Pouvons-nous connaître les essences singulières ?

Questions et débats touchant à la nature et aux limites de la connaissance (gnoséologie et épistémologie) dans le cadre de la philosophie spinoziste.
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Vanleers
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Re: Pouvons-nous connaître les essences singulières ?

Messagepar Vanleers » 16 juin 2015, 10:04

A NaOh

Je reviens sur une réflexion que vous avez publiée sur un autre fil car elle me paraît avoir un rapport avec ce dont nous débattons ici. Vous écriviez :

« Je crois que la spécificité de Spinoza tient au caractère non instrumental de l’usage de la raison ou de la perception des vérités, comme l’exprime, entre autre, la proposition E VI 26 que j’ai rappelée. On ne connaît pas pour mieux agir, la connaissance n’étant pas un moyen en vue d’une fin. C’est la connaissance au contraire qui nous nécessite à agir mieux ou à bien agir. »

E IV 26 énonce :

« Tout ce à quoi nous nous efforçons par raison, ce n’est rien d’autre que comprendre ; et l’Esprit, en tant qu’il use de raison, ne juge lui être utile que ce qui contribue à comprendre. »

J’ai rappelé, dans un post précédent, qu’E V 28 démontrait que le désir se connaître les choses par le troisième genre de connaissance ne peut naître du premier genre mais qu’il le peut du deuxième.
Pourquoi ?
Non pas parce qu’il faudrait avoir accumulé suffisamment de connaissances du deuxième genre (connaissances scientifiques), mais parce qu’il est d’abord nécessaire d’exister vraiment.
Tant que nous sommes pris dans les rets de la connaissance du premier genre, c’est-à-dire de l’imagination (au sens du simpliciter imaginamur d’E V 5 dém.), nous n’existons pas vraiment. Pierre Macherey, que j’ai déjà cité, écrit :

« […] les mécanismes de l’imagination projettent en quelque sorte l’âme à l’extérieur d’elle-même et la dépossèdent de sa maîtrise sur les représentations qui se forment en elle ; elle est alors empêchée de prendre en considération son vrai bien, […] » (Introduction… V p. 142)
Il ajoute :
« […] il faut que, par une expurgation ou épuration (emendatio) préalable, l’âme soit libérée du poids des idées inadéquates qui la mettent en opposition avec elle-même et gênent le développement de son propre conatus. » (ibid.)

C’est ce que réalise la pratique de la connaissance du deuxième genre, c’est-à-dire la raison, avec ses règles et ses procédures démonstratives.
Notons que la raison, que Spinoza définit en E II 40 sc. 2 comme étant la connaissance du deuxième genre, trouve une meilleure définition dans la démonstration d’E IV 26, précisément :

« Mais l’essence de la Raison n’est rien d’autre que notre Esprit en tant qu’il comprend clairement et distinctement »

Nous voyons, comme vous l’avez écrit, que la raison, selon Spinoza, n’est pas une raison instrumentale puisque c’est elle qui nous fait exister.
En d’autres lieux, on dirait que la raison constitue le sujet mais, en termes spinozistes, dire que la raison nous fait exister, c’est dire qu’elle nous rend cause adéquate de ce que nous faisons et pensons. Dans ce cas, ce que nous faisons ou pensons peut s’expliquer par nous seuls (E III déf. 1 et 2). Dit autrement, nous sommes actifs, libres.
En termes non spinozistes à nouveau, on dira que l’imagination est notre principale source intérieure d’aliénation. La raison n’est pas instrumentale mais libératrice.
Dès lors, nous devrions nous poser la question de savoir si, lorsque nous abordons une philosophie ou, plus généralement, un système de pensée, c’est notre imagination qui est à la manœuvre ou bien notre raison, c’est-à-dire notre esprit en tant qu’il comprend clairement et distinctement.

Bien à vous

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Re: Pouvons-nous connaître les essences singulières ?

Messagepar NaOh » 16 juin 2015, 15:48

A Vanleers,

J'ajouterais à votre considération sur la raison "désaliénante" ou libératrice, la nécessité de sa présence en chaque homme et par suite, sa dynamique immanente et sa force propre.

En effet selon la proposition 38 II "Ce qui est commun à toutes choses et se trouve également dans le tout et dans la partie, ne se peut concevoir que d'une façon adéquate."

La démonstration de la proposition s'appuie sur le fait que l'idée qui est commune à un corps extérieur et au corps humain est nécessairement perçue par l'âme humaine comme elle se trouve en Dieu en tant qu’il constitue à la fois l’idée de ce corps et l’idée du corps humain.

Comme la cause d’une idée inadéquate est que Dieu forme l’idée d’un corps d’une nature différente en même temps qu’il forme l’idée du corps humain, une telle propriété commune est nécessairement perçue adéquatement puisqu’elle ne diffère pas dans l’un et l’autre corps.

Nous avons donc au sein même du 1er genre de connaissance, dans l’expérience que nous faisons de nos corps et des autres corps, des idées adéquates qui sont comme enveloppées dans celle-ci. Je pense donc qu’il y a une tendance, un conatus propre à la vie rationnelle, qui est toujours déjà là, dans ses prémisses, en attente de développement mais que l’imagination « inhibe » en quelque façon. Cette inhibition est liée au trop grand nombre de choses différentes que l’âme perçoit en même temps, et qu’elle ne peut spontanément « enchaîner selon un ordre pour l’intellect ».Mais les notions communes, celles d’espace matériel et de mouvement par exemple, jettent les bases de cet « ordre ». Peut-être est-il possible de faire une lecture « optimiste » de Spinoza en ce sens que la raison revendique nécessairement ses droits et tend d’elle-même en chaque homme à s’accroître au fur et à mesure qu’il expérimente plus de choses…

Qu’en est-il du troisième genre de connaissance? Est-il de la même manière « enveloppé » dans la connaissance du second genre, comme je crois que le second l’est dans le premier ?

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Re: Pouvons-nous connaître les essences singulières ?

Messagepar Vanleers » 17 juin 2015, 13:42

A NaOh

Comme le démontre E II 36, d’une idée inadéquate ne peut suivre qu’une idée inadéquate :

« Les idées inadéquates et confuses suivent les unes des autres avec la même nécessité que les idées adéquates, autrement dit claires et distinctes. »

Nous pouvons toutefois former une idée adéquate d’une idée inadéquate, au moins partiellement, c’est ce que Spinoza démontre en E V 3.
Il commence par rappeler qu’un affect est une idée et, plus précisément, qu’une passion est une idée confuse (en vertu d’E III déf. 3)
Il rappelle ensuite qu’entre une idée et l’idée de cette idée, il n’y a qu’une distinction de raison (en se référant à E II 21 et sc.)
Comme il n’y a qu’une distinction de raison entre une idée confuse et l’idée claire et distincte de cette idée confuse, Spinoza en déduit, en vertu d’E III 3, que si nous formons une idée claire et distincte d’une passion, celle-ci cesse d’être une passion.
Ceci est clair mais lisons le corollaire :
« Un affect est donc d’autant plus en notre pouvoir, et l’Esprit en pâtit d’autant moins, qu’il est plus connu de nous ».

Avant de lire le corollaire, on pouvait comprendre qu’une idée confuse était remplacée en totalité par une idée claire et distincte.
Or, ici, Spinoza indique que ce n’est pas nécessairement le cas et que nous pouvons avoir des idées claires et distinctes de « parties » de l’idée confuse qu’est l’affect.

Quant à l’« enveloppement » de la connaissance du troisième genre dans celle du deuxième genre, je ne vois pas que Spinoza en parle nettement.
Le corollaire 2 d’E II 44 précise bien que « Il est de la nature de la Raison de percevoir les choses sous un certain aspect de l’éternité (sub quadam aeternitatis specie) », ce qui la rapproche de la connaissance du troisième genre, mais est-ce suffisant pour parler d’« enveloppement » ?

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Re: Pouvons-nous connaître les essences singulières ?

Messagepar Vanleers » 18 juin 2015, 11:58

A NaOh

Je prolonge votre réflexion sur la raison « désaliénante » en revenant au sujet et en citant Jean-Pierre Vandeuren qui parle de

« […] la connaissance du troisième genre qui soustrait l’homme à l’aliénation de l’imaginaire et l’ouvre à un amour intellectuel de Dieu grâce à la liaison immédiate qu’elle effectue entre notre essence individuelle et la Nature naturante. »

Je retrouve l’idée que la connaissance du troisième genre est la connaissance intuitive du lien immédiat entre notre essence et Dieu et que cette connaissance suffit pour nous désaliéner de l’imaginaire.
Cette connaissance nous transporte, au moins dans un premier temps, très loin des préoccupations qu’entretient notre imagination (connaissance labyrinthique du premier genre).

Bien à vous

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Re: Pouvons-nous connaître les essences singulières ?

Messagepar NaOh » 30 juin 2015, 11:47

A Vanleers,

Une comparaison de Maine de Biran au sujet de l'intuition: "les yeux sont ouverts et l'on voit sans effort". L'on sait qu’étymologiquement "l'intuitio" est le regard, ce qui est saisi d'un coup d’œil.

Vous avez évoqué un peu plus haut l'exemple de la quatrième proportionnelle. Je crois qu'une propriété importante de cet exemple est sa simplicité . Nous voyons effectivement sans calculer, sans fournir un effort (comme le remarque Maine de Biran) que ce que 1 est à 2, 3 l’est à 6. Nous sommes affectés de cette vérité comme notre œil l’est par les rayons que réfléchissent les objets visibles.

Dans le Court Traité Spinoza déclarait même de manière assez étonnante : « il faut remarquer que le comprendre (quoique le mot paraisse indiquer le contraire) est un fait purement passif, c’est-à-dire que notre âme est modifiée de telle manière qu'elle éprouve certains modes de connaissance qu'elle n'avait pas auparavant. »

La connaissance du 3eme genre pourrait alors décrite en terme « d’affection par la vérité ».

Que tout soit et se conçoive par Dieu cela peut se comprendre de deux manières : 1) comme une proposition vraie que nous comprenons parce que nous l'inférons de ceci : que Dieu est 2) comme une saisie de ce que signifie cette proposition à même une chose singulière quelconque et dont nous faisons l’expérience.

Dans ce dernier cas, nous sommes simplement affectés par la chose même qui est entraînée par la proposition « chaque chose est et est conçue en Dieu », bien que nous ne formions pas ce raisonnement. L'appréhension du sens dans certains cas du moins ( comme dans une définition par ostension) n'est pas inférentielle.

S’il est vrai que tout est et se conçoit par Dieu, alors il doit y avoir une saisie de ce qui découle de cette même vérité, à savoir une connaissance de la dépendance singulière de l'essence d'une chose à l'essence de Dieu.

Bien à vous.

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Re: Pouvons-nous connaître les essences singulières ?

Messagepar Vanleers » 30 juin 2015, 16:52

A NaOh

Vous citez le Court Traité. Voici ce qu’en dit Pascal Sévérac :

« De façon générale, dans le Court Traité, toute perception d’objet est comprise comme un effet de cet objet dans l’esprit : avoir une idée signifie recevoir ou accueillir une forme ou un mode de penser, qui est « perception de la forme » de l’objet lui-même (CT II 15/5) » (p. 109)

« Spinoza est ici [avec E II déf. 3] au plus loin de la thèse toute cartésienne, qu’il soutenait encore dans le Court Traité : celle de la passivité de l’esprit. » (p. 148)

P. Sévérac explique ensuite quel chemin a parcouru Spinoza entre le Court Traité et l’Ethique mais je ne le cite pas.
Pourrait-on néanmoins se fonder sur un ouvrage dépassé par Spinoza lui-même pour, si je vous ai compris, parler de passivité de la connaissance du troisième genre ? Pour l’instant, je ne vois pas.

Bien à vous

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Re: Pouvons-nous connaître les essences singulières ?

Messagepar NaOh » 30 juin 2015, 17:42

Vanleers a écrit :Pourrait-on néanmoins se fonder sur un ouvrage dépassé par Spinoza lui-même pour, si je vous ai compris, parler de passivité de la connaissance du troisième genre ? Pour l’instant, je ne vois pas.


Oui c'est ma suggestion. Non pas tant, cependant une passivité qu'une certaine disponibilité. Une fois débarrassé des diverses scories imaginaires, le "regard" de "l'intuitio" devient disponible, réceptif à la manifestation singulière du vrai. Pas d'effort ici ( au sens de l'effort que demande la progression discursive) mais appréhension directe.

Bien à vous.

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Re: Pouvons-nous connaître les essences singulières ?

Messagepar Krishnamurti » 30 juin 2015, 21:29

« il faut remarquer que le comprendre (quoique le mot paraisse indiquer le contraire) est un fait purement passif, c’est-à-dire que notre âme est modifiée de telle manière qu'elle éprouve certains modes de connaissance qu'elle n'avait pas auparavant. »
On retrouve cette idée chez Krishnamurti il me semble. Comprendre c'est être attentif.

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Re: Pouvons-nous connaître les essences singulières ?

Messagepar NaOh » 02 juil. 2015, 11:49

A Vanleers et Krishnamurti,


A mon avis, on aurait tort de faire peser sur la connaissance du 3eme genre la condition selon laquelle, elle devrait impliquer la connaissance de tous les prédicats de la chose. Car s’il est exact que la connaissance du 3eme genre est « non prédicative » alors nous n’avons pas à connaître l’infinité de déterminations qui participent à la délimitation de l’essence de chaque chose singulière.

La chose, en effet, est impossible à un esprit fini comme est le nôtre, mais peut-être aussi, et c’est là ma suggestion, n’est-elle pas nécessaire pour comprendre "selon le 3eme genre de connaissance".

La proposition 24 du livre V de l’Ethique semble indiquer que la connaissance que chaque chose singulière est « de » Dieu est suffisante : il y a une connaissance de la chose singulière qui est à notre portée et qui est immédiatement connaissance de Dieu.

Mon hypothèse est alors que la connaissance du troisième genre relèverait plutôt d’un « sens » du divin en chaque chose, connaissance qu’il faudrait mettre en contraste avec ce que j’appelle la « connaissance prédicative ». Mais est-il possible de définir plus précisément cette expression de « sens du divin » qui telle quelle est bien vague?

On parle d’avoir le « sens du rythme » par exemple, et l’on veut signifier par là une certaine aptitude à discerner, reproduire et faire varier harmonieusement des éléments rythmiques donnés. Un individu qui n’aurait pas le « sens du rythme », perçoit pourtant la même chose que celui qui en est pourvu, mais se montre moins apte à faire ce que fait ce dernier. Je veux insister sur le fait que ces deux individus ont affaire aux mêmes données, le « sens » dont il est question ne consiste pas à percevoir quelque chose de plus ou de moins pour l’un ou pour l’autre. C’est plutôt une différence dans la compréhension des mêmes données, une nuance dans la manière dont nous les « phrasons ».

Je rapproche cette notion de « différence dans la compréhension, toutes choses égales par ailleurs », de la locution fréquente dans l’Ethique, qui veut que sous certaines conditions nous percevions les choses « sub specie aeternitatis ».

On pourrait traduire cette locution littéralement par « sous l’aspect de l’éternité ». Au sens passif en effet « species » signifie : « aspect », « physionomie », « air », « apparence ». Là aussi, comme pour « l’intuitio », le champ sémantique est celui de la vue, du regard. Il est question de quoi les choses « ont l’air » à un certain « regard ».

Ce « sens » du divin en chaque chose, par quoi nous les « percevons sous l’aspect de l’éternité », n’est pas l’acquisition d’une connaissance nouvelle, elle ne consiste pas en particulier à connaître le maximum de prédicats de la chose, mais elle est attention à ce à quoi les choses "ont l’air" compte tenu qu’elles sont « de » Dieu. Il y aura des gens aveugles à cet « aspect » d’éternité des choses, d’autres non. C’est pourtant le même monde dans les deux cas.

Salutation.

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Re: Pouvons-nous connaître les essences singulières ?

Messagepar Vanleers » 02 juil. 2015, 17:25

A NaOh

Je vous rejoins en ce sens que, depuis le début sur ce fil, j’argumente pour soutenir que la connaissance du troisième genre n’est pas la connaissance des essences singulières.
Ce n’est pas comme cela que Spinoza la définit en E II 40 sc. 2.
Il s’agit de la connaissance que tout dépend de Dieu.
Cette connaissance a déjà été établie dans la Partie I de l’Ethique par voie démonstrative.
De ce point de vue, la science intuitive ne nous apprend rien de plus mais, comme l’écrit Spinoza en E V 36 sc., elle affecte davantage notre Esprit car nous tirons « cette conclusion de l’essence même d’une chose singulière quelconque que nous disons dépendre de Dieu ».

Le scolie d’E V 23 énonce que « nous sentons et expérimentons que nous sommes éternels ».
Ne s’agit-il pas là de science intuitive ?
On dirait alors tout autant que nous sentons et expérimentons que tout dépend de Dieu, ce qui rejoint peut-être ce que vous appelez le « sens » du divin en chaque chose.

Bien à vous


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