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Question sur Foucault

 
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Alexandre_VI
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MessagePosté le: 30/03/2009 03:58    Sujet du message: Question sur Foucault Répondre en citant

Bonjour,

Que veut dire Foucault quand il dit que l'homme est une invention récente et peut-être bientôt destiné à disparaître???
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bardamu
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Messages: 887

MessagePosté le: 30/03/2009 04:30    Sujet du message: Re: Question sur Foucault Répondre en citant

Alexandre_VI a écrit:
Bonjour,

Que veut dire Foucault quand il dit que l'homme est une invention récente et peut-être bientôt destiné à disparaître???

Bonjour,
c'est pour une dissertation ?
En 2 mots : prendre l'homme comme objet de science (sciences humaines) est une invention récente et on arrêtera peut-être de le penser ainsi quand les conditions à l'origine de cette construction aura disparu.
Ca pose notamment la question de savoir si la philosophie est une "science humaine", si elle a l'homme pour objet d'étude.
Cf "Les mots et les choses" de Foucault.

Et par rapport à Spinoza, on pourrait se demander dans quelle mesure l'Ethique est une anthropologie, une étude de l'homme comme objet notamment dans la partie III, ou une logique plus générale des rapports d'"affection", des effets de rencontre, etc. dont l'homme n'est qu'un cas particulier.

P.S. : il y a un sondage en cours sur l'appréciation du forum et ce qu'on en attend. Toutes évaluations et remarques y sont les bienvenues.
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Alexandre_VI
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MessagePosté le: 30/03/2009 06:38    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour Bardamu,

Non, rassure-toi, ce n'est pas pour une dissert. J'ai passé l'âge des disserts, haha.

J'ai entendu bien des choses sur Foucault, mais je ne l'ai pas lu. Je devrais sans doute le faire.

La philosophie, une science humaine? Pour moi la philosophie n'est même pas une science! Si c'était une science, il faudrait qu'on se soit mis d'accord sur les fondements et sur les méthodes d'investigation, et qu'on ait délimité un objet d'étude et exclu les autres objets possibles. Or les philosophes sont en désaccord même sur les fondements, leurs investigations manquent souvent de rigueur et la philosophie a la prétention de parler de toute chose (quoique des philosophes soient d'avis que la philosophie ne peut étudier la nature comme ensemble de faits, mais seulement les valeurs et le sens de tout ça...).

De plus, on dit que l'éthique est une partie de la philo... mais l'éthique porte sur les valeurs et les normes, alors que la science porte sur les faits. L'opposition est totale.

J'ajouterais que l'histoire de la philo donne l'impression qu'on fait du sur-place, alors que les sciences progressent. Je veux dire les philosophes semblent avoir résolu de manière définitive peu de leurs problèmes. On trouve des déterministes et des libertariens aujourd'hui comme il y a deux mille ans. Des croyants et des athées. Des réalistes éthiques et des subjectivistes. Il y en a même qui cherchent dans la physique quantique des justifications à l'idéalisme!

En fait j'exagère un peu. Même si les philosophes font du sur-place en ce sens qu'ils n'arrivent pas à des consensus, ils ont quand même développé des réflexions et des arguments de plus en plus forts. Par exemple aujourd'hui les matérialistes peuvent puiser des arguments dans les neurosciences.
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Henrique
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MessagePosté le: 30/03/2009 07:34    Sujet du message: Répondre en citant

Auguste Comte n'est pas mort !
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Durtal
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MessagePosté le: 31/03/2009 21:55    Sujet du message: Répondre en citant

Henrique a écrit:
Auguste Comte n'est pas mort !


modérateur!

Un troll! Very Happy
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Henrique
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MessagePosté le: 31/03/2009 23:29    Sujet du message: Répondre en citant

Rhôô ! Auguste Comte n'est tout de même pas une insulte !

Pour répondre cependant à la question d'Alexandre, je pense qu'ici Foucault se situe dans une critique de la notion de sujet autonome et libre, inventée à l'époque de Descartes et que les sciences sociales et psychologiques mettent à mal en montrant ses déterminations naturelles. Descartes pense pouvoir faire table rase des croyances et connaissances mal fondées de son époque pour reconstruire tout l'édifice du savoir sur la base autofondatrice de sa seule subjectivité, il invente ainsi l'homme comme être à part dans la nature, par sa capacité de commencement pur. Mais déjà cela correspond aux premiers mouvements de l'humanisme qui l'avaient précédé (Erasme, Montaigne) et Foucault montrera à quel point Descartes est loin de faire autant table rase qu'il le croit des traditions et conventions dont il prétend s'émanciper.

En considérant qu'il peut y avoir une science de l'homme, on admet, plutôt à la suite de Spinoza, que "l'homme n'est pas un empire dans un empire", c'est-à-dire que l'homme obéit aux mêmes lois fondamentales que les autres êtres naturels, à commencer par le fait que "rien n'advient sans cause" (contrairement à l'affirmation du libre arbitre qu'on trouve chez Descartes). Il faut alors s'appuyer sur les connaissances assez sûrement établies dans le domaine naturel pour déterminer des lois du comportement humain, même si celui-ci doit aussi avoir ses lois spécifiques comme n'importe quel objet d'étude spécifique. En affirmant qu'il existe des lois de la pensée et des affections de cette pensée, Spinoza préfigure les sciences humaines qui prendront leur essor à partir du XIXème siècle contre la tradition humaniste.

La difficulté des sciences humaines, c'est qu'elles hésitent entre copier purement et simplement les méthodes et démarches propres aux autres sciences comme la physique, au nom de la réalité naturelle de l'homme, et le fait de spécifier tellement les méthodes par rapport aux autres sciences, qu'on en vient à se demander ce qu'il y a encore de scientifique dans leur démarche.

Mais Foucault n'est pas pour autant un scientiste, ni même un positiviste en matière de science, il en connaît les limites et reconnaît la nécessité d'une réflexion d'ordre philosophique pour en comprendre les fondements.
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Alexandre_VI
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MessagePosté le: 01/04/2009 08:12    Sujet du message: Répondre en citant

Oh la la! Henrique et Bardamu qui sont en désaccord. Bardamu pense que Foucault parle des conditions d'existence des sciences humaines, alors que Henrique parle de la conception cartésienne et humaniste de l'homme qui serait contredite par les sciences humaines.

à Henrique: tu sais, dans la plupart des discours des bioéthiciens, la conception de l'homme comme sujet autonome et rationnel est présupposée. Plusieurs bioéthiciens pensent que c'est de là que découle la dignité humaine. On ne leur demandera pas ce qu'il advient alors des trisomiques et autres malades du psychisme.

Il y a peut-être un décalage entre les sciences humaines (incluant les approches biologiques) et l'anthropologie naïve de la bioéthique (et pourtant sans elle il serait difficile de justifier plusieurs interdits civilisateurs).
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