRES justement la "reductio ad passiones tristes". Ici, c'est clair que de temps en temps, je tombe moi-même dans le piège (voir derniers échanges avec Pourquoipas). Or je suis tout à fait d'accord avec toi: il s'agit d'un argument ad hominem, et donc tout simplement pas valide.
Bon, ceci étant dit, laissons les spinozistes pour ce qu'ils sont, et voyons ce que tu dis par rapport à la théorie. Je n'aurai probablement plus le temps de répondre à tout ce à quoi je voulais répondre aujourd'hui, mais commençons déjà.
et pourtant, toute la vie de l'homme sur terre baigne dans le temps (précisément parce que l'homme est limité, donc pas quelque chose de "flou", qui se confond sans cesse avec le reste du monde), pour Spinoza. Des termes comme "présent, passé, avenir" sont donc très important. Il y a même toute une étude de l'enchaînement des passions en fonction de ces modalités du temps, dans les 3e et 4e parties de l'Ethique. Donc qu'est-ce qui te fait dire qu'il n'y a nul passé ni avenir chez Spinoza?
Puis l'homme est défini par un conatus, une TENDANCE. Comment, si c'est cela l'essence de l'homme, croire qu'il n'y a aucune direction? Chaque être individuel a une tendance très claire: il essaie non seulement de persévérer dans son être, de survivre, mais par là même il ne peut qu'essayer de devenir plus puissant, plus heureux, plus vertueux. C'est en fonction de cela que TOUTES les choses singulières acquierent une très grande importance/signification: car ce bonheur, cette vertu suprême consiste précisément à comprendre un maximum de choses différentes.
Ou est-ce que tu veux dire que ce qui te dérange c'est que tout cela ne vaut qu'au niveau des Individus (hommes, famille, société, ...) et pas au niveau de l'univers dans sa totalité? Si oui: comment s'imaginer que l'univers, qui est l'ensemble de tout ce qui est, a une DIRECTION, évolue vers quelque chose? Car s'il y a ce "quelque chose" vers où l'on pourrait, en tant que totalité, évoluer, cela contredit immédiatement la notion de totalité même. SI l'univers est l'ensemble global de tout ce qui existe, comment concevoir la possibilité d'un ailleurs?
A bientôt pour la suite,
et bonne fin d'année à vous tous, spinozistes et autres!
louisa
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