Inscrit le: Nov 04, 2003 Messages: 1408 Localisation: Paris
Posté le: 02/02/2008 08:27 Sujet du message:
Citation:
Il ne s'agit que de pointer une ignorance regrettable, qu'il faudrait pallier pour comprendre les lois de composition des corps, et du coup de formation des affects, afin de déterminer leur puissance sur l'esprit (servitude) et la puissance de l'esprit sur eux (liberté), etc.
Dans quelle mesure la connaissance des lois de compositions des corps m' affectent-elles ?
Il m’a toujours semblé assez vain de penser que la récitation d’un manuel d’endocrinologie puisse calmer illico un homme en état de colère .
( et s’il n’y avait que ça pour me paraitre assez vain ………)
Inscrit le: Dec 26, 2007 Messages: 39 Localisation: variable
Posté le: 02/02/2008 09:35 Sujet du message: Suite du précédent...
A hokousai, salut !
il est des moments où, à vous lire (je continue d'adopter votre convention), je suis pris d'une grande lassitude. Vous me citez, et devriez, avant que de le faire, me lire et éventuellement m'entendre. Je m'efforce de vous répondre une fois de plus :
1) J'ai écrit qu'il fallait connaître les lois de composition des corps pour comprendre les lois de formation des affects (E, III, 57 : "N'importe quel affect de chaque individu discorde de l'affect d'un autre, autant que l'essence de l'un diffère de l'essence de l'autre" qui nous renvoie à E, III, 9, scolie où l'essence est définie comme conatus, et plus loin encore à l'essence singulière d'un corps définie comme un certain rapport déterminé de mouvement et de repos, à la suite de E, II, 13), et par suite comprendre l'empire qu'ils pouvaient avoir sur nous, comme l'empire que nous pouvions avoir sur eux. Pour prendre un exemple : si je sais dans quelles conditions je suis affecté de tristesse, je m'efforce de produire d'autres conditions - ce pourquoi j'ai besoin d'une connaissance de la nature suffisante pour connaître ces conditions. Si vous lisez autre chose, je ne puis rien pour vous.
2) La récitation d'un manuel d'endocrinologie risque fort, en effet, de ne pas calmer un homme en colère, sauf cas très particuliers que l'on pourrait considérer comme des perversions (au reste assez amusantes). Il me semble précisément que, lorsque j'écrivais, dans la même intervention que vous citez, que la comparaison entre Freud et Spinoza était forcée (citant E, II, 35 mais je pouvais également m'appuyer sur E, IV, 7 : "un affect ne peut être contrarié ni supprimé que par un affect contraire et plus fort que l'affect à contrarier") parce que la prise de conscience, ou une idée en tant que purement représentative (affection et non affect) ne suffisait pas à contrarier un affect passif, je ne prétendais pas autre chose. Il faut que l'idée, en tant qu'affect actif, l'emporte sur l'affect passif. Si vous avez lu autre chose, etc.
3) Par ailleurs, la connaissance de l'endocrinologie, ou des lois de composition des corps, en tant qu'elle manifeste ma puissance de penser, m'affecte de joie, et peut constituer une étape dans mon cheminement vers la sagesse. Toute connaissance, en tant que connaissance, m'affecte de joie. Il n'y a que les crétins, qui se figurent qu'une idée est "quelque chose de muet comme une peinture sur un tableau, et non une manière de penser, savoir le fait de comprendre lui-même" (E, II, 43, scolie), pour ne pas voir ça. Si vous avez lu autre chose dans l'Ethique, je vous prie de me le faire savoir - pour autant, je ne suis pas persuadé de vous répondre.
Posté le: 09/02/2008 03:22 Sujet du message: La conscience... ?
Quand on dit à quelqu'un qu'il est consciencieux, c'est un compliment qu'on lui fait. C'est parce qu'il fait les choses comme sa conscience lui dicte. Etre en accord avec sa conscience, c'est avoir bonne conscience.
Quand on dit que quelqu'un a mauvaise conscience, c'est justement qu'il a quelque chose à se reprocher. Tout cela explique que si l'on est à l'écoute de son moi profond, sa conscience, on est bien guidé. Quel est ce guide intime et secret qui est en toi et en moi ? Comme l'explique Gérard de Nerval, l'homme est double et le malheur arrive quand il n'est plus en phase, lorsqu'il repousse les injonctions de sa conscience. Il arrive qu'à force, il n'a plus de conscience du tout et c'est un peu ce qui arrive aux militaires qui sont entrainés à tuer sans vergogne, et à appuyer sur la gâchette sans réfléchir, par pur réflexe... Certains se croient malins par leur science mais "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme". Et l'âme, c'est aussi la Conscience. Les initiés savent cela.
Pourquoipas participe avec force d'âme et générosité
Inscrit le: Dec 30, 2003 Messages: 238
Posté le: 09/02/2008 05:05 Sujet du message: Re: La conscience... ?
michelar a écrit:
Quand on dit à quelqu'un qu'il est consciencieux, c'est un compliment qu'on lui fait. C'est parce qu'il fait les choses comme sa conscience lui dicte. Etre en accord avec sa conscience, c'est avoir bonne conscience.
Quand on dit que quelqu'un a mauvaise conscience, c'est justement qu'il a quelque chose à se reprocher. Tout cela explique que si l'on est à l'écoute de son moi profond, sa conscience, on est bien guidé. Quel est ce guide intime et secret qui est en toi et en moi ? Comme l'explique Gérard de Nerval, l'homme est double et le malheur arrive quand il n'est plus en phase, lorsqu'il repousse les injonctions de sa conscience. Il arrive qu'à force, il n'a plus de conscience du tout et c'est un peu ce qui arrive aux militaires qui sont entrainés à tuer sans vergogne, et à appuyer sur la gâchette sans réfléchir, par pur réflexe... Certains se croient malins par leur science mais "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme". Et l'âme, c'est aussi la Conscience. Les initiés savent cela.
Cher Michelar,
Vous êtes bien naïf si vous croyez vraiment que la conscience et sa fameuse voix sont choses si claires et si limpides.
Il y a des personnes qui ont mauvaise conscience, et qui s'imaginent avoir quelque chose à se reprocher, tout simplement parce que leur éducation les a déconsidérés, leur a fait croire que tout ce qu'ils faisaient était mal (un peu de lecture de Freud ou de Dostoïevski vous ferait le plus grand bien).
A l'inverse, pensez-vous vraiment que disons Hitler avait mauvaise conscience ? Au contraire, il estimait écouter la voix de sa conscience qui lui dictait ce qu'il estimait être bien, et même pas tant pour lui-même que pour l'idée qu'il se faisait du peuple allemand, auquel il se dévouait.
Quant à ce que vous dites sur les militaires ! Croyez-vous vraiment que le grand poète René Char, chef de réseau dans le maquis durant la Seconde Guerre mondiale, ignorait que, quand il tuait un soldat allemand (je ne parle pas d'un nazi - je parle d'un simple soldat), il tuait peut-être un excellent homme dont il aurait été l'ami en temps de paix, croyez-vous vraiment qu'il « tuait sans vergogne, et appuyait sur la gâchette sans réfléchir, par pur réflexe » ?
Pourquoi pas, plouc qui n'a pas eu la chance d'être « initié » (à quoi, au fait ?)
Inscrit le: Nov 04, 2003 Messages: 1408 Localisation: Paris
Posté le: 10/02/2008 09:46 Sujet du message:
oui ! bon .... d'accord avec pourquoi pas (initié à quoi ?)
dans un autre genre
Citation:
3) Par ailleurs, la connaissance de l'endocrinologie, ou des lois de composition des corps, en tant qu'elle manifeste ma puissance de penser, m'affecte de joie,
Je n ai jamais été trop tenté par la physique ( étudiée plus par devoir que par plaisir ) idem de l'endocrinologie ( pas vraiment étudiée ).... que d ' occasions de joie gâchées ..
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