Deus sive Natura

Questions et débats touchant à la nature et aux limites de la connaissance (gnoséologie et épistémologie) dans le cadre de la philosophie spinoziste.
Serinus
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Deus sive Natura

Messagepar Serinus » 24 mai 2017, 09:21

Bonjour,

Si comme le considère Spinoza : Dieu est tout ce qui est, comment concevoir que ce qui existe précisément soit limité ? Je m'explique : les scientifiques admettent l'idée d'un espace-temps qui serait en expansion dans un tout, du vide. Or, si l'univers s'accroit dans le vide, il s'en trouve limité. Et si Dieu est la nature, alors Dieu est limité dans un plus grand ensemble, ce qui est incohérent.

Merci,
Serinus

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Henrique
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Re: Deus sive Natura

Messagepar Henrique » 26 févr. 2018, 11:16

"Les scientifiques disent que..." ce n'est pas une raison, c'est du ouï-dire... En fait quand ils emploient des mots, c'est rarement au sens où nous les employons au sens habituel. La puissance voire même la force dans le langage courant et en physique, c'est en fait très différent. Et quand il est question "d'antimatière" par exemple, cela ne signifie pas quelque chose de contraire à la matière, qui pourrait être l'esprit par exemple ou justement le vide, non c'est juste des atomes dont les protons et les électrons sont négatifs et positifs au lieu d'être positifs et négatifs. De même, le terme de vide en physique est à prendre avec des pincettes.

D'abord, le vide en physique, ce n'est pas rien. C'est censé au moins être de l'espace. Pendant longtemps les physiciens ont supposé entre les astres un ether qui remplissait l'espace. Aujourd'hui, l’éther comme support des ondulations lumineuses est abandonné, la lumière étant aussi composée de corpuscules mais cela ne signifie pas que le vide physique ne contienne rien à proprement parler. On appelle vide ce qui est dépourvu de "matière" ou de corpuscules mais le vide quantique reste plein d'énergie, sachant que la matière dans ce cadre, c'est de l'énergie, il n'y a donc guère de contradiction à supposer que l'ensemble de l'univers, c'est du vide ou encore que l'idée de matière, telle qu'on se la représente spontanément comme objets solidement définis et séparés les uns des autres n'est qu'une idée inadéquate, qui ne correspond pas à ce que Spinoza appelle étendue et corps.

Donc, quand bien seul l'univers connu existait, (voir la théorie du multivers), alors l'expansion de cet univers ne se ferait pas dans quelque chose d'autre que la nature, et qui donc la limiterait. La nature physique, c'est d'abord la nature naturante, autrement dit l'étendue sans forme ni limite particulière, ce qui peut tout à fait correspondre à ce que la physique appelle aujourd'hui le vide. C'est aussi la nature naturée, c'est-à-dire l'ensemble infini des modifications de cette énergie infinie que représente la nature naturante, autrement dit les corpuscules comme concentrations particulières d'énergie ou modes de la substance. Dans ce cadre, l'expansion de l'univers, comme n'importe quel mouvement est inscrit dans un espace-temps qui ne semble "passer" qu'en raison des limites de notre conscience et qui est en fait déjà entièrement déployé (voir la théorie de l'univers bloc en physique, notamment avec les conférences d'Etienne Klein).

Cette vidéo donne un aperçu scientifique de ce qu'on peut concevoir comme plénitude du vide (et qui montre que si elle n'emploie plus guère le terme d'éther, la physique contemporaine a retrouvé une certaine forme d'éther à travers le terme même de vide) :
https://youtu.be/J3xLuZNKhlY
Henrique Diaz
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