Musique

Questions philosophiques diverses sans rapport direct avec Spinoza. (Note pour les élèves de terminale : on ne fait pas ici vos dissertations).

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Musique

Messagepar recherche » 10 août 2012, 15:49

Bonjour,

Puis-je vous demander si la musique vous a déjà appris quelque chose ?

J'ai bien sûr conscience de m'adresser aux philosophes que vous êtes.

Merci

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Miam
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Messagepar Miam » 10 août 2012, 22:29

Si tout affect de joie active est à la source de la connaissance en acte, il va de soi que, comme tous les autres arts, la musique peut participer à une telle connaissance.

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LARRY
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Messagepar LARRY » 13 août 2012, 16:25

Ce que la musique, autant que la peinture et autres arts, m’ont appris, en plus de la joie immédiate de la connaissance en acte dont parle Miam, c’est que l’Art est quelque chose qui échappe au temps traditionnel de sa création et à la durée…Car j’ai beau être bien conscient en écoutant Mozart où Debussy que leurs musiques s’inscrivent dans deux siècles différents, ce que je ressens fortement est identique et comme hors du temps…
C’est, d’ailleurs, le même ressenti devant deux sculpteurs aussi puissants que Michel-Ange et Henry Moore, ou des peintres comme Rembrandt et Picasso, pourtant si éloignés dans le temps…
L‘Art n’étant pas transcendant, comment expliquer qu’il existe pour nous comme une présence permanente et… bien mystérieuse…

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Messagepar Miam » 19 août 2012, 23:10

A priori, je dirais que ce qui constitue cette "présence mystérieuse", c'est l'affect qui accompagne la production de l'oeuvre (non pas celle que figure éventuellement cette oeuvre).
Et je crois que cela vaut pour toute production, sinon que la production artistique dispose (en principe) de plus de liberté pour exprimer cet affect. Avez-vous lu Walter Benjamin ?

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Messagepar LARRY » 20 août 2012, 16:27

L’affect qui accompagne la production de l’œuvre est en effet primordial car l’œuvre n’existerait pas sans lui, mais une fois achevée, elle a ce « pouvoir » de nous toucher où non selon la personne, ou l’époque ( songeons au rejet que subirent en leur temps Van Gogh ou Gauguin )…
Il n’empêche que ce qui a motivé et animé l’artiste en créant l’œuvre est sans doute ce qui constitue, en effet, sa « présence » permanente, puisque l’intérêt qu’elle suscite peut naître et mourir mais renaître selon les temps et les spectateurs.
L’affect que figure éventuellement cette œuvre, je suis bien d’accord Miam, n’est intéressant que de surcroît, si je puis dire… Par exemple, le fameux tableau de Munch : « le cri » exprime bien le sentiment tragique de son auteur mais c’est son talent à le peindre qui fait qu’on s’y intéresse particulièrement, et plus qu’à d’autres qui abonderaient dans cette veine... De même les sculptures de la cathédrale d’Autun ne me touchent pas en premier lieu par leur message chrétien…

Bref, il semble qu’il y ait une valeur permanente d’une œuvre d’art réussie, imputable à son auteur, et que ne peuvent désarçonner les aléas de sa réceptions, une valeur que j’ai appelé : « présence » qui ne laisse pas d’être mystérieuse…

Non, je n’ai pas lu Walter Benjamin mais wikipédia, en attendant, me renseigne sur l’idée qu’il se faisait de la reproductibilité technique de l’œuvre d’art… A son avis la reproduction à de multiples exemplaires de l’œuvre ne pouvait que briser ce qu’il appelle son « aura », c’est-à-dire son caractère unique, mais je ne crois pas du tout, pour ma part, que l’unicité de l’œuvre originale en soit entamée… Les copies sont des copies, et fort utiles d’ailleurs pour élargir dans l’espace la connaissance de l’original ! Lui seul est la référence et celui qu’on rêve toujours d’approcher un jour… comment aurais-je pu connaître, adolescent, tel ou tel peintre moderne dans mon pensionnat si je n’avais eu sous les yeux les photos et reproductions des tableaux des Matisse, Picasso, Léger etc ?… Je n’ai eu de cesse par la suite de voir les originaux…

Le danger de la pensée de Benjamin c’est de considérer que puisque l’original est reproductible il perd sa qualité unique et donc toute copie est aussi valable que lui.
L’original étant ainsi banalisé on n’est pas loin de dire, comme certains, que c’est l’observateur qui « fait le tableau »…

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Messagepar Miam » 22 août 2012, 13:11

J'ai mentionné Benjamin dans seule la mesure où il distingue dans l'oeuvre d'art une composante de liberté orientée vers l'avenir et une composante de codes et de contraintes sociales, ce qui, à mon avis, peut aussi bien se rencontrer en d'autres proportions dans toute production.

Quant aux copies, je suis d'accord avec toi.

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Messagepar LARRY » 25 août 2012, 09:48

D’une lecture plus approfondie de Walter Benjamin, notamment : "L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée", je retiens son idée de la fonction évolutive dans le temps de ce qu’il est convenu d’appeler : l’expression artistique… Fonction magique première au temps de la préhistoire, puis fonction religieuse et de glorification qui se mue, par la démultiplication des images, en une fonction plus grande de lien ou de partage social dont la photo et le film offrent de bons exemples, ou le disque pour la diffusion de musiques, chants, etc…
A l’œuvre unique et parfaite succède l’œuvre multiple et accessible en tous lieux… Mais faut il opposer un art de masse à un art d’élite pour initiés, comme il semble le faire ? Comme je l’ai dit plus haut, je ne crois pas que " l’aura " de l’œuvre unique soit diminuée du fait de sa plus grande accessibilité et diffusion… Mais, à tout le moins, il faut que cette valeur initiale existe, qu’elle nous touche vraiment et que la médiocrité d’un certain " art contemporain", par exemple, ne trouve pas son excuse ou sa raison d’être dans l’ignorance supposée du plus grand nombre…

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Messagepar LARRY » 26 août 2012, 10:30

On sait que Spinoza n’a pas donné à l’Art une importance particulière, du moins autre que celle d’un « exercice » du corps comme un autre, d’une affirmation de sa puissance qui concourent à son bonheur, mais est-elle vraiment distincte d’une quelconque puissance de l’esprit..?
L’imagination propre de l’auteur d’une œuvre entre en jeu avec son talent, ses aptitudes acquises… Mais j’ai peine à croire qu’une part de l’esprit ou de la raison en soit absente…
Aïe ! J’ai encore du mal avec ce cher Bénédicte…

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Messagepar LARRY » 08 sept. 2012, 18:04

E3- DEFINITIONS DES PASSIONS
Définition 4
L'admiration est cette façon d'imaginer un objet qui attache l'âme exclusivement par le caractère singulier de cette représentation qui ne ressemble à aucune autre (voy. Propos. 52 et son Schol.).

Définition 10
La dévotion, c'est l'amour d'un objet qu'on admire.
Explication : Nous avons montré dans la Propos 52, partie 3, que l'admiration naît de la nouveauté des choses. Si donc il nous arrive d'imaginer souvent un objet que nous admirons, nous cesserons de l'admirer. Ce qui fait voir que la passion de la dévotion dégénère aisément en simple amour.


Si, effectivement, l’admiration peut s’emparer de moi à entendre une musique singulière inouïe, ou toute expression artistique "qui ne ressemble à aucune autre ", je m’étonne que Spinoza veuille que je cesse de l’admirer, par « usure » d’audition ou de contemplation, si je puis dire…pour y substituer le "simple amour"…

L’admiration naît elle uniquement de "la nouveauté des choses" ?
Pourquoi suis-je toujours aussi étonné et admiratif d’une œuvre, autant que je puisse l’aimer d’ailleurs, jour après jour, année après année ?

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Messagepar LARRY » 12 oct. 2012, 12:11

Selon Spinoza, l’admiration qui se transforme en amour est sans doute un passage subtil d’un affect à l’autre qui néanmoins le contient toujours.

Il peut aussi y avoir admiration sans aucun amour, mais j’ai simplement contesté que la nouveauté soit la cause unique qu’il en donne ; ( mais, avait-il la prétention de tout dire de tous les affects ?)

Car, si elle ne naissait que de la nouveauté des choses nous aurions cessé d’admirer la Joconde depuis longtemps, ou le David de Michel-Ange !
Et on comprendrait mal pourquoi la peinture impressionniste, ou la musique de Wagner ne furent pas d’emblée acceptées avec enthousiasme vu leur grande nouveauté en leur temps…

Non, l’admiration ne dépend pas de la seule nouveauté, mais qu’est- ce que c’est, finalement, que cette "présence" des œuvres qui nous parlent, comme elles ont parlé à d’autres, parfois depuis des siècles ?

"L’affect qui accompagne la production d’une œuvre", comme dit Miam, mais alors par la vertu de l’œuvre elle-même, c’est ça qui m’étonne, l’affect y étant inscrit comme dans un disque, et toujours prêt à se livrer à nous ?

Voilà ce qui reste un questionnement pour moi, devant toute expression artistique : que ce soit la musique, sujet premier de ce fil, (merci bien recherche), ou autres manifestations.


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