Le caractère hénologique du début de l'Ethique

Questions et débats touchant à la conception spinozienne des premiers principes de l'existence. De l'être en tant qu'être à la philosophie de la nature.
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Le caractère hénologique du début de l'Ethique

Messagepar Miam » 17 mars 2007, 18:22

Salut à tous,

Je m’interroge sur l’ordre démonstratif du tout début de l’Ethique.

La Proposition 2 (déjà) pose une difficulté.
Elle énonce que «Deux substances ayant des attributs différents (diversa attributa) n’ont rien de commun entre elles ».
Démonstration : nous percevons l’attribut comme constituant l’essence d’une substance (Définition 4). Or chaque substance est en elle-même et conçue par elle-même, autrement dit (sive) le concept de l’une n’enveloppe pas le concept de l’autre.

Du dernier énoncé de la Démonstration – « autrement dit le concept de l’une n’enveloppe pas le concept de l’autre » - il semble suivre nécessairement non pas ce qu’énonce la Proposition (que deux substances d’attributs différents n’ont rien de commun), mais immédiatement ce que conclura la Proposition 5 (et que démontrera encore le début de la Démonstration de la Proposition 6) : à savoir que deux substances doivent avoir des attributs différents ou encore qu’aucune substance ne partage d’attribut avec une autre.

En réalité il n’en est rien. Tout dépend en effet de ce que l’on entend par « des attributs différents » (diversa attributa), car cela peut signifier :
1° Que tous les attributs de chaque substances sont différents, et alors on peut immédiatement déduire de la Définition 3 d’une substance qu’aucune substance ne partage d’attribut. Mais c’est absurde car cela suppose l’inutilité des propositions 4 et 5.
2° Que l’ensemble des attributs des deux substances diffère sans que cela exclue le partage d’au moins un attribut entre ces deux substances.

Illustration : soit deux pots dont chacun contient des boules de différentes couleurs. Dans le cas 1° aucune boule d’une même couleur ne se trouvera à la fois dans l’un et l’autre pot. Dans le cas 2° plutôt que chaque boule, on considère l’ensemble des boules de chaque pot. Ce sont ces ensembles qui diffèrent. Et dans ce cas rien n’exclut qu’une boule de même couleur se trouve à la fois dans chaque pot.

On évite la difficulté en choisissant l’acception 2°. Il résulte que deux substances possédant des attributs « différents » (diversa) peuvent posséder le « même » (idem) attribut. Et ainsi on distingue la Proposition 2 de la Proposition 5 et de sa démonstration postposée (il faut encore voir pourquoi) au début de la Démonstration de la Proposition 6 : « il ne peut y avoir dans la nature deux substance de même (ejusdem) attribut ». L’opposé du « même », en effet, c’est l’ « autre » (alter) et non le « différent » (diversa), comme Platon et Aristote déjà nous l’avaient appris. Autrement dit : deux substances ayant des attributs différents ont une nature autre, mais peuvent posséder chacun un ou plusieurs même(s) attribut(s). A partir de là on peut comprendre l’assimilation de la nature et de l’attribut dans la Proposition 5 (ejusdem naturae sive attributi) et la nécessité de sa re-démonstration dans la Démonstration de la Proposition 6 où l’on supprime cette assimilation. Cela explique également l’ordre des propositions. Dans la Proposition 2, il s’agit non pas de chaque attribut mais des attributs constituant ensemble la nature (ou l’essence) d’une substance (d’où le « naturae sive attributi » de la Proposition 4). Mais la Proposition 2 ne dit pas ce qu’est ce « rien de commun » entre les natures des deux substances. C’est la Proposition 4 qui nous apprendra que ce « rien de commun » concerne les seules choses par lesquelles une substance peut se distinguer d’une autre : à savoir ses attributs et ses affections. Sans cela on ne comprendrait pas pourquoi, après avoir dit que deux substances ayant des attributs différents (entendus ici comme « autres ») n’ont rien de commun, Spinoza devrait encore démontrer en quoi les substances se distinguent (Proposition 4) soit par leurs affections (ce qui est nié dans la Démonstration de la Proposition 5), soit par ses attributs (ce qui est démontré dans les Démonstrations des Propositions 5 et 6).

Alors : pourquoi je vous raconte cela ? D’abord parce que cela peut éclairer ces propositions qui, malgré les apparences, et comme l’a vu C 162, soulèvent de nombreuses difficultés.
Ensuite parce que je voudrais montrer le caractère hénologique, et non ontologique, des premières propositions de l’Ethique. Par hénologie on entend l’étude des relations de l’Un et du Multiple, du Différent et du Semblable, du Même et de l’Autre. Or, c’est bien la question jusqu’à la Proposition 11 où commence effectivement l’ontologie spinozienne. Jusque là il s’agit de savoir si les substances doivent avoir des attributs différents (Proposition 2), des mêmes attributs (Propositions 5 et 6), s’il y a un ou de multiples attributs par substances et une ou une multiplicité de substances (Scolies des Propositions 10 et 11).

Spinoza devait connaître la dialectique hénologique de Platon au moins par sa critique aristotélicienne (par exemple dans les Topiques et les Seconds Analytiques). Or, selon Aristote lui-même, la dialectique ouvre la voie aux définitions : à savoir, pour Spinoza, ce qui appartient à la nature d’une substance (Propositions 7, 8, etc…) et la Définition de Dieu démontrée par la Proposition 11. C’est pourquoi il ne serait pas inintéressant de chercher quelle put être la lecture spinozienne de la dialectique et, partant, de l’hénologie antique (voire la dialectique platonicienne et sa méthode de division), qui – faut-il le dire – fut progessivement occultée par l’ontologisation opérée par la phlosophie chrétienne.

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Messagepar Miam » 18 mars 2007, 20:40

Pourvu que cela intéresse quelqu'un, je tiens à préciser.
Un lecteur pourrait voir une connerie lorsque j'affirme que les premières propositions de l'Ethique sont une "voie vers la définition" comme le disait Aristote. Car enfin: ces propositions partent de définitions. Comment pourrait§elles alors être une "voie vers la définition ?"
Mais la question centrale est celle de la substance. Or la définition 3 est toute nominale et doxique (relève de l'opinion). Elle n'est rien d'autre que la définition des Catégories 5 d'Aristote, seule définition de la substance que connaissaient les Latins avant l'arrivée des Arabes, et sur laquelle s'est fondée (erronément) la scolastique. Il s'agit de la définition de la substance comme sujet individuel. Je dis que cette définition doxique est une hypothèse qu'explicite et critique à la fois les premières propositions de l'Ethique. Vers quelles définitions ? Et bien d'abord vers I 7 et toutes les affirmations de "ce qui appartient à" l'essence d'une substance, puisque c'est là précisément ce qu'Aristote nommait définition, à savoir la quiddité ou le ti en einai. Et ensuite vers la proposition 11 qui démontre la réalité de la définition 6. Voilou.

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Messagepar DGsu » 19 mars 2007, 17:02

fut progessivement occultée par l’ontologisation opérée par la phlosophie chrétienne.

... en particulier par Saint-Thomas et l'invention du terme "ontologie" par Goclenius.

Pour ceux qu'intéresse le rejet de l'hénologie dans l'ombre au profit de l'ontologie dans l'histoire de la métaphysique, jusqu'à Heidegger, je conseille la lecture de Lambros Couloubaritsis, spécialiste d'Aristote et professeur à l'université de Bruxelles. (miam tu connais évidemment)[/quote]
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Messagepar hokousai » 21 mars 2007, 00:17

.
Un lecteur pourrait voir une connerie lorsque j'affirme que les premières propositions de l'Ethique sont une "voie vers la définition" comme le disait Aristote. Car enfin: ces propositions partent de définitions.


A moins que ce soit vous qui ne parveniez pas très bien à vous en sortir .

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Messagepar DGsu » 22 mars 2007, 09:30

hokousai a écrit :.
Un lecteur pourrait voir une connerie lorsque j'affirme que les premières propositions de l'Ethique sont une "voie vers la définition" comme le disait Aristote. Car enfin: ces propositions partent de définitions.


A moins que ce soit vous qui ne parveniez pas très bien à vous en sortir .


Bien sûr les propositions semblent partir des définitions mais l'Ethique n'est pas la construction méthodique d'un savoir, Spinoza est en cela anti-cartésien. Les définitions sont une partie du système de pensée, pas leur point de départ. D'ailleurs sait-on exactement l'ordre dans lequel il a conçu l'organisation des livres ? Il semble qu'il en ait changé assez souvent et peut-être l'aurait-il ordoné autrement s'il avait pu.
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Messagepar Miam » 24 mars 2007, 17:06

Il aurait pu commencer autrement. Oui. D'ailleurs on conseille aux débutants de commencer leur lecture par la partie 2. Mais ce sont bien des "parties". Pas des "livres". Or c'est dans l'Ethique, et dans l'Ethique seulement, pas dans le CT, que Spinoza crois bon de poser la question fondamentale de la métaphysique depuis Métaphysique Z 1, 2 et 3 : "qu'est-ce qu'une substance ?" (ti è ousia ?).

Il y a alors trois définitions de la substance dans la partie I.
Une définition endoxale et nominale, acceptée par tous, y compris ceux pour lesquels il y a des substances finies et non éternelles = D3.
Une définition de "ce qui appartient à l'essence d'une substance", à savoir sa "quiddité" ou "ti en einai" aristotélicien qui constitue la définition d'une substance : l'existence, l'infinité, l'éternité, la nécessité. Le développement doit donc se lire en relation avec les Anciens (Platon et Aristote) et la question de l'unité de et dans la définition selon les "manières d'exister" des choses (cf. I 8s2).
Mais il peut alors encore y avoir plusieurs substances d'un nombre déterminé d'attributs infinis. Aussi doit-on attendre les preuves de l'existence de Dieu pour que soit alléguée la Définition 6 de l'Etant absolument infini. Ce qui est la conclusion de la question "qu'est-ce qu'une substance" pour Spinoza. On doit alors lire le raisonnement non plus en fonction des Anciens mais en fonction des pensées monothéistes, en particulier la scolastique chrétienne.

Par ailleurs, je rappelle que la distinction entre les définitions nominales et réelles est très orthodoxement aristotélicienne. Ce n'est pas une nouveauté du XVIè ni une invention de Spinoza.

Enfin on peut même trouver chez Aristote la distinction entre "appartenir à" (huparchein), selon la définition de la quiddité et "ce qui constitue" (Ex ôn).

C'est précisément là toute la question de l'opposition d'Aristote aux idées platoniciennes. C'est à partir de là qu'Aristote entend résoudre un grand nombre d'apories hénologiques : car il y s'agit de l'un et du multiple, de la partie et du tout, de l'antérieur et du postérieur. Il est manifeste que Spinoza connaissait cette matière chez Aristote et que tout le Livre I, surtout son commencement, révèle sa lecture d'Aristote (et via celui-ci Platon). Comme en outre jusqu'au Scolie de la proposition 10 il ne s'agit pas de la substance absolument infinie mais simplement infinie (et donc pas du Dieu monothéiste), on y décèle de façon plus claire ce qu'à pu être la lecture des Anciens par Spinoza en excluant les questions et commentaires scolastiques qui ne posent pas même le problème puisque, comme le CT, tout traité scolastique doit inévitablement commencer par Dieu ("que Dieu est" (an sit ?)). Or tel n'est pas le cas de l'Ethique qui commence par la question grecque : "qu'est-ce qu'une substance" ? Non par Dieu. Aussi ne doit-on pas s'étonner si ces questions hénologiques (et non encore ontologiques) prennent une forme dialectique, puisque la dialectique est précisément une forme de l'hénologie. Pour Aristote lui même (Topiques I 2) la dialectique permet de chercher les principes et (Anal. POst. II 8) une recherche dialectique (elle même constituée de démonstrations) peut montrer (indiquer dirait Spinoza) une essence pourtant indémontrable (et je répète que la Définition 6 n'est jamais à proprement démontrée. L'être n'est pas clôt).

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Messagepar hokousai » 27 mars 2007, 23:20

Miam dit
On évite la difficulté en choisissant l’acception 2°. Il résulte que deux substances possédant des attributs « différents » (diversa) peuvent posséder le « même » (idem) attribut.


C’est contraire à ce que pense Spinoza .
prop 1/2 deux substance ayant des attributs différents non rien de commun ente elles .

Imaginons que deux substances aient divers attributs différents , elles diffèrent par des attributs sauf un seul la pensée (par exemple ). Alors l’une et l’autre ont quelque chose de communs sont donc cause l’une de l’autre .L’une est produite par l’autre .
Or prop 6 une substance ne peu être produite par une autre substance .

Miam tente de réintroduire du platonisme dans Spinoza…..encore un effort…
à religieux , religieux et demi .

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Messagepar Miam » 30 mars 2007, 14:14

Parce que Platon était avant tout un théologien ? C'est la lecture corruptrice de Platon par l'Eglise qui fait de lui un théologien. Il n'y a pas même de ciel des idées chez Platon. Pas avant Plotin.

Hokusaï peut-il me dire pourquoi Spinoza ne passe pas directement de la Proposition 2 à la Proposition 6 comme il le fait lui-même ? Non, il ne le peut pas.

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Messagepar hokousai » 31 mars 2007, 14:07

à miam


Parce que Platon était avant tout un théologien ?
Est -ce que je vous ai dit ou suggéré que Platon était un théologien ?
Réponse :Non .
Je critique de votre choix, pas plus.

A vrai dire c’est cette partie de votre propos qui me paraissait la plus claira .Pour le reste je ne vois pas bien où vous allez .Il y en sans doute qui comprenne , pas moi .

Et puis Je ne vois pas vraiment que Spinoza soit hénologiste
Pour l’ Hénologie le principe n’est pas l’être mais l’ UN( Plotin ) ce qui ne me semble assez contraire à l’infini pluralité du Dieu de Spinoza . Mais vous voyez sans doute autre chose dans Hénologie .

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Messagepar Pourquoipas » 01 avr. 2007, 14:23

A Miam
Miam a écrit :(...)
pourquoi Spinoza ne passe pas directement de la Proposition 2 à la Proposition 6 ? (...)


Parce que, je crois, il s'agit d'en arriver à prouver qu'une substance est cause de soi et donc qu'elle existe (prop. 7), et pour cela de prouver qu'elle ne peut être effet d'autre chose que soi (prop. 6 et coroll.).
Pour en arriver là, il faut d'abord démontrer que deux substances ne peuvent être causes l'une de l'autre (et dans ce cas, il se pourrait qu'elles n'existent ni l'une ni l'autre) : on établit donc que deux substances à attribut(s) différent(s) n'ont rien de commun (prop. 2), qu'elles ne peuvent donc être causes l'une de l'autre (prop. 3).
Il faut alors prouver qu'il ne peut pas y avoir un (ou plus) attribut(s) commun(s) à deux (ou plus) substances : des choses (sens très général) distinctes ne se distinguant que par leurs attributs (= substances, déf. 4 rappelée in 4 Dm) ou leurs affections (prop. 4), il ne peut y avoir deux (ou plus) substances ayant un (ou plus) attribut(s) en commun [voir plus bas] (mais — c'est comme ça que je lis la 2e partie de la démonstration de 5 — deux substances [sous-entendu : à même(s) attribut(s)] pourraient bien avoir des affections différentes, elles n'en seraient pas moins indistinguables, considérées en soi, voir prop. 1 — la nécessité de l'ordre des affections ne sera prouvée que bien plus tard, prop. 29).
Et donc (prop. 6, qui relie la 5 et la 2), une substance ne peut être effet (produite par) d'une autre substance ni de quoi que ce soit d'autre (corollaire de 6).

Donc : une substance ne peut qu'exister, puisque cause de soi (prop. 7).

Sur la question de l'attribut commun à plusieurs substances : je crois (souvenir du cours vidéo de Moreau) que c'était aussi l'objection de Leibniz (tu es en bonne compagnie, Miam). La réponse à cela est : soit une substance ayant les attributs A, B, C, D et une autre ayant les attributs A, E, F, G, H. Elles ont donc en commun l'attribut A. Or l'attribut étant ce que l'entendement perçoit d'une substance comme constituant son essence, A exprime sans résidu l'essence de la substance 1 et aussi celle de la substance 2 : nous n'avons donc en fait qu'une seule substance ayant les attributs A, B, C, D, E, F, G, H.

Porte-toi bien
Dieu modifié en quelques milliers de SS a massacré Dieu modifié en quelques millions de Juifs et autres à l'aide de Dieu modifié notamment en Zyklon B, en Dieu modifié en baraquements d'extermination.


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