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Bergson et Spinoza: dialogue fructueux?

 
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AUgustindercrois
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MessagePosté le: 20/08/2007 03:44    Sujet du message: Bergson et Spinoza: dialogue fructueux? Répondre en citant

Depuis toujours, je suis partagé entre mes deux philosophes favoris, Spinoza et Bergson. Leur parcours me fascine. Tous deux, ils sont juifs dans un monde chrétien, et doivent penser leur entre-deux.

Ils répondent aux problèmes philosophiques de manière plus analogue que je ne le pensais. Je pars de cet indice de Bergson, lorsqu'il proclame que tout philosophe a deux philosophies, celle de Spinoza et la sienne.

Bergson, sa vie durant, ne cessera de répondre de manière superficiellement négative à Spinoza. On pourait croire qu'il répond biologie contre physique, mouvement contre statique, liberté contre détermination. Tous deux partagent une même ambition: la déconstruction philosophique du sujet pensant.

Première intuition: conatus et durée.

On a coutume de dire que Bergson découvrit le concept de durée lors d'un cours sur les paradoxes de Zénon d'Elée.

Je me plais à croire qu'il n'en est rien, et que tout est contenu dans le fameux "persevare" du conatus de Spinoza (E III,7): "Conatus, quo unaquaeque res in suo esse perseverare conatur, nihil est praeter ipsius rei actualem essentiam".

Le terme perseverare possède au XVIIe une dimension durative. Vivre, c'est d'abord s'efforcer de durer.

Spinoza, affronté à la maladie, insère une dimension particulière dans la proposition 7 de la troisième partie. Nul mieux que lui n'a surmonté la perte du père, de la mère, le malheur de la ruine, la fatalité de l'ostracisme des sien, mais, surtout, l'épreuve continuée de cette maladie respiratoire, qui, à chaque souffle, confère sa dimension d'effort.

Donc, durée chez Spinoza, qui doit s'éprouver sur le mode de l'éternité. Car, finalement, qu'est-ce que cette éternité promise dans la cinquième partie de l'Ethique, sinon cette pensée continuée de l'arrachement au temps en soi, c'est à dire cette a - temporalité présente partout au monde?

Durée qui sera, chez Bergson, la pierre angulaire de ce système philosophique de déconstruction du sujet.


Y-a-t-til donc, selon vous, un possible rapprochement entre les deux philosophes, au-delà du prétendu matérialisme de SPinoza (dont lui-même se défendait avec véhémence), et du spiritualisme de Bergson?

Petit clin d'oeil à mes amis belges, qui ne lisent pas à l'université le philosophe français, malheureusement... Very Happy Very Happy Very Happy
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Pej
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MessagePosté le: 24/08/2007 19:51    Sujet du message: Répondre en citant

On arrivera toujours, en comparant deux philosophes, à leur trouver des points communs. Mais dans le cas de Spinoza et Bergson, je doute que la confrontation soit réellement fructueuse. D'autant que pour ma part, sans faire injure à la pensée de Bergson, je pense que les deux philosophes ne jouent vraiment pas dans la même cour.
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hokousai
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MessagePosté le: 29/08/2007 04:35    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
D'autant que pour ma part, sans faire injure à la pensée de Bergson, je pense que les deux philosophes ne jouent vraiment pas dans la même cour.


Mais si mais si vous faites injure à la pensée de Bergson, laquelle s'en remettra fort bien .
Quant à l’idée de durée, elle est probablement semblablement pensée (ontologiquement) chez les deux philosophes .Comme à distinguer de celle du temps ( lequel est nombre du mouvement des choses étendues ).
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Pej
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MessagePosté le: 11/10/2007 05:05    Sujet du message: Répondre en citant

Je viens de relire L'évolution créatrice de Bergson. Il y a tout un passage à la fin du livre consacré à Spinoza (et Leibniz) où Bergson, tout en reconnaissant "les trésors d'originalité" que renferme la doctrine de Spinoza, critique de façon radicale le déterminisme spinoziste (ce qui est logique puisque la conception de la durée bergsonienne est en complète opposition avec le concept d'éternité chez Spinoza).
Ce que Bergson reproche en fait à Spinoza, c'est d'évacuer la possibilité de la nouveauté (de la création).
Il critique aussi le "parallélisme" de Spinoza entre la Pensée et l'Etendue.
Tout ceci est un peu succint, mais j'ai lu rapidement ce passage, car il ne m'intéressait pas directement. Mieux vaut donc s'y référer directement (cela ne fait que 8 pages).
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hokousai
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MessagePosté le: 11/10/2007 06:30    Sujet du message: Répondre en citant

Il me semble pourtant que chez Bergson la pensée est spatialité .La pensée des choses du monde dit « extérieur » .
Que pensez vous de ce que dit Bergson « « percevoir toutes les influences de tous les points de tous les corps serait descendre à l’état d’objet matériel « « la conscience consiste avant tout dans le discernement pratique (ie activité dans l’étendue )(in matière et mémoire )

Il était probablement moins éloigné de Spinoza qu'il ne le pensait .

Quand à la durée Spinoza ne refuse certainement pas la durée , il accepterait même d’en faire le tissu des chose particulières . l'Eternité n'est pas en contradiction avec la durée , elle n'en dérive pas .
Que les choses particulières le soient (et inédites /nouvelles) n'entre pas en contradiction avec la nécessité , ni avec l 'éternité .
Elles sont éternellement nouvelles.
.
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