Ethique IV proposition 66 scolie : "Nous constaterons aisément quelle différence sépare l'homme qui est conduit par son seul affect ou par l'opinion et celui qui est conduit par la raison. Celui-là en effet, qu'il le veuille ou non, accomplit des choses qu'il ignore au maximum; alors que celui-ci organise son mode de vie en ne s'en remettant à personne d'autre qu'à soi-même et n'accomplit que des choses dont il a reconnu la valeur primordiale, choses que par voie de conséquence il considère comme éminemment désirables; et c'est la raison pour laquelle j'appelle le premier un homme asservi et le second un homme libre"(facile videbimus quid homo qui solo affectu seu opinione homini qui ratione ducitur intersit. Ille enim velit nolit ea quae maxime ignorat agit; hic autem nemini nisi sibi morem gerit et ea tantum agit quae in vita prima esse novit quaeque propterea maxime cupit, et ideo illum servum hunc autem liberum voco).
Ethique IV Préface : "nous désirons former une certaine idée de l'homme que nous puissions visionner comme un modèle de la nature humaine" (idea hominis tanquam naturae humanae exemplar quod formare cupimus).
Ethique V proposition 6 scolie : "imaginer plus distinctement et avec davantage d'énergie" (distinctius et magis vivide imaginari).
Ethique IV proposition 68 : "Si les hommes naissaient libres, ils ne formeraient aucun concept de bien et de mal tout le temps qu'ils seraient libres" (si homines liberi nascerentur, nullum boni et mali formarent conceptum quamdiu liberi essent).
Ethique IV proposition 62 : "l'âme, pour autant qu'elle conçoit les choses suivant l'impératif de la raison, est affectée de manière égale par l'idée d'une chose, que celle-ci soit future ou passée, ou bien présente" (quatenus mens ex rationis dictamine res concipit aeque afficitur sive idea sit rei futurae vel praeteritae sive praesentis).
Ethique IV proposition 67 : "Un homme libre ne pense à aucune chose moins qu'à la mort, et sa sagesse est une méditation non de la mort mais de la vie" (homo liber de nulla re minus quam de morte cogitat et ejus sapientia non mortis sed vitae meditatio est).
Ethique III proposition 4 : "Aucune chose ne peut être détruite, si ce n'est par une cause extérieure" (nulla res nisi a causa externa potest destrui).
Ethique IV proposition 39 : Il faut bien noter que je comprends ainsi le fait que la mort arrive au corps : cela se produit quand les parties de celui-ci sont disposées de telle façon qu'il en résulte pour elles respectivement les unes aux autres une autre proportion de mouvement et de repos" (hic notandum quod corpus tum mortem obire quando ejus partes ita disponuntur ut aliam motus et quietis rationem ad invicem obtineant).
Ethique V proposition 38 : "D'autant plus l'âme comprend de choses par la connaisance du deuxième et du troisième genre, d'autant moins elle pâtit d'affects qui sont des maux, et elle craint moins la mort" (quo plures res secundo et tertio cognitionis genere mens intelligit eo minus ipsa ab affectibus qui mali sunt patitur et mortem minus timet).
Ethique IV proposition 63 : "Celui qui est conduit par la crainte et fait le bien en vue d'éviter le mal n'est pas conduit par la raison." (qui metu ducitur et bonum ut malum vitet agit is ratione non ducitur).
Ethique IV proposition 63 corollaire : "En vertu du désir qui prend sa source dans la raison, nous poursuivons directement le bien et évitons indirectement le mal" (cupiditate quae ex ratione oritur bonum directe sequimur et malum indirecte fugimus).
Ethique IV proposition 24 : "Agir absolument par vertu n'est rien d'autre en nous qu'agir, vivre et conserver son être, trois choses qui ont la même signification, sous la conduite de la raison, et cela avec pour fondement la recherche de l'utile propre" (ex virtute absolute agere nihil aliud in nobis est quam ex ductu rationis agere, vivere, suum esse conservare, haec tria idem significant, idque ex fundamento proprium utile quaerendi).
Ethique IV proposition 68 : "Si les hommes naissaient libres, ils ne formeraient aucun concept de bien et de mal tout le temps qu'ils seraient libres" (si homines liberi nascerentur, nullum boni et mali formarent conceptum quamdiu liberi essent).
Ethique IV proposition 64, corollaire : "Si l'âme humaine n'avait que des idées adéquates, elle ne formerait aucune notion du mal" (si mens humana non nisi adaequatas haberet ideas nullam mali formaret notionem).
Ethique IV proposition 68, démonstration : "Le bien et le mal sont corrélatifs l'un à l'autre" (bonum et malum correlata sunt).
Ethique IV proposition 68, scolie : "Que l'hypothèse qui est à la base de cette proposition soit fause et ne puisse être conçue, si ce n'est pour autant que nous prêtons attention à la seule nature de l'homme ou plutôt à Dieu en tant, non qu'il est infini, mais est seulement la cause pour laquelle l'homme existe, c'est ce qui est manifeste..." (hujus propositionis hypothesin falsam esse nec posse concipi nisi quatenus ad solam naturam humanam seu potius ad Deum attendimus non quatenus infinitus sed quatenus tantummodo causa est cur homo existat patet...).
Ethique IV proposition 4 : "Il ne peut se faire que l'homme ne soit une partie de la nature et qu'il ne puisse subir d'autres changements que ceux qui puissent être compris par sa seule nature et dont il soit la cause adéquate" (fieri non potest ut homo non sit naturae pars, et ut nullas possit pati mutationes nisi quae per solam suam naturam possint intelligi quarumque adaequata sit causa).
Ethique IV proposition 68 scolie : "Cette fameuse histoire du premier homme..." (illa primi hominis historia...).
id. : "L'Esprit du Christ, c'est-à-dire l'idée de Dieu, de laquelle seule il dépend que l'homme soit libre, et que, le bien qu'il désire pour lui-même, il le désire aussi pour les autres hommes" (Spiritus Christi hoc est idea Dei a qua sola pendet ut homo liber sit et ut bonum quod sibi cupit reliquis hominibus cupiat.)
Ethique IV proposition 69 : "La vertu de l'homme libre se distingue autant par le fait d'esquiver les dangers que par celui de les surmonter" (hominis liberi virtus aeque magna cernitur in declinandis quam in superandis periculis).
Ethique IV proposition 7 : "Un affect ne peut être contrôlé ou éliminé que par l'intervention d'un affect de sens contraire et plus fort que l'affect dont il doit prendre le contrôle" (affectus nec coerceri nec tolli potest nisi per affectum contrarium et fortiorem affectu ciercendo).
Ethique IV proposition 5 : "La force par laquelle chaque passion se développe et le fait qu'elle persévère dans l'existence n'est pas définie par la puissance en vertu de laquelle nous sommes poussés à persévérer dans l'existence, mais par la puissance d'une cause extérieure mesurée à la nôtre" (vis et incrementum cujuscunque passionis ejusque in existendo perseverentia non definitur potentia qua nos in existendo perseverare conamur sed causae externae potentia cum nostra comparata).
Ethique IV proposition 3 : "La force par laquelle l'homme persévère dans l'existence est limitée, et est infiniment surpassée par la puissance des causes extérieures" (vis qua homo in existendo perseverat limitata est et a potentia causarum externarum infinite superatur).
Ethique III définitions 40 et 41 des affects : "La hardiesse est le désir qui pousse quelqu'un à faire quelque chose alors que cela implique un risque que ses égaux redoutent d'affronter" (audacia est cupiditas qua aliquis incitatur ad aliquid agendum cum periculo quod ejus aequales subire metuunt). "On parle de frousse à propos de celui dont le désir est retenu par la crainte d'un danger que ses égaux osent affronter" (pusillanimitas dicitur de eo cujus cupiditas coercetur timore periculi quod ejus aequales subire audent).
Ethique III proposition 59 scolie : "Toutes les actions qui suivent d'affects se rapportant à l'âme en tant qu'elle comprend, je les rapporte à la puissance intérieure que je partage entre la force de caractère et la générosité. En effet, par force de caractère je comprends le désir par lequel chacun s'efforce en vertu du seul impératif de la raison de conserver son être. Alors que par générosité je comprends le désir par lequel chacun s'efforce en vertu du seul impératif de la raison d'assister les autres hommes et de se lier d'amitié avec eux" (omnes actiones quae sequuntur ex affectibus qui ad mentem referuntur quatenus intelligit ad fortitudinem refero quam in animositatem et generositatem distinguo. Nam per animositatem intelligo cupiditas qua unusquisque conatur suum esse ex solo rationis dictamine conservare. Per generositatem autem cupiditatem intelligo qua unusquisque ex solo rationis dictamine conatur reliquos homines juvare et sibi amicitia jungere).
Ethique IV proposition 69 corollaire : "Le fait de fuir à temps ne demande pas à un homme libre moins de force de caractère que l'affrontement" (homini libero aiequae magnae animositati fuga in tempore ac pugna ducitur).
Ethique IV proposition 70 : "L'homme libre qui vit au milieu des ignorants s'évertue autant qu'il peut à décliner leurs services" (homo liber qui inter ignaros vivit eorum quantum potest beneficia declinare studet).
Ethique IV proposition 71 : "Seuls des hommes libres sont au plus haut point complaisants les uns à l'égard des autres" (solo homines liberi erga invicem gratissimi sunt).
a/ le comportement de l'homme libre à l'égard des ignorants
Ethique III proposition 39 : "Qui a quelqu'un en haine s'efforcera de lui faire du mal à moins qu'il ne craigne que ce ne soit la source pour lui d'un mal plus grand; à l'inverse, qui aime quelqu'un s'efforcera selon la même loi de lui rendre des services" (qui aliquem odio habet ei malum inferre conabitur nisi ex eo majus sibi malum oriri timeat; et contra qui aliquem amat ei eadem lege benefacere conabitur).
Ethique III proposition 9 scolie : "Nous ne désirons aucune chose parce que nous jugeons qu'elle est bonne, mais au contraire, nous appelons bonne la chose que nous désirons" (nos nihil cupere quia id bonum esse judicamus sed contra id bonum vocamus quod cupimus).
Ethique III proposition 39 scolie : "Chacun juge ou estime selon la mesure de son affect de ce qui est bien, de ce qui est mal, de ce qui est meilleur, de ce qui est pire, et enfin de ce qui est le mieux ou le moins bien" (unusquisque ex suo affectu judicat seu aestimat quid bonum, quid malum, quid melius et quid pejus, et quid denique optimum quidve pessimum sit).
Ethique IV proposition 70 démonstration : rendre aux hommes des services estimés à égalité selon la mesure de leurs affects" (paria hominibus beneficia ex eorum affectu referre).
Ethique III proposition 33 : "Lorsque nous aimons une chose semblable à nous, nous cherchons autant que nous le pouvons, à faire qu'elle nous aime en retour" (cum rem nobis similem amamus, conamur quantum possumus efficere ut nos contra amet).
Ethique IV proposition 33 : "Pour autant qu'ils sont en proie à des affects qui sont des passions, les hommes sont potentiellement en état natuel de conflit" (homines natura discrepare possunt quatenus affectibus qui passsiones sunt conflictantur).
Ethique IV proposition 34 : "Pour autant qu'ils sont en proie à des affects qui sont des passions, ils sont potentiellement contraires les uns aux autres (quatenus homines affectibus sunt conflictantur possunt invicem contrarii).
Ethique IV proposition 70 démonstration : "Il s'emploie à ne faire que des choses dont il a reconnu par lui-même la caractère primordial" (ea tantum agere studet quae ipse prima esse novit).
id : "Pour que les ignorants ne le prennent pas en grippe" (ne ignaris odio fit).
Ethique IV proposition 70 scolie : Quoique les hommes soient ignorants, ce sont cependant des hommes, qui peuvent toujours contribuer à la résolution des problèmes de la vie par une aide humaine, qui est la chose la plus avantageuse qui soit...; et donc il arrive souvent qu'il soit nécessaire d'accepter un service de leur part et en, conséquence d'y répondre en retour en marquant sa satisfaction d'une manière qui réponde à leur attente. En déclinant les offres de service on doit respecter le principe de l'utilité et de l'honnêteté" (quamvis homines ignari sint, sunt tamen homines, qui in necessitatibus humamum auxilium quo nullum praestabilius est adferre queunt...; atque adeo saepe fit ut necesse sit ab iisdem beneficium accipere et consequenter iisdem contra ex eorum ingenio congratulari... In declinandis bebneficiis ratio utilis et honesti habenda est).
b/ le comportement de l'homme libre à l'égard d'autres hommes libres
Ethique IV proposition 71 démonstration : les hommes libres s'unissent entre eux par le lien de l'amitié le plus étroit" (homines liberi maxima amicitiae necessitudine invicem junguntur).
Ethique IV proposition 35 corollaire 1 : "Il n'est donné dans la nature des choses rien de particulier qui soit plus utile à l'homme qu'un homme qui vit sous la conduite de la raison" (nihil singulare in rerum natura datur quod homini sit utilius quam homo qui ex ductu rationis vivit).
Ethique IV proposition 37 : "Le bien que désire pour soi-même chaque sectateur de la vertu, il le désirera aussi pour les autres hommes, et ceci d'autant plus qu'il aura une plus grande connaissance de Dieu" (bonum quod unusquisque qui sectatur virtutem sibi appetit reliquis hominibus etiam cupiet et eo magis quo majorem Dei habuerit cognitionem).
Ethique III appendice définition 34 des affects : "La complaisance ou la gratitude est le désir, ou l'empressement inspiré par l'amour qui nous fait chercher à servir celui qui, à nous, en vertu d'un affect inspiré par un amour égal, nous a déjà rendu service." (gratia seu gratitudo est cupiditas seu amoris studium quo ei benefacere conamur qui in nos pari amoris affectu beneficium contulit).
Ethique III proposition 39 : "Qui a quelqu'un en haine s'efforcera de lui faire du mal à moins qu'il ne craigne que ce ne soit la source pour lui d'un mal plus grand; et à l'inverse, qui aime qulqu'un s'efforcera selon la même loi de lui rendre des services" (qui aliquem odio habet ei malum inferre conabitur nisi ex eo majus sibi malum oriri timeat; et contra qui aliquem amat ei eadem lege benefacere conabitur).
Ethique III proposition 41 scolie : "Au cas où l'on se figurerait avoir fourni une cause injustifié d'amour, on se glorifiera" (quod si se justam amoris causam praebuisse crediderit gloriabitur).
Ethique IV proposition 71 scolie : "La complaisance qu'ont réciproquement les uns à l'égard des autres des hommes conduits par le désir aveugle relève le plus souvent davantage du commerce et de ses attrapes que de la (vraie) complaisance" (gratia quam homines qui caeca cupiditate ducuntur invicem habent mercatura seu aucupium potius quam gratia plerumque est).
id. : "En outre l'ingratitude n'est pas un affect" (porro ingratitudo affectus non est).
Ethique IV proposition 72 : "L'homme libre n'agit jamais de manière à causer préjudice à autrui, mais toujours de bonne foi" (homo liber nunquam dolo malo sed semper cum fige agit).
Ethique IV proposition 24 : "Agir absolument par vertu n'est rien d'autre en nous qu'agir, vivre et conserver son être sous la conduite de la raison" (ex virtute absolute agere nihil aliud in nobis est quam ex ductu raztionis agere, vivere, suum esse conservare).
Ethique IV proposition 62 démonstration : "(L'idée selon laquelle) il serait de la part des hommes plus avisé de s'accorder seulement en paroles alors que dans les faits ils seraient contraires les uns aux autres est une absurdité" (hominibus consultius esset verbis solummodo convenire re autem invicem esse contrarios quod est absurdum).
Ethique IV proposition 31 corollaire : "Plus une chose quelconque s'accorde avec notre nature, d'autant plus elle nous est utile, c'est-à-dire plus elle est bonne, et inversement, plus une chose quelconque nous est utile, d'autant plus elle s'accorde avec notre nature... Mais si une chose est contraire (à notre nature) elle sera aussi contraire en conséquence à celle qui s'accorde avec notre nature, c'est-à-dire qu'elle sera contraire au bon, ou qu'elle sera mauvaise" (quo res aliqua magis cum nostra natura convenit eo nobis est utilior seu magis bona et contra quo res aliqua nobis est utilior eatenus cum nostra natura magis convenit...Si autem contraria, erit ergo etiam ei contraria quae cum nostra natura convenit, hoc est contraria bono seu mala).
Ethique IV proposition 72 scolie : "(L'hypothèse selon laquelle) la raison recommande sans réserve aux hommes de n'unir leurs forces, et de n'avoir de droits communs qu'en s'engageant à se causer du préjudice les uns aux autres, c'est-à-dire en n'ayant pas de droits communs, est absurde" (ratio omnino suadet hominibus ne nisi dolo malo paciscantur, vires conjugere et jura habere communia, hoc est ne revera jura habeant communia, quod est absurdum).
Ethique IV proposition 73 : "L'homme qui est conduit par la raison est plus libre dans la société, où il vit selon le décret commun, que dans l'isolement où il n'a de compte à rendre qu'à soi seul" (homo qui ratione ducitur magis in civitate ubi ex communi decreto vivit quam in solitudine ubi sibi solo obtemperat liber est).
Ethique IV proposition 73 démonstration : "L'homme que conduit la raison désire, afin de vivre plus librement, observer les droits communs de la société" (cupit homo qui ratione ducitur ut liberius viva communia civitatis jura tenere).
Ethique IV proposition 63 : "Celui qui est conduit par la crainte et fait le bien en vue d'éviter le mal n'est pas conduit par la raison." (qui metu ducitur et bonum ut malum vitet agit is ratione non ducitur).
Ethique IV proposition 66 scolie : "(L'homme conduit par la raison) organise son mode de vie en ne s'en remettant à personne d'autre qu'à soi-même et n'accomplit que des choses dont il a reconnu la valeur primordiale, choses que par voie de conséquence il considère comme éminemment désirables" (homo qui ratione ducitur nemini nisi sibi morem gerit et ea tantum agit quae in vita prima esse novit quaeque proptera maxime cupit).
Ethique IV proposition 37 : "Le bien que désire pour soi-même chaque sectateur de la vertu, il le désirera aussi pour les autres hommes, et ceci d'autant plus qu'il aura une plus grande connaissance de Dieu (bonum quod unusquisque qui sectatur virtutem sibi appetit reliquis hominibus etiam cupiet et eo magis quo majorem Dei habuerit cognitionem).
Ethique IV proposition 37 scolie 2 : "Pour que les hommes puissent vivre dans la concorde et se venir en aide, il est nécessaire qu'ils cèdent sur leur droit naturel et qu'ils se rendent réciproquement sûrs qu'ils ne feront rien qui pourrait tourner au dommage d'autrui" (ut homines concorditer vivere et sibi auxilio esse possint necesse est ut jure suo naturali cedant et se invicem securos reddant se nihil acturos quod possit in alterius damnum cedere).
Ethique IV proposition 73 scolie : "Un homme solide n'a personne en haine, ne s'emporte contre personne, n'envie, ne réprouve, ne déprécie personne, et ne se laisse entraîner que le mions possible par la prétention" (vis fortis neminem odio habet, nemini irascitur, invidet, indignatur, neminem descipit, minimeque superbit).
Ethique IV proposition 46 : "Celui qui vit sous la conduite de la raison s'efforce autant qu'il le peut de contrebalancer la haine, la colère, le mépris, et autres agressions dont il est l'objet de la part de quelqu'un d'autre par de l'amour et de la générosité" (qui ex ductu rationis vivet quantum potest conatur alterius in ipsum odium, iram, contemptum, etc., amore contra sive generositate compensare).
Ethique IV proposition 50 scolie : "Celui qui a pris une juste connaissance du fait que toutes les choses suivent de la nécessité de la nature divine et se font suivant les lois et règles éternelles de la nature ne trouvera raisonnablement rien qui soit digne de haine, de moquerie ou de mépris" (qui recte novit omnia ex naturae divinae necessitate sequi et secundum aeternas naturae leges et regulas fieri is sane nihil reperiet quod odio, risu aut contemptu dignum sit).
id. : "Bien agir comme on dit et vivre dans la joie" (bene agere ut aiunt et laetari).