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Spinoza et Nous - Philosophie de l'affirmation: Journal


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Posté le: 03-13-2005 @ 10:37 am

La conscience naive ne connaît que des choses et s’ignore elle-même comme conscience. Par exemple, je dis spontanément : « Devant moi il y a une lampe, sous mes pieds il y a un tapis, sur le balcon il y a des fleurs ». Je ne pense pas d’abord à l’acte à l’acte de mon esprit par lequel j’affirme tout cela ; mais ma pensée s’oublie, s’efface devant les choses qu’elle affirme. La première démarche de l’esprit est donc ontologique.Elle affirme les choses, l’être, le « il y a ». Cependant, je fais bien vite l’expérience de l’erreur. Par exemple, je me dis : « Il y a un moineau sur le balcon » ; je m’approche et ce n’est qu’un petit papier gris. Donc il n’y avait pas de moineau mais j’avais cru voir un moineau. J’avais cru…Ici ma pensée, d’abord tournée vers les choses, revient sur elle même ; je réfléchis sur ma connaissance, je me demande quelle est sa valeur. Cette deuxième démarche de l’esprit, c’est la démarche critique qui s’oppose à la démarche ontologique. Cessant d’affirmer l’objet, je reviens sur ma propre affirmation, je la mets en question, je m’interroge sur cet acte d’affirmer. Ce retour critique, cette réflexion sur ma propre pensée , son mécanisme, sa valeur m’incitent à formuler une théorie de la connaissance. Qu’est-ce que la vérité, y a-t-il seulement une vérité ? Y a-t-il des degrés de vérité ? Ces trois questions (d’ailleurs intimement liées) vont être ici examinées successivement. -Nous nous demanderons d’abord quelle est la nature de la vérité, s’il y a des critères pour distinguer le vrai du faux, quelle définition de la vérité nous pouvons accepter. -Ensuite nous examinerons si ces critères sont en fait applicables, s’il y a au moins une vérité que nous puissions atteindre, ou si nous devons, comme pensent les sceptiques y renoncer. C’est si l’on veut le problème de l’existence de la vérité. -Enfin, si l’on reconnaît que la vérité est accessible, il reste à se demander s’il n’y a pas diverses sortes de vérités. L’hypothèse d’un physicien ou d’un chimiste, soumise au verdict de l’expérience n’est pas du même ordre que l’interprétation d’un psychanalyste. La catégorie de rationalité (qui triomphe dans les sciences exactes) ne doit-elle pas être distinguée d’autres formes d’intelligibilité, et par exemple de la catégorie de sens (ou signification) propre aux disciplines « interprétatives », à l’herméneutique ? I-NATURE DE LA VERITE VERITE ET REALITE Le langage vulgaire confond bien souvent les deux termes réalité, vérité. En fait, il convient de les distinguer Soigneusement. Un objet, un être (ce tapis, cette lampe) sera qualifié de réel. Cette lampe est réelle, autrement dit elle existe. Ce bureau est réel. Mais cela n’aurait aucun sens de dire : Ce bureau, cette lampe sont vrais (ou faux). La vérité est une valeur qui concerne un jugement. Ainsi, par exemple le jugement : « ce bureau existe, ce bureau est rouge » est un jugement vrai, ou bien un jugement faux. La « vérité »ou la « fausseté » qualifient donc non l’objet lui-même, mais la valeur de mon assertion. Dans certains cas pourtant le langage paraît attribuer la vérité ou la fausseté à l’objet. Songez-y : quand vous dites : de fausses dents, de faux cheveux, un faux Rembrandt, un faux Vermeer, vous désignez des objets qui sont réels. La fausseté est ici l’absence d’une valeur à laquelle on se réfère. La preuve c’est que les fausses dents sont un vrai dentier, les faux cheveux une vraie perruque, le faux Rembrandt un vrai Dupont et le faux Vermeer un vrai Van Meegeren. Plus exactement, c’est le jugement par lequel nous affirmons que ce tableau attribué à Vermeer est en réalité de Van Meegeren qui est un jugement vrai. Ce point acquis, il faut chercher maintenant quel est le critère de la vérité. Comment reconnaître, caractériser,définir le jugement vrai ?


Dernière mise à jour le 03-13-2005 @ 10:37 am


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