Simplement, il s'agit du conatus de l'agneau face à celui du loup.
La joie de l'agneau mangé par le loup...
Je ne sais pas exactement ce que vous voulez dire.
Vous voyez Spinoza comme un "agneau" ? Il me semble plutôt avoir courageusement (et brillamment) défendu des idées qui souvent auraient pu le mettre dans le pétrin face aux autorités.
Si vous pensez que Dieu peut se détruire lui-même, vous vous égarez grandement. Ni le corps de Dieu (l'attribut étendu), ni l'esprit de Dieu (l'attribut pensant) ne peuvent être détruits, puisque Dieu est éternel. La mort est seulement la dissociation d'un mode de l'étendue et d'un mode de la pensée, qui sont, par hasard et par nécessité, liés pour un temps, une durée, un devenir déterminé. Nulle destruction donc. L'amour sort vainqueur de cette illusion entretenue par les pouvoirs malveillants divers qui s'acharnent à faire craindre ce qui est seulement à aimer. Mais il ne s'agit évidemment pas d'aimer la mort, mais d'aimer Dieu, qui est la Vie dans son devenir perpétuel et ses incessantes métamorphoses.
1. (Réponse à Douze) Non l’agneau n’est pas pour moi une image de Spinoza. L’agneau est une image de chacun d’entre nous dans certaines circonstances de la vie où nous sommes dominés par une force (ou une puissance) supérieure à la nôtre. Nous pouvons d’ailleurs aussi bien être loups dans d’autres circonstances.
2. Par « agneau spinoziste » je veux désigner un personnage idéalement conforme au prototype du sage spinoziste capable d’éprouver l’amour intellectuel de Dieu, mais placé par les vicissitudes du déroulement des choses dans la situation de l’agneau devant le loup.
3. Au niveau du mode (corps particulier et pensées particulières) l’agneau ne peut pas ne pas éprouver une grande tristesse à l’idée que ce corps et ces pensées particulières vont disparaître dans l’estomac du loup. (c’est la servitude de ETIV)
4. Au niveau de l’essence éternelle, l’agneau se sait partie prenante de l’essence éternelle de Dieu (substance, attributs), A ce niveau là, et à ce niveau là seulement, l’agneau peut éprouver une joie d’aimer cette substance éternelle et ses attributs. Il est lui-même Dieu "s’expliquant " (comme dit Spi) par l’essence de l’agneau qui ne peut être détruite (c’est la béatitude de ETV)
5. L’agneau (comme nous tous, en fait) est donc le sujet de deux actions contraires qui, selon Spinoza ne peuvent demeurer en l’état. (ETV, ax1). Je suis personnellement très perplexe quant à l’issue du match…beaucoup moins affirmatif que Spinoza en tous cas!
5. L’agneau (comme nous tous, en fait) est donc le sujet de deux actions contraires qui, selon Spinoza ne peuvent demeurer en l’état. (ETV, ax1). Je suis personnellement très perplexe quant à l’issue du match…beaucoup moins affirmatif que Spinoza en tous cas!
Observation intéressante. La cinquième partie de l'éthique n'aura jamais fini de fasciner les commentateurs, en effet. Un peu comme on se demande encore comment Wittgenstein a pu passer du Tractatus aux Investigations...
C'est pour cette raison que je me demande si Spinoza dit "tout"... il me semble que son idée de "science intuitive" n'est pas toute l'histoire.
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