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antagonisme?
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Louisa
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MessagePosté le: 05/01/2008 10:30    Sujet du message: Répondre en citant

Hokousai a écrit:

IL y avait deux positions antagonistes en présence (relativement antagonistes mais suffisamment pour que les plombs sautent ).Et justement ce sont les deux positions dont ce fil voudrait parler .


oui, on peut le voir effectivement comme ça. Ou disons que je trouvais l'idée de commencer un fil avec cette citation de Bouveresse vraiment excellente, vu la situation. Mais je crains que je l'ai compris trop tard. Longtemps j'avais l'impression que nos positions (la sienne et la mienne) n'étaient finalement pas si antagonistes que ça. En tout cas, quand il exigeait de la structure, de la précision, de la clarté .. comment être contre, en tant que spinoziste? Seulement, entre prôner la clarté et s'y essayer soi-même, et l'imposer à d'autres voire mépriser d'autres quand on ne fait pas d'effort de compréhension soi-même, il y a un monde de différence. Je crois que j'ai principalement vu cette "contradiction", étant dans l'idée que la lui montrer allait faire avancer les choses ... . C'est vraiment là que je me suis trompée je crois. J'aurais dû beaucoup plus tôt sentir que pour quelqu'un comme lui (et cela justement à cause de la "position" qu'il défendait), être confronté à une contradiction n'est pas ressenti comme une possibilité d'évoluer vers le vrai, c'est plutôt vu comme une "mise à nu", un acte d'agressivité vis-à-vis de sa personne. Et c'est précisément là que vous avez raison je crois: il FAUT, dans ce genre de situation, en faire une question d'un antagonisme de positions, sinon on risque inévitablement de tomber dans une "reductio ad passiones tristes" au sens large (l'autre va se sentir insulté quand on pointe une contradiction), ce qui ne peut que rendre les choses pire.

Hokousai a écrit:

Une position qui estime que la philosophie est close .Elle ne le dit pas mais agit comme tel . Elle l’est dans un texte . Ce texte est ici ou là, au choix , ou pas encore écrit mais il est possible de l’écrire .Un maître, un possesseur dus savoir délivre ,explique le discours ( la théorie kantienne ou l’ hégélianisme ou Spinoza )et cela suffit .
Je dirais que cette position défend une vérité établie .Le philosophe , professeurs et élèves sont des interprètes . La marge de manœuvre de l’interprète est étroite mais reste réelle .Il reste que c’est une interprétation encadrée .Il y a un corpus de questions admissibles dans le cadre des réponses possibles.

La seconde position admet que la philosophie est à construire et constamment . Que c’est une activité novatrice , qu elle engendre et cela sans nécessairement rejeter la tradition , sans la rejeter a priori mais après examen .Elle admet donc que la philosophie n’est pas close , qu’il n y a pas de texte définitif , que le corpus des questions est ouvert.
Cette position reconnaît sans doute aussi que le travail du philosophe s’il veut avoir une efficacité éthique ( comportementale ) doit se faire et se refaire constamment . Cette position accepte de redire ,de ressasser ,de répéter ,de repasser , de retourner incessamment les problème , elle affirme l’activité contre la passivité .

Deleuze et Wittgenstein opposés sur certains terrains ne sont pourtant pas opposés me semble t- il sur la nécessité d’une pratique réitérée


oui, j'aurais tendance à être tout fait d'accord avec vous. Ou disons pour 90%. Si je ne me retrouve pas du tout dans ce que vous appelez la "première position", j'aimerais bien me retrouver dans la deuxième mais quelque chose y manque, pour moi, et cela touche peut-être précisément à ce qui fait diverger Deleuze et Wittgenstein. Pour Deleuze, la philosophie n'est pas à la recherche d'un genre de miroir conceptuel du réel (ni les sciences, d'ailleurs). Elle ne part pas d'une réalité pré-existante qu'il s'agira de "réfléter", de copier en "idées/concepts" ou théories. Elle part toujours d'un problème tout à fait NON philosophique, ancré dans le réel (c'est pourquoi elle a si besoin de la NON philosophie - on pourrait l'appeler l'empirisme de Deleuze). Mais le tout, c'est d'en faire un problème vraiment philosophique, auquel viendra répondre un concept nouveau. Ainsi, concept et problème forment un tout, si bien que l'on ne sait pas se demander dans quelle mesure un concept "est vrai", aussi longtemps que l'on ne le comprend pas à la lumière du problème, inventé lui-aussi, et qui lui correspond.

L'approche de Wittgenstein au contraire semble malgré tout consister à chercher une "représentation" philosophique/conceptuelle d'un problème toujours déjà là, problème qui ne demande pas d'être d'abord créé. Et alors en effet, sans comprendre le problème auquel répond un concept, un tas de concepts semblent être "inutiles" ou dénués de sens. Mais donc selon Deleuze (pour autant que je l'ai compris) il s'agit d'une grande erreur: les concepts ne réflètent aucune réalité pré-existante, ils sont la pour donner forme à une nouvelle réalité, si des amateurs de philosophie (universitaires ou non) commencent à s'y intéresser et vont tenter de l'appliquer à la réalité, de changer la réalité à l'aide des idées qu'il véhicule. C'est pourquoi, aux yeux de Deleuze, la conception de la philosophie telle que semble la défendre Wittgenstein est fort dangereuse: si l'on dissocie un concept de son problème, on risque d'enlever de la majorité des grands concepts leur sens intrinsèque, bref de rejeter la plupart des concepts de l'histoire de la philosophie.

C'est pourquoi, selon Deleuze, étudier les philosophes du passé est extrêmement important pour tout amateur de philosophie. Car en "faisant le portrait" d'un philosophe, c'est-à-dire en essayant de comprendre à quels problèmes répondent les concepts qu'il a créés, à repérer les problèmes qu'il a créés, on apprend en même temps COMMENT construire un problème et un concept de façon philosophique, comment leur donner une "consistance" proprement philosophique. Si l'on saute cette étape, en demandant à chaque concept de refléter fidèlement une réalité pré-existante, on risque d'être fort déçu par toute l'histoire de la philosophie: on ne trouve rien qui y correspond intuitivement, ou quasiment rien. Ou on doit se limiter à quelques courants de pensées, ceux qui sont le plus proche de ce qu'on trouve déjà évidents (ce qui se passe ausssi chez ceux qui se revendiquent de ce que vous appelez la "première position"). Bref, pour Deleuze si l'on demande aux concepts de réfléter une réalité pré-existante, on risque très vite de retomber dans la première position: il suffit d'avoir trouver ce concept qui vous semble être "vrai", pour devenir un farouche défenseur de ce philosophe ou courant. Tandis que pour Deleuze, la philosophie "vivante" consiste plutôt en la création de concepts afin de faire BOUGER la pensée, c'est-à-dire afin de mettre en mouvement avant tout sa PROPRE pensée, ses propres évidences. Et pour apprendre à s'engager dans ce type de mouvement, tout concept peut être intéressant, car tout concept invite à aller chercher/reconstruire le problème qui y correspond, et à aborder un instant la réalité existante via ce problème.

Enfin bon .. je ne sais pas dans quelle mesure ce que je dis ici est clair ... ? Ce que je veux dire, c'est que Deleuze lui aussi défend l'idée d'une étude approfondie et rigoureuse de l'histoire de la philosophie, étude à laquelle une méthode ex cathedra peut être tout à fait appropriée, si le prof sait comment s'en servir. Cette méthode, il me semble que l'on peut la retrouver BEAUCOUP plus facilement dans les universités francophones que dans les universités anglo-américaines. C'est donc bien cela qui m'intéresse dans une université francophone. Mais bon, cela n'empêche que souvent on n'y réussit pas, et alors on retombe, même à l'unif, très fréquemment dans ce que vous décrivez ici comme "la première position". Seulement - et comme déjà dit - cela me semble être le risque propre à la façon "française" de pratiquer la philosophie. Le risque propre à la façon "analytique" de la pratiquer, c'est de ne dire plus rien d'autre que ce que disait toujours déjà le sens commun, ce qui n'aide pas non plus à faire bouger la pensée.
Bonne nuit,
louisa
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Louisa
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MessagePosté le: 05/01/2008 11:11    Sujet du message: Répondre en citant

Krishnamurti a écrit:

Personnellement, J'aime bien la pluralité des opinions et en ce sens j'aime bien Louisa et hokousai et j'aimais bien philonomad.
Mais il était peut-être ici question de la survie du forum.
La deuxième étape pour cette survie serait peut-être de ne plus en parler, puisqu'il ne peut plus répondre ?


oui peut-être. D'autre part, j'aimerais bien éviter, la prochaine fois, que les choses puissent évoluer dans un tel sens qu'il faut en arriver à carrément éliminer quelqu'un pour sauver la "survie" d'un forum. C'est pourquoi j'ai l'impression qu'il n'est pas très important de comprendre qui est Patrick ou qui je suis moi-même, mais que si quelque part on le trouve un peu embêtant que philonomad a dû être éliminé de ce forum, il vaut mieux comprendre les causes de ce processus, afin de pouvoir l'arrêter à temps la prochaine fois, pour que personne ne doit être "censuré", non? En tout cas, voici la raison pour laquelle non pas vos "critiques" de philonomad m'intéressent, mais avant tout vos idées par rapport à ce qui a pu causé ce problème. Car comme le montre Spinoza: pas moyen d'éviter un effet si l'on n'a pas compris la relation cause-effet, sachant que dans ce cas-ci, la seule "cause" dont il convient de discuter, c'est évidemment pas philonomad mais bel et bien ce que j'ai écrit moi-même et qui a pu causer un tel mépris.
louisa
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sescho
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MessagePosté le: 05/01/2008 18:29    Sujet du message: Répondre en citant

Enegoid a écrit:
sescho a écrit:
Philonomad ne fait plus partie de Spinoza et Nous, ayant largement passé la borne minimale de respect admise sur le site (je pense très tolérant de manière générale.)


Question de compréhension : êtes-vous administrateur du site ?
Si oui, le dire, sinon qui a pris la décision d'exclusion ?

Ma remarque, éloignée de celle des autres, vient sans doute du fait que je suis tout à fait étranger au monde de la philosophie, institutionnelle ou non. Je regrette que l'échec de philonomad (personnage assez imbuvable, il faut bien le dire) ait un petit relent de rétorsion du gentil monde du net ouvert et tout, par rapport à la philosophie institutionnelle, pédante, fermée, etc. (c'est mon impression).

Il n'y avait quand même pas mort d'homme !


Puisqu'on était dans un fil consacré en principe à la conception de la femme chez Spi, je note aussi que toute cette agitation tourne autour de Louisa, seule "Nana" affichée du site !

Chère Louisa...

Oui, je suis administrateur du site et c'est moi qui ai sorti Philonomad (c'est l'unique occurrence.)

Tels que nous nous sommes positionnés mutuellement (le "boss" étant évidemment Henrique, inventeur de ce site) je n'interviens que pour insérer du contenu ; c'est pourquoi je n'ai pas la mention "administrateur" (ce dont je me passe très bien), au contraire de ceux qui interviennent aussi dans la gestion informatique : Henrique, bardamu, DGSu.

Lorsque j'ai vu les derniers messages de Philonomad, aucun des autres administrateurs n'était actif depuis un moment, j'ai donc pris sur moi de faire cesser cette mascarade hyperagressive et à flot continu.

Je me suis pour cela basé, outre sur ce que je considère personnellement comme le seuil supportable négativité / positivité, sur ce que j'ai perçu de la position de Henrique : tolérance maximale vis-à-vis des idées, même dans une forme imparfaite (ce qui n'est certes pas le cas de Louisa, en passant, qui est au moins dans les 20% supérieurs d'usage de la langue française en France), même de façon assez abrupte et avec pas mal d'ironie, même avec un apport personnel quasi-nul, mais pas durablement sur la négativité pure : par exemple, se servir du site comme vitrine de pub sans aucun rapport avec Spinoza et la philosophie, attaques ad hominem répétées... Ceci avec au moins un avertissement sans frais.

En l'occurrence, je n'ai pas eu à me tâter longtemps : nous en étions déjà à 20% de sens (potentiel) pour 80% de divers et d'attaques ad hominem, nous en sommes passés à (ce qui m'a semblé après quelques relectures) de l'insulte caractérisée (outre un style qui virait au chat), sans aucun autre "apport." D'où ma décision réfléchie mais ferme. Henrique me dira ce qu'il en pense, mais je ne pense pas avoir trahi ses principes.

Quant à considérer que toute forme de discipline, et donc partiellement d'autorité, est de la censure, vous en êtes peut-être, moi pas. J'estime même que si ce principe était appliqué en général, nous irions tout droit vers la pire des guerres civiles. Quant à "mort d'homme", qu'en savez-vous? ; je n'ai pas d'inquiétude pour nos amis victimes de l'agression ; mais si tous les forums de ce type pourrissaient...

La vertu culturelle de l'insulte, c'est pour des maîtres en voie abrupte, autrement dit pas pour ce site...

Car à ma connaissance il ne faut chercher bien loin pour trouver plein de forums verminés par l'insulte et le n'importe quoi. Je ressens celui-ci (il y en a sans doute d'autres, nous sommes d'accord) comme une sorte de "miracle" (merci à tous ceux qui le font : inventeur, auteurs) d'associer une liberté presque totale avec de la tenue sur le long terme. Il ne faudrait pas pour autant tomber dans l'angélisme, suivi d'échec... Car il suffirait d'ajouter un ou deux émules du même tonneau...

Après une nuit, je ne regrette rien du tout.

Mais le mode d'entrée au site laisse des possibilités de rédemption (et de nouvelle éjection en cas de rechute, bien sûr.)


Amicalement


Serge

P.S. Je ne suis pas sûr et je vérifierai, mais je ne pense pas qu'il y ait de "time out" sur une adhésion. Si donc, comme dit dans la présentation reproduite par Hokousai, il a négocié la réactivation de son profil avec le webmaster, c'est qu'il avait déjà été banni par Henrique (ce qui est très rare ; je me souviens vaguement de quelque chose de cet ordre, pour les mêmes raisons.)
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Dernière édition par sescho le 05/01/2008 22:19; édité 1 fois
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Krishnamurti
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MessagePosté le: 05/01/2008 19:41    Sujet du message: Répondre en citant

Louisa a écrit:
Car comme le montre Spinoza: pas moyen d'éviter un effet si l'on n'a pas compris la relation cause-effet, sachant que dans ce cas-ci, la seule "cause" dont il convient de discuter, c'est évidemment pas philonomad mais bel et bien ce que j'ai écrit moi-même et qui a pu causer un tel mépris.
louisa


C'est clair qu'il vaut mieux comprendre qu'éluder.
Pour autant je ne suis pas sûr qu'il faille chercher une cause dans ce que tu as écrit.
Ce forum est, comme le dit Serge, une sorte de "miracle " et la civilité en est sa marque (entre autres). Le rôle des administrateurs de ce forum est de défendre ça. Il n'y à peut-être rien d'autre à comprendre ici.

Si philomad a des choses à dire, ce dont je ne doute pas, il peut toujours revenir sous une nouvelle identité (comme le suggère Serge) et c'est très bien comme ça.
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hokousai
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MessagePosté le: 05/01/2008 21:19    Sujet du message: Répondre en citant

à Louisa


La corporéité des affections est variables . ""J’ ai mal à une dent "" c’est très corporéisé , ""j’ai honte ""ce n’est pas très corporéisé .

Idem si c’est ""je vous fait mal en vous portant un coup à la mâchoire"" ou bien si ""je vous fais honte"" .

Pour Wittgenstein un problème philosophique à la forme de je ne sais plus où j’en suis il est résolu quand à nouveau je sais où j’en suis . Nous savons alors que nous sommes parvenu à la clarté et à la distinction, le problème s’est évanoui

Est-ce qu'on s’éclaire sur une difficultés intellectuelle en créant un nouveau concept ( ou bien est-ce qu’on se guéri d’une affection du corps en se créant un nouvel organe ) , je ne le pense pas .

On résout le problème en remettant dans l’ordre convenable et l’esprit et le corps . Car il est une convenabilité de l’esprit et du corps , ce qui pourrait être comme vu comme une harmonie naturelle de l’esprit et aussi une harmonie naturelle du corps .(et finalement une harmonie coprs/ esprit )

Là dessus Wittgenstein me semble plus proche de Spinoza que Deleuze .
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bardamu
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MessagePosté le: 05/01/2008 23:55    Sujet du message: Répondre en citant

Vous aurez constaté que les messages de philonomad sont réapparus. Ce n'est qu'une manipulation technique pour éviter des bugs du forum et il n'est pas pour autant autorisé à participer.
Le mieux est sans doute d'oublier l'incident...
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MessagePosté le: 06/01/2008 04:33    Sujet du message: Répondre en citant

sescho a écrit:
Quant à considérer que toute forme de discipline, et donc partiellement d'autorité, est de la censure, vous en êtes peut-être, moi pas.


Je n'en suis pas du tout. Rassurez-vous. (Mais vous n'êtes pas inquiet!) Mes objections sont fondées sur autre chose que je développerai plus tard

Merci pour ces infos. Merci aussi à Bardamu sur les bugs.
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Enegoid
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MessagePosté le: 06/01/2008 04:49    Sujet du message: Répondre en citant

1 Je ne crois pas une seule seconde , compte tenu de l'esprit général du forum, de la puissance de la pensée de Spinoza (que philonomad déclarait apprécier), et de la qualité générale des intervenants, que ce forum ait pu être mis en danger par quelques phrases désagréables.

2 La mise à mort symbolique signe l'échec des mots, ce qui est inquiétant dans le domaine de la philosophie (plus inquiétant qu'ailleurs où il faut bien le faire, parfois)

3 Après tout, il n'était pas nécessaire de lui répondre.

4 Cependant j'admets n'avoir aucune expérience de la gestion de sites internet, donc mes propos sont de simples commentaires : mon sentiment est qu'il n'y avait pas (pas encore?) le feu au lac.
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Louisa
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MessagePosté le: 06/01/2008 10:48    Sujet du message: Répondre en citant

Hokousai a écrit:

La corporéité des affections est variables . ""J’ ai mal à une dent "" c’est très corporéisé , ""j’ai honte ""ce n’est pas très corporéisé .

Idem si c’est ""je vous fait mal en vous portant un coup à la mâchoire"" ou bien si ""je vous fais honte"" .


je ne vois pas pourquoi ce serait le cas ... . La différence corporelle entre les deux situations est une différence de complexité de l'affection, pas de plus ou moins de "corporéité". Si j'ai mal à une dent, il n'y a principalement qu'une seule substance chimique, ladite substance P, qui signale au système nerveux qu'un problème de produit et qu'il doit intervenir. Si elle est présente en grande quantité (je simplifie), alors elle va occuper toute notre "attention". Dans le cas d'un sentiment de honte, un tas de petits processus se produisent simultanément dans le corps (production de sueur, rougeur sur les joues, humidification des yeux, augmentation du battement de coeur, éventuellement changement hormonal etc), processus multiples et "diffuses", difficiles à localiser (un hormone circule dans tout le corps, et produit des effets à plusieurs endroits sur son chemin). On va donc sentir dans le corps un malaise général, mais sans pouvoir le localiser ou caractériser. C'est alors que les traditions qui travaillent avec l'idée d'un aspect non corporel de l'homme vont attribuer ces réactions à quelque chose de non corporel (l'esprit, le psychisme ...). Mais je ne vois pas pourquoi il faudrait le faire nécessairement. En tout cas, la honte produit sans doute plus de changements dans le corps qu'une rage de dent. A mon sens rien n'exclut donc que la honte affecte davantage le corps qu'un mal de dent, au contraire même.

Hokousai a écrit:

Pour Wittgenstein un problème philosophique à la forme de je ne sais plus où j’en suis il est résolu quand à nouveau je sais où j’en suis . Nous savons alors que nous sommes parvenu à la clarté et à la distinction, le problème s’est évanoui

Est-ce qu'on s’éclaire sur une difficultés intellectuelle en créant un nouveau concept ( ou bien est-ce qu’on se guéri d’une affection du corps en se créant un nouvel organe ) , je ne le pense pas .

On résout le problème en remettant dans l’ordre convenable et l’esprit et le corps . Car il est une convenabilité de l’esprit et du corps , ce qui pourrait être comme vu comme une harmonie naturelle de l’esprit et aussi une harmonie naturelle du corps .(et finalement une harmonie coprs/ esprit )

Là dessus Wittgenstein me semble plus proche de Spinoza que Deleuze .


j'ai également l'impression qu'il s'agit d'un élément important en ce qui concerne les différences entre Wittgenstein et Deleuze (enfin important, à mes yeux en tout cas, mais je ne connais pas encore très bien ni l'un ni l'autre, impression provisoire donc).

Je me souviens d'avoir lu il y a longtemps le livre de Ray Monk sur la vie de Wittgenstein, et si je ne m'abuse au début il y a une célèbre anecdote concernant Ludwig enfant. Il y raconte qu'il arrivait au petit Ludwig de rester immobile dans une porte parce que du coup il venait de rencontrer un problème auquel il ne savait pas de solution, et qu'il voulait immédiatement pouvoir résoudre, tellement c'était insupportable de rester comme ça, sans solution. Plus tard il dira (toujours si mon souvenir est bon) qu'il n'a jamais CHOISI le métier de philosophe, et que si un jour il avait l'impression que tous les problèmes étaient résolus et qu'il n'en surgissaient plus de nouveaux, qu'il serait très content, qu'il pourrait enfin se consacrer à autre chose.

On retrouve là-dedans donc entièrement l'idée que les problèmes philosophiques pré-existent à leur solution, et que le but, c'est de se débarrasser du problème en tant que tel (puisqu'il pré-existe toute réflexion et est problématique donc difficile à supporter).

Pour Deleuze en revanche, cela ne s'est jamais passé ainsi dans l'histoire de la philosophie. Toujours un philosophe a lui-même créé un problème philosophique, en même temps qu'il crée les concepts qui non pas annulent le problème, mais y répondent. L'intérêt de toute l'entreprise n'est pas de vider l'esprit d'un problème comme on "vide" le corps d'une bactérie, l'intérêt consiste dans la création du problème même. C'est l'invention du problème qui fait le philosophe. Car chaque problème demande la création d'un nouveau plan de pensée, et ce plan a comme grand avantage qu'il nous donne un autre point de vue sur le réel. Cela, la création de ce point de vue conceptuel, est parfois tout à fait nécessaire, quand les concepts et idées que nous utilisons quotidiennement apparemment ne réussisent pas à remplacer une situation difficile par une situation capable de produire beaucoup plus de choses "positives".

Dans le cas de Spinoza: la guerre des religions n'a pas été inventée par un philosophe, c'était la réalité quotidienne et non philosophique dans lequel chacun vivait, au XVIIe. Même si l'on pouvait arriver à comprendre clairement en quoi consiste ce problème, comment il avait pu naître etc, cela ne donnerait pas encore un moyen d'en sortir. Il a fallu créer une toute nouvelle conception de Dieu pour qu'une paix entre les religions devenait concevable. Or pour cela Spinoza a dû inventer un problème proprement philosophique, qui tournait autour de la notion de la substance (et d'autres). Il a dû créer un tout nouveau "plan de pensée", plan sur lequel il a construit/installé des nouveaux concepts, qui venaient répondre à de toutes nouvelles questions, inventées par lui aussi.

Il ne s'agit donc pas de trouver une solution philosophique à un problème pré-existant et qui nous tombe sur la tête un beau jour, comme ça, de façon inattendue. Il s'agit de créer un problème proprement philosophique qui permet de voir une situation non philosophique tout autrement, et d'une telle façon que l'on ait un "modèle" (exemplar) qui permet de commencer à changer certains rapports concrets entre les gens.

Or tout cela n'a rien à voir avec une quelconque harmonie qu'on aurait perdu et qu'il faudra rétablir. Le monde change sans cesse, de nouveaux problèmes concrets se produisent sans cesse, et le philosophe peut s'appuyer sur eux pour essayer de dessiner un nouveau plan de penser, permettant de modifier la situation. Jamais l'on peut remonter dans le temps, à la recherche d'un "ordre" fragile. Il s'agit plutôt de contribuer à "l'orientation de la pensée" dans une direction dont on croit qu'elle va pouvoir donner une nouvelle possibilité d'agir, qui sera mieux que celles qui semblent être concevables et donc qui existent aujourd'hui. Il s'agit de "participer" à la création naturelle et permanente, mais cela dans le domaine dans lequel le philosophe a acquis une compétence: celui des idées pures, comme d'autres le font dans d'autres domaines.

Il me semble qu'on ne peut associer Spinoza à l'idée d'être à la recherche d'une harmonie pré-établie. Il le dit quelque part (je cherche les références demain): il ne croit pas du tout à cette idée d'harmonie. La convenabilité n'a rien à voir avec celle des Stoïciens, qui elle présupposait en effet un monde harmonieux. Le monde spinoziste n'est pas harmonieux, car il est fait de chocs et d'entrechocs. Ce n'est pas le meilleur des mondes possibles, c'est le seul monde possible et nécessaire. Puis pour pouvoir rétablir un ordre, il faut que cet ordre soit non seulement pré-existant mais aussi "perturbé" pendant un certain temps. Cela aussi est inconcevable chez Spinoza: l'ordre du monde est tout à fait nécessaire et déterminé. Un corps ne va pas un jour être uni à son esprit pour y être moins uni le jour suivant, quand une Tristesse se produit. Le rapport corps-esprit n'est pas un rapport "harmonieux" parce qu'il est simplement inévitable, parce que les deux termes ne PEUVENT pas entrer en conflict l'un avec l'autre (pour cela il faudrait qu'ils puissent avoir une influence l'un sur l'autre, ce qui est impossible à cause du parallélisme).
Enfin, pour Spinoza comprendre est une Joie, et le désir et plaisir de comprendre augmente au fur et à mesure que nous comprenons davantage. Impossible donc de s'imaginer que le jour le plus heureux de sa vie sera celui où il n'y a plus de problèmes à résoudre: cela signifierait que tout a été compris, et que donc une véritable Joie n'est plus possible non plus. Ce qui est ainsi source de Tristesse pour Wittgenstein, est source de Joie pour Spinoza (et Deleuze). La liberté spinoziste n'est pas un se débarrasser de quelque chose, c'est une liberté d'accroissement: elle consiste dans une augmentation très spécifique, celle du nombre de nos idées adéquates. Par là, nous ne rejoignons pas une harmonie toujours déjà là, nous quittons en revanche le domaine isolé de l'imagination pour s'unir toujours davantage au monde externe, via la connaissance d'un maximum de choses singulières. La convenabilité (voir dernier chapitre de l'E4) n'est donc pas une confirmation d'un lien déjà pré-existant, c'est la création de nouveaux liens, qui par là permet de se connecter toujours davantage sur un monde extérieur.
C'est donc pourquoi je vois Spinoza pour l'instant plutôt assez proche de Deleuze que de Wittgenstein. Mais vous le voyez probablement autrement?
Bonne nuit,
louisa
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MessagePosté le: 06/01/2008 18:40    Sujet du message: Répondre en citant

Enegoid a écrit:
... j'admets n'avoir aucune expérience de la gestion de sites internet, donc mes propos sont de simples commentaires : mon sentiment est qu'il n'y avait pas (pas encore?) le feu au lac.

Le mieux dans ces conditions c'est de ne faire aucun commentaire. J'ai accepté de commenter ma décision (ce que je n'étais pas tenu de faire), c'est déjà bien. Elle n'a eu je le répète aucune autre motivation que l'insulte ; rien en particulier qui concerne le sujet traité. Point barre.

Pour le reste le "boss" est maintenant en contact avec l'intéressé et il lui appartient d'apprécier ce qui convient le mieux au site.


Serge
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