pensée analytique et pensée synthétique

Questions et débats touchant à la nature et aux limites de la connaissance (gnoséologie et épistémologie) dans le cadre de la philosophie spinoziste.
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cess
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pensée analytique et pensée synthétique

Messagepar cess » 08 août 2013, 12:43

Bonjour ,

Voici les mots qui m'interpellent actuellement:

- partie au Tout- Tout à la partie- intuition- raison- analogie ou même raisonnement par association- pensée synthétique -pensée analytique.


quelqu'un pourrait-il m'indiquer des références sûres concernant donc le champs des inférences de la psychologie cognitive jusqu'à la logique en passant par la philosophie ?

Merci d'avance
Bien à vous.

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Messagepar QueSaitOn » 08 août 2013, 15:11

Bonjour,

Pour ce qui est des concepts de "pensée analytique" et "pensée synthétique", je dirais: Kant. C'est lui qui a développé ces approches dans la "Critique de la Raison Pure".

Concernant l'analyse des relations entre Tout et Partie (ou bien l'universel et le particulier), toujours philosophiquement, peut être du côté de Hegel (dont la lecture est pour le moment au dessus de mes moyens philosophiques pour des questions de temps, mais sur ma liste de lecture néanmoins) ?

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Messagepar cess » 09 août 2013, 09:03

Merci ....lectures denses en perspectives...

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Messagepar QueSaitOn » 09 août 2013, 14:31

.. J'oubliais exusez moi, il y a le grand travail philosophique de Edgar Morin et son système de synthèse de la complexité (notamment la première partie "La nature de la nature").

Il y développe notamment une approche "dialogique" des rapports entre tout et partie (sans doute inspiré en partie par Hegel). Mais en tout cas beaucoup plus lisible que celui-là (et "dans le texte" en français :)).

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Messagepar Miam » 12 août 2013, 19:57

Quine critique la distinction analyse/synthèse et tente de montrer leur identité dans (sa) logique.
Meyer, quant à lui, entend montrer que l'histoire de la philosophie occulte le nécessaire double mouvement analyse/synthèse que l'on trouve chez Socrate en les faisant opérer séparément et en dissimulant ainsi le caractère hypothétique des principes.
Ceci peut valoir aussi pour Spinoza. Celui-ci n'est bien sûr pas analytique comme l'est Descartes. Au contraire toute sa physique (et parallèlement le processus cognitif) y est tout à fait synthétique. Mais elle s'accompagne, au moins secondairement, de déductions analytiques proche de la raison cartésienne. Du reste, les premières propositions de l'Ethique sont à la fois dialectiques et analytiques au sein d'une méthode proche du Parmenide de Platon.

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Messagepar cess » 15 août 2013, 10:15

Merci a Miam et Que sait on pour ces indications ....
a vanleer: je vous reponds sur l'autre fil des que possible et bonnes vacances!!.

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Messagepar QueSaitOn » 30 août 2013, 17:45

D'après Kant, me semble t-il, la Raison synthétique est directement liée à l'unification du divers de l'intuition sensible par l'entendement du sujet transcendantal. En d'autres termes, c'est le "je" qui unifie. Cette unification permet en retour une analyse par la Raison analytique des liens entre les choses en tant qu'extérieures les unes aux autres: la Raison analytiques se caractérise, me semble t-il par l'analyse des liens en extériorité.

Or ce fil ouvert par cess m'inspire cette réflexion: la Raison synthétique n'est elle pas au tout (ou à l'étude des rapports dialectiques entre tout et parties pas seulement le "tout" du sujet, ou disons sa totalité partielle) ce que la Raison analytique est à l'étude des "parties" entre elles en extériorité ? En d'autres termes la Raison synthétique qui enveloppe la Raisons analytique (mais je ne sais pas ce que dit Quine à ce sujet), est l'outil qui permet l'étude des interactions tout/partie.

De ce point de vue en effet, la pensée de Spinoza procéderait au départ d'une raison synthétique (étude de l'enveloppement des parties par le tout de la substance) pour mieux appréhender par la Raison analytique l'étude des parties ou corps en extériorité.

Mais on peut se demande si ce qui manque précisément dans l'Ethique ce n'est pas une plus grande place accordée à ces notions de tout/parties, ou disons de totalités partielles (partielles parce que en voie de totalisation d'une part, et d'autre part, en tant que parties de la substance) ce qui modifierait (peut être) considérablement l'ordre du déterminisme et de la chaîne de causalité.

En effet: une apprhénsion des déterminations par les totalisations partielles (composition des corps) autoriserait un déterminisme "de l'avant" autrement dit un déterminisme prenant en compte les circuits de rétroaction. Nous ne serions alors plus dans un spinozisme "affirmatif" à la lettre, mais dans une possibilité d'introduire des négations par la totalisation en cours (le tout niant les parties).

De manière général, on peut se demander si l'Ethique prend suffisamment en considération non seulement les relations tout/partie, mais encore les notions de "nouveautés qualitatives" vs "quantités" (même si les corps sont composés par d'autres corps) ?

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Messagepar hokousai » 30 août 2013, 23:28

En effet: une appréhension des déterminations par les totalisations partielles (composition des corps) autoriserait un déterminisme "de l'avant" autrement dit un déterminisme prenant en compte les circuits de rétroaction.

Qu' est ce que vous comprenez d'un peu plus explicite. J' avoue que ce que vous écrivez n'est pas très clair pour moi.

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Messagepar QueSaitOn » 31 août 2013, 01:28

Je me demandais principalement dans quelle mesure le déterminisme de Spinoza prenait bien en compte la notion d'interactions entre tout et parties, et notamment l'aspect qualitatif (à savoir le tout est plus que la somme des parties, alors que dans le cadre de la "Raison analytique", le tout est égal à la somme des parties).

Ici "tout" signifie "tout partiel" c'est à dire totalisation en cours dans une région de l'Univers (non pas le "tout" de la substance).

Mais peut être la réponse se trouve t-elle dans la définition VII de la partie II, c'est à dire le fait que

Si plusieurs individus concourent à une action unique, de telle sorte qu'ils soient tous simultanément la cause, d'un même effet, je le considère tous dans cette mesure comme une seule chose singulière


Pas sûr que cela mette en évidence l'effet de rétroaction (et de plus, le "saut" qualitatif des parties au tout) entre un unique effet et ses causes simultanées.

Bien à vous,

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Messagepar Vanleers » 31 août 2013, 16:09

A QueSaitOn

Vos réflexions m’ont fait penser à un article d’Henri Atlan dont je cite le passage suivant :

« L’esprit n’émerge pas de la matière comme s’il était causé par elle, de même qu’il ne cause pas le corps dont il est l’idée, ni aucun autre. Il y a émergence de la complexité matérielle du cerveau à partir des éléments plus simples – les neurones et leurs connexions – qui le constituent. Et il y a émergence de l’esprit, idée du cerveau (ou, plus précisément, du corps) à partir des idées des neurones, étant entendu, comme on l’a vu en commençant, que l’idée d’un neurone, comme d’un électron ou d’une pierre, n’est pas autre chose que sa loi d’organisation et de fonctionnement. Celle-ci est plus simple, bien que relevant aussi de l’attribut Pensée, que l’idée du corps humain, c’est-à-dire l’esprit humain. Les propriétés de celui-ci émergent de l’ensemble des interactions entre les idées des constituants du corps. L’esprit et le corps humain ont ainsi tous les deux des propriétés émergentes de leurs constituants. Mais ils sont tous deux, ainsi que leurs constituants respectifs, deux aspects de mêmes choses vues sous un attribut ou un autre. »

« Le décret de la volonté » in La théorie spinoziste des rapports corps/esprit – Hermann 2009

Bien à vous


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