L' "après-Charlie"

Actualités et informations diverses sur Spinoza, la philosophie en général ou regards spinozistes sur l'actualité.
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Messagepar sescho » 21 janv. 2015, 12:45

J'ai hésité à ouvrir ce fil, me demandant s'il était bien utile d'entrer - sans même parler d'un "syndrome Diana" - dans le souffle d'un mouvement populaire certes de forte puissance mais avec des composantes conjoncturelles fortes tout en même temps, plutôt que de passer du temps sur les fondamentaux universels d'une philosophie vécue.

Mais :

1) Si qui que ce soit avait pris l'initiative de l'ouvrir, j'aurais participé.

2) Si une telle série d'événements n'ouvre pas - au moins : après participe qui veut... - un fil ici, alors que veut dire "philosophie à vivre" (même s'il est bien clair que l'éthique y est majeure et d'abord un enjeu qui se joue à l'échelle individuelle) et que fait là le sous-forum "Actualités" ?

3) L'enjeu de fond est sans aucun doute majeur pour le pays (et l'Europe, et le Monde), et il n'est pas conjoncturel, lui : cela fait longtemps que l'eau frémit sous le couvercle, et la vapeur est en train de passer de plus en plus sur les bords. Si les actions qui seront prochainement engagées ne soulèvent pas le couvercle...

Je signale qu'une discussion impromptue et inhabituelle récente, quelque peu "prémonitoire" (en fait, il ne s'agit que du constat du 3) ), a eu lieu au milieu du fil Egotisme et culpabilité.


Sinon, ce sera au moins l'occasion de ré-ouvrir le Traité Politique, peu cité en général... :-)
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Re: L' "après-Charlie"

Messagepar sescho » 21 janv. 2015, 15:39

Avant que de procéder à une nouvelle lecture du Traité Politique, je voudrais juste donner en gros mon sentiment du moment (susceptible d’évoluer, donc...) :


1) S’agissant des faits, à la fois très graves et conjoncturels :

- L’islamisme radical (en particulier le salafisme, s’appuyant sur les passages du Coran les plus violents), n’est pas nouveau. Qu’une fatwa ait été émise – il y a pas mal de temps – par ce courant à l’encontre de membres de Charlie Hebdo pour la publication de caricatures de Mahomet n’est pas non plus une grosse surprise dans ce cadre.

- Que des français issus de certaine immigration soient « paumés » au point de passer du désœuvrement à la délinquance (problèmes nettement plus étendus) et à une sorte de pseudo « renaissance spirituelle active » dans le djihadisme n’a rien de vraiment surprenant non plus. Avant les événements, ils n’apparaissaient pas antipathiques, ni délinquants incurables, ni n’étaient identifiés comme psychopathes médicalement avérés (même s’il n’y a pas de véritable frontière en la matière.) Ils étaient relativement bien entraînés à l’action militaire, mais beaucoup d’éléments dans le déroulement des faits montrent aussi de l'amateurisme. Donc ils constituent, en France, une frange extrême d’un problème beaucoup plus massif.

On peut relever aussi à ce titre, à l’extrême, la présence de « zones de non-droit », pourtant arrosées plus que toutes autres de prestations diverses et autres dispositifs préférentiels, subventions, etc. où les services de l’État, et même pour commencer ceux de la Force publique, sont agressés : chose tout simplement inacceptable pour les véritables démocrates universalistes. Encore pire - avec en parallèle l'expulsion par les salafistes des chrétiens d'Orient, présents depuis plus d'un demi-millénaire avant l'Islam, ou encore l'agression permanente des Coptes - : la forte pression sur la population juive, présente, elle, depuis 2 000 ans sur le sol de France. Cela c'est même quasiment une déclaration de guerre à la démocratie française ; et elle n'est pas nouvelle...

- La combinaison des deux n’a donc rien non plus d’un OVNI, d’autant moins que l’Europe est largement une passoire. Elle montre bien par contre que conjointement avec les lacunes d’intégration en France précédentes, il y a plus ou moins un sentiment d’appartenance à des nations (pays d’origine), « races » (pan-arabisme) ou religions (pan-islamisme) – avec tout en même temps d’énormes dissensions à l’intérieur – exogènes.

- Le Soufisme montre que l'Islam est compatible avec la plus haute Spiritualité. Et l'imam de Drancy, qu'on a beaucoup vu, m'est apparu d'une ouverture et d'une élévation rares (bienheureusement.)

- L’État de Droit en France n’est pas négociable. Il n’y a pas de « mais » qui tienne du tout (le Politiquement correct est en réalité anti-libéral – au sens fort – et en revanche véritable défaite de la Raison.) En Démocratie est bien ce qui est légal, mal ce qui est illégal, point.

Les rescapés de Charlie Hebdo ont eu la meilleure réaction (non réactive) qui puisse être en ne cédant pas un pouce à la psychopathologie (ce qui serait l’encourager, soyons-en sûr), tout en y associant le message le plus positif qu’on puisse espérer en la circonstance. Après on peut (ou doit) prendre en compte les faits et probabilités associées, et choisir en toute liberté (ce qui donc ne préjuge de rien...) d’appuyer ou non sur certains aspects.


2) Grand principe de traitement :

Ne rien céder dans les principes au poison humain, exprimé ici sous la forme des 4 catégories en deux sous-couples de la fausse motivation de Paul Diel :

- Vanité (orgueil, prétention, don de leçon, vexation, "se sentir blessé", etc. et toute autre forme d’aberration) et
- Culpabilité (sentiment de -)
- Accusation (le Juge selon Don Miguel Ruiz) et
- Sentimentalisme (la Victime selon Don Miguel Ruiz)

Je remarquerais en passant à nouveau que ceci semble être un résumé du Politiquement correct... si un substrat de véritable Générosité n’y était pas quand-même plus ou moins perceptible.

Mais se laisser porter à la fois par :

- La fermeté d’âme, qui impose à la fois une vision universelle et le pragmatisme le plus strict possible (s’agissant d’orientations de l’action.) Ceci implique en particulier de s’en tenir aux faits, et de considérer comme responsable d’un acte sa cause prochaine, savoir l’acteur lui-même (sauf cas extrêmes, bien sûr, mais qui ne sont que rarissimes exceptions confirmant la règle), suivant la Loi.

Ne porter aucun jugement de valeur morale.

Ne faire référence au passé (qui n’existe plus, sauf en souvenir) que pour en tirer des indications pour le futur. (Donc, ceci même si le déroulement des évènements était sous-tendu par un déni permanent de démocratie, des mensonges, etc., etc.)

- La Générosité, qui impose de toujours seconder chez les hommes ce qui appartient à la Raison.


3) Principes de traitement :

- Volet protectionniste : empêcher l'importation de facteurs de problèmes (y compris par aller et retour), renvoyer les facteurs de problèmes étrangers et condamnés.

- Volet répressif : lutter de façon accrue par tous les moyens légaux disponibles contre l’expression concrète des mécanismes passionnels.

- Volet incitatif : favoriser de façon accrue par tous les moyens légaux disponibles les mécanismes d’accroissement de la Fermeté d’âme et de la Générosité.
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Re: L' "après-Charlie"

Messagepar sescho » 21 janv. 2015, 20:35

Je viens de regarder le Grand Journal de Canal+ (chaine qui est un pilier du Politiquement correct, mais qui le revendique, et avec un certain talent, enfin parfois) : on n'est pas sortis de l'auberge...

Encore une fois, certains porte-paroles des "quartiers" sont dans un déni de responsabilité total (la projection de ses fautes sur autrui étant la base de la paranoïa), encouragés dans cette psychopathologie par le Politiquement correct (vraiment un très grave tir de balle dans le pied ; une rafale plutôt...) : c'est à cause des politiques menées, à cause des "bavures policières", de la BAC Nord, à cause d'une "ghettoïsation" prétendûment orchestrée (ils se trouvent là où c'est le mieux subventionné, et les autres se sont échappés, voilà tout), à cause d'une pauvreté elle-aussi orchestrée, malgré toutes les subventions, à cause du racisme ambiant - dont ils sont eux-mêmes sans doute prévenus, donc, y compris à l'égard des juifs -, à cause qu'ils ont été mal enseignés, mal orientés, etc. Bref, c'est entièrement la faute des autres. Aucun mea culpa ! 100% de perversion accusatoire-victimaire ! Le premier vecteur d'éducation (et de loin, surtout si l'on considère que le "plan de vie" est calé entre 5 et 7 ans), c'est la famille. J'agresse autrui, je piétine la collectivité, la nation, etc. mais c'est la faute des autres !

Si mes actions sont causées par les autres, c'est alors que je suis en totale réaction : un pur robot : rien ! Il est surdéterminé que jamais Spinoza n'aurait cautionné cela comme rationnel, tout au contraire. La vie saine inclut à l'inverse de prendre entièrement la responsabilité de soi-même, et d'agir... C'est terrible à dire, mais les assassins à cette aune paraitraient presque plus sains... Cette attitude est purement et simplement criminelle, voilà tout. Personne ne peut se respecter lui-même dans un cadre psychologique pareil.

S'ils continuent dans cette voie, le pire est en ligne de mire... (Même si j'accorde volontiers que la responsabilité se répartit plus ou moins également à l'échelle de la Société dans son entier.)

Rien ne justifie l'agression d'autrui que la misère culturelle, qui n'a été organisée par personne !

Le responsable d'un acte, c'est l'acteur. Pas d'excuses !

Alors on peut voir ensemble ce qu'on peut faire de mieux...
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Re: L' "après-Charlie"

Messagepar sescho » 23 janv. 2015, 00:13

Quelques extraits du Traité Politique. Pas de scoop ni d'éléments particulièrement liés au sujet, mais rappeler encore et encore les grands fondamentaux n'est jamais inutile.

Spinoza, Traité Politique, a écrit :
TP1 : 4. ... pour porter dans cet ordre de recherches la même liberté d’esprit dont on use en mathématiques, je me suis soigneusement abstenu de tourner en dérision les actions humaines, de les prendre en pitié ou en haine ; je n’ai voulu que les comprendre. En face des passions, telles que l’amour, la haine, la colère, l’envie, la vanité, la miséricorde, et autres mouvements de l’âme, j’y ai vu non des vices, mais des propriétés, qui dépendent de la nature humaine, comme dépendent de la nature de l’air le chaud, le froid, les tempêtes, le tonnerre, et autres phénomènes de cette espèce, lesquels sont nécessaires, quoique incommodes, et se produisent en vertu de causes déterminées par lesquelles nous nous efforçons de les comprendre. Et notre âme, en contemplant ces mouvements intérieurs, éprouve autant de joie qu’au spectacle des phénomènes qui charment les sens.

5. ... si la raison peut beaucoup pour réprimer et modérer les passions, la voie qu’elle montre à l’homme est des plus ardues, en sorte que, s’imaginer qu’on amènera la multitude ou ceux qui sont engagés dans les luttes de la vie publique à régler leur conduite sur les seuls préceptes de la raison, c’est rêver l’âge d’or et se payer de chimères.

6. ... La liberté ou la force de l’âme est la vertu des particuliers ; mais la vertu de l’État, c’est la sécurité.

TP2 : 11. ... la liberté n’ôte pas la nécessité d’agir, elle la pose.

15. ... plus il y a d’hommes qui forment ainsi un seul corps, plus tous ensemble ont de droit, et si c’est pour ce motif, savoir, que les hommes dans l’état de nature peuvent à peine s’appartenir à eux-mêmes, si c’est pour cela que les scolastiques ont dit que l’homme est un animal sociable, je n’ai pas à y contredire.

19. Ainsi donc le péché ne se peut concevoir que dans un ordre social où le bien et le mal sont déterminés par le droit commun, et où nul ne fait à bon droit (par l’article 16 du présent chapitre) que ce qu’il fait conformément à la volonté générale. Le péché, en effet, c’est (comme nous l’avons dit à l’article précédent) ce qui ne peut être fait à bon droit, ou ce qui est défendu par la loi ; l’obéissance, au contraire, c’est la volonté constante d’exécuter ce que la loi déclare bon, ou ce qui est conforme à la volonté générale.

TP3 : 5. Nous voyons donc que chaque citoyen, loin d’être son maître, relève de l’État, dont il est obligé d’exécuter tous les ordres, et qu’il n’a aucun droit de décider ce qui est juste ou injuste, pieux ou impie ; mais au contraire le corps de l’État devant agir comme par une seule âme, et en conséquence la volonté de l’État devant être tenue pour la volonté de tous, ce que l’État déclare juste et bon on le doit considérer comme déclaré tel par chacun. D’où il suit qu’alors même qu’un sujet estimerait iniques les décrets de l’État, il n’en serait pas moins tenu de les exécuter.

8. ... qu’un sot ou un fou ne puisse être amené par aucune promesse, ni par aucune menace, à exécuter les ordres de l’État, que tel ou tel individu, par cela seul qu’il est attaché à telle ou telle religion, se persuade que les droits de l’État sont les plus grands des maux, les droits de l’État ne sont pas pour cela frappés de nullité, puisque le plus grand nombre des citoyens continue à en reconnaître l’empire ; et par conséquent, comme ceux qui ne craignent ni n’espèrent rien à ce titre ne relèvent plus que d’eux-mêmes (par l’article 10 du précédent chapitre), il s’ensuit que ce sont des ennemis de l’État (par l’article 14 du même chapitre) et qu’on a le droit de les contraindre.

10. ... l’âme, en tant qu’elle use de la raison, n’appartient pas aux pouvoirs souverains, mais elle s’appartient à elle-même (par l’article 11 du chapitre précédent). Par conséquent, la vraie connaissance et l’amour de Dieu ne peuvent être sous l’empire de qui que ce soit, pas plus que la charité envers le prochain (par l’article 8 du même chapitre) ; et si nous considérons, en outre, que le véritable ouvrage de la charité, c’est de procurer le maintien de la paix et l’établissement de la concorde, nous ne douterons pas que celui-là n’accomplisse véritablement son devoir qui porte secours à chacun dans la mesure compatible avec les droits de l’État, c’est-à-dire avec la concorde et la tranquillité.

Pour ce qui est des cultes extérieurs, il est certain qu’ils ne peuvent être ni un secours, ni un obstacle à la vraie connaissance de Dieu et à l’amour qui en résulte nécessairement ; d’où il suit qu’il ne faut pas y attacher assez d’importance pour compromettre à cause d’eux la paix et la tranquillité publiques. ...

TP4 : 4. nous entendons qu’il existe un ensemble de circonstances, lesquelles étant posées, il en résulte pour les hommes des sentiments de respect et de crainte à l’égard de l’État ; lesquelles au contraire étant supprimées, la crainte et le respect s’évanouissent et l’État lui-même n’est plus. Par conséquent, l’État, pour s’appartenir à lui-même, est tenu de conserver les causes de crainte et de respect ; autrement il cesse d’être l’État. ...

TP5 : 2. La condition d’un État se détermine aisément par son rapport avec la fin générale de l’État qui est la paix et la sécurité de la vie. Par conséquent, le meilleur État, c’est celui où les hommes passent leur vie dans la concorde et où leurs droits ne reçoivent aucune atteinte. Aussi bien c’est un point certain que les séditions, les guerres, le mépris ou la violation des lois doivent être imputés moins à la méchanceté des sujets qu’à la mauvaise organisation du gouvernement. Les hommes ne naissent pas propres ou impropres à la condition sociale, ils le deviennent. Remarquez d’ailleurs que les passions naturelles des hommes sont les mêmes partout. Si donc le mal a plus d’empire dans tel État, s’il s’y commet plus d’actions coupables que dans un autre, cela tient très-certainement à ce que cet État n’a pas suffisamment pourvu à la concorde, à ce qu’il n’a pas institué des lois sages, et par suite à ce qu’il n’est pas entré en pleine possession du droit absolu de l’État. En effet, la condition d’une société où les causes de sédition n’ont pas été supprimées, où la guerre est continuellement à craindre, où enfin les lois sont fréquemment violées, une telle condition diffère peu de la condition naturelle où chacun mène une vie conforme à sa fantaisie et toujours grandement menacée.

4. Un État où les sujets ne prennent pas les armes par ce seul motif que la crainte les paralyse, tout ce qu’on en peut dire, c’est qu’il n’a pas la guerre, mais non pas qu’il ait la paix. Car la paix, ce n’est pas l’absence de guerre ; c’est la vertu qui naît de la vigueur de l’âme, et la véritable obéissance (par l’article 19 du chapitre II) est une volonté constante d’exécuter tout ce qui doit être fait d’après la loi commune de l’État. Aussi bien une société où la paix n’a d’autre base que l’inertie des sujets, lesquels se laissent conduire comme un troupeau et ne sont exercés qu’à l’esclavage, ce n’est plus une société, c’est une solitude.

5. Lors donc que je dis que le meilleur gouvernement est celui où les hommes passent leur vie dans la concorde, j’entends par là une vie humaine, une vie qui ne se définit point par la circulation du sang et autres fonctions communes à tous les animaux, mais avant tout par la véritable vie de l’âme, par la raison et la vertu.
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Re: L' "après-Charlie"

Messagepar sescho » 23 janv. 2015, 15:16

J’ajoute quelques réflexions dans une (dernière avant éventuelles discussions) tentative de décliner encore d'un niveau, sous réserve générale de principe, et en ne développant pas du tout ce dont le cadre sort assurément tellement de ma compétence que le « Café du Commerce » se profile...

Par exemple, à l’extérieur strict, je sens juste qu'il ne faut surtout pas baisser la garde, mais au contraire l'élever. Aussi que le "devoir d'ingérence" a plutôt globalement sévèrement failli si l'on considère les bilans, mais que la coopération active et réactive de la France avec le Mali, par exemple, a été au contraire une œuvre bénéfique d'importance majeure, ce que les événements en objet viennent encore une fois confirmer. A l’intérieur, le net renforcement en nombre, formation, équipement, déploiement sur le territoire, etc. des forces de l’ordre opérationnelles, ainsi que des services de renseignement et de traitement me semble nécessaire, et tout autant le soutien actif des fonctionnaires et Associations œuvrant pertinemment au social sur site. De même pour, outre le système judiciaire en général, le système carcéral, pour le nombre de places évidemment (c’est indigne actuellement) et de surveillants, mais aussi pour la gestion différentiée suivant les profils, le soutien psychologique, la formation, le reclassement, etc.

Fermeté ET Générosité.


Je développe deux sujets encore largement actuellement « tabous » :


1) Réduction rapide de l'immigration de masse (économique de fait)

Je n’ai pas reproduit ci-dessus les passages de Spinoza sur les étrangers (ou les femmes), car la situation de fait a là pas mal changé depuis son époque, et qu’il n’y a là que conjoncture et pas de règle universelle (l’optique politique de Spinoza est très pragmatique, et revendiquée explicitement telle, et suit largement celle de Machiavel, sans entamer d’un iota son universelle bonté pour autant.) En effet, Spinoza considère que le type de relation qui est la règle entre États (et donc entre citoyens et étrangers en tant qu’organismes collectifs) est l’état de nature, autrement dit la sauvagerie, au sens primitif du terme.

Cela dit, les événements montrent tout en même temps que dire que les étrangers – dans la mesure de leur intégration, puis de celle de leur descendance – peuvent être défavorables à la santé de l’État n’est certainement pas non plus à rejeter a priori.

On peut dire en "bilan spinozien au travers du TP, adouci" qu’il n'y a aucune injonction morale à l’immigration de masse, au contraire. A fortiori, les événements et l'état général du pays (chômage massif, déficits, délinquance, démoralisation, sentiment ultra-majoritaire dans le peuple : 80%, etc.) indiquent très clairement l'inverse : il est très nettement de l’ordre de la Raison de la réduire fortement, rapidement, dans les faits bien sûr, etc. outre bien sûr de renvoyer les étrangers – y compris européens – en situation d’illégalité à un titre ou un autre, puisque ce serait sinon accepter de voir bafouée la Loi, et donc la ruine de l’État.

MAIS, en même temps (dans le cadre d’une socialisation des nations elles-mêmes, correction apportée à Spinoza) :

Il y a une injonction à la fois morale et pragmatique à œuvrer tout aussi massivement, rapidement, dans les faits, etc. au respect des intérêts des populations des pays d'émigration (et les autres qui le requièrent) sur leur propre sol déjà, à l'aide au développement et à la coopération – pendant extérieur des travailleurs sociaux de l’intérieur. On peut ajouter que la maîtrise factuelle de la démographie (en fonction du potentiel économique, écologique, etc. du pays) devra de plus en plus être associée à cela. Des partenariats forts avec les plus développés (je pense par exemple à la Tunisie) me semblent aussi indiqués.


Et comme il faut aussi équilibrer le budget, un effort de productivité (efficience) global est aussi impératif...


2) Réforme foncière de l’Information audio-visuelle publique

Il y a aussi des forces strictement intérieures d’affaiblissement de l’État. De prétendus « défenseurs vigilants des libertés individuelles » (parfois partiellement masqués par d’autres bannières) ne font en réalité que d’affaiblir l’État et faciliter la liberté d’action des malfaiteurs, et autres illégalités ; ce qui, bien sûr, comme l’indique on ne peut plus clairement Spinoza, est in fine inévitablement sombrer dans l’insécurité et conséquemment dans la privation de liberté réelle.

La Liberté, la Raison et la Solidité de l’État ne font qu’un chez Spinoza.

Il en est de même de ce « courage en absence totale de risques » qui s’enorgueillit à bon compte de faire – éventuellement jusqu’à de la « théorie du complot » maladive - de l’anti-occidentalisme occidental, champion du don de leçon, de l’accusatoire et du victimaire, de l’incitation à la flagellation continuée pour des faits révolus (esclavage, colonisation, ...), du dénigrement de la force publique, etc., (du bla-bla moralisateur en général, caricature vaniteuse de la Bonté) et qui par ailleurs couvre de son silence les crimes qui ne cadrent pas avec ses préjugés.

Il s’agit cependant de l’exercice normal de la Démocratie..., SAUF quand il s’agit de Services Publics, pour des raisons évidentes.

Là (mais ce n’est pas la seule fonction en cause par-là, loin s’en faut) je n’hésite pas à qualifier (tout en ayant une très haute opinion de la fonction - en principe - elle-même) l’Information de Service Public de « catastrophe nationale »... bien sûr financée par la nation... La sortie de l’Information pilotée dans le contenu par le Gouvernement a été ratée en 1981 : au lieu de déboucher sur une Information neutre au véritable service du public - ce que l’on espérait évidemment -, elle a très gravement dérivé vers un fonctionnement de microcosme autarcique auto-satisfait en diable – d’autant que parler n’est quasiment rien faire en soi, et qu’il s’agit en bonne part d’être payé pour cela – qui, alors même que l’honneur de la profession consiste précisément à être le plus objectif possible et donc à ne faire AUCUN jugement de valeur, et à s’effacer totalement derrière l’Information comme toutes les bonnes équipes techniques le font très professionnellement derrière l’image et le son, s’est érigée en nouveau Pouvoir et en Juge suprême critique systématique du Politique et de tout, évidemment sans aucun mandat électif ni responsabilité factuelle nette. Et aussi pilier du Politiquement correct qui a fait tant de mal tout en même temps, en lien direct avec les événements en cause. Inspection des travaux finis, champion de formules typiquement pathologiques à base d’ « aurait dû », et autres « comment se fait-il que ce ne soit pas déjà fait ? » « ah, mais ce n’est pas à 100%, ce n’est pas parfait » (100%, « absolument sûr », etc., etc. n’existe tout simplement jamais dans la réalité : c’est du pur jus de Mental...) Et pour un véritable mea culpa de fond on peut évidemment toujours attendre les calendes grecques à ce niveau de don de leçons : c'est le coq français de Coluche qui chante de plus belle quand il a les pieds dans la m...

Bref, si l’on veut que le pays aille bien mieux, je pense qu’il est déjà bon d’éviter que la perversion mentale ne l’arrose en continu, a fortiori à ses frais...

Il y a des tranches horaires sur Inter (et même plus ou moins globalement) où le qualificatif de « propagande politiquement correcte » n’est pas exagéré, par exemple. En revanche, ceci ne concerne pas dans mon esprit les véritables professionnels : Grands reporters, Journalistes d’investigation, Animateurs de débats de fond pluralistes et professionnels, et aussi les véritables Humoristes – c’est-à-dire pas des critiqueurs ironisant intercalés entre les "journalistes" critiqueurs, et souvent ironisant -, et même chroniqueurs partisans dans la mesure où le pluralisme est vraiment respecté, etc., etc.

Bien évidemment, ceci n’a strictement rien à voir avec une quelconque violation de la Liberté de la Presse : celle-ci reste inchangée. Il s’agit d’une ligne éditoriale comme dans tous les organes d’information, mais là cette ligne s’appelle : (véritable) Service (du) Public, et est définie par des textes cadres précis, en particulier destinés à exclure tout esprit partisan, de pouvoir, d’Incarnation innée de la Vérité, de jugement de valeur, etc. dont l’application scrupuleuse est contrôlée par un organisme tel le CSA (et nullement ensuite dans le contenu réel : rien à voir non plus, donc, avec l’Information pilotée en contenu par le Gouvernement d’antan.)

C’est dit ! La contradiction est bienvenue, si quelqu’un le sent... :)
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Re: L' "après-Charlie"

Messagepar cess » 23 janv. 2015, 19:28

Merci Sescho pour le fil...

Cela fait du bien de relire cela....

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Re: L' "après-Charlie"

Messagepar cess » 23 janv. 2015, 19:51

Oups je ne vous avais pas lu correctement
....
Ok pour la réforme audiovisuelle.......je n'ai plus la TV depuis 10 ans, de toute façon..

Concernant la radicalité de réduire l'immigration de masse, j'ai du mal...
Je préférerai la contrôler, interdire les mariages arrangés dont on ne parle pas assez , PENSER AUTREMENT LE RSA en luttant contre l'assistanat....
Mais surtout protéger nos écoles, permettre à ces profs d'histoire d'aborder enfin 39-45 et le génocide qui n'osent plus le faire dans certains établissements de Marseille, être FERME sur le non port du voile....etc..

quelques mesures surement incomplêtes pour redonner un léger souffle à notre démocratie exsangue....

Amicalement
Modifié en dernier par cess le 23 janv. 2015, 20:07, modifié 1 fois.

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Re: L' "après-Charlie"

Messagepar cess » 23 janv. 2015, 20:03

et encore une..... le must....allez:...on a bien le droit de rêver..

Que des initiatives soient multipliées , si possible par des musulmans; pour propager l’enseignement de l'arabe littéraire...et accéder aux écritures.....

pour générer un peu de ce que Louis XIV redoutait des protestants terrés dans les Cévennes: l'accès direct à la Bible
Vous rendez-vous compte toute une dynastie de prêcheurs bedonnants dégringolant de leur piédestal pour plus d'amour, de compréhension....mais que d'ego- pouvoir de domination menacés!!!

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Re: L' "après-Charlie"

Messagepar sescho » 23 janv. 2015, 21:08

cess a écrit :Concernant la radicalité de réduire l'immigration de masse, j'ai du mal...

quelques mesures surement incomplêtes pour redonner un léger souffle à notre démocratie exsangue....

Merci cess, d'intervenir :-)

Pour l'immigration de masse :

- Où serait donc l'impératif éthique ? : je ne le vois pas, et Spinoza encore moins, me semble-t-il.

- Confondre des idéaux avec les faits (prendre ses désirs pour des réalités) est quasiment dire ce qu'est la psychopathologie. La sanction ne tarde généralement pas longtemps : les faits sont têtus, et beaucoup plus fermes que l'imagination...

- Spinoza ne fait certes pas cette confusion en passant de l’Éthique au Traité politique, c'est le moins que l'on puisse dire... Et il n'en est pas moins tout-à-fait cohérent. Il est hautement de la Raison que d'être pragmatique.

- Il faut les deux : les idéaux guident l'action individuelle, les faits lui donnent son point de départ réel. Il ne s'agit pas pour autant de renoncer aux premiers (seul l'universalisme est digne de la plus haute philosophie, je le répète), mais dire m... aux seconds est suicidaire. C'est très exactement et très explicitement la position de Spinoza dans le TP, et je ne vois pas qu'on puisse en quoi que ce soit lui donner tort (c'est de la conviction, pas du tout de l'adoration inconditionnelle.)

- Je ne suis pas aujourd'hui personnellement opposé au voile (je ne vois pas forcément dans cette tradition ancestrale un abaissement automatique de la femme, ni une contrainte - ce qui ne veut pas dire qu'il n'y en a pas dans tous les cas et qu'il ne faut pas alors lutter contre.) Ce qui n'entame la liberté de personne d'autre doit être autorisé. Si après il y a en même temps prosélytisme aggravé et radicalisation anti-républicaine, voire du racket, c'est tout autre chose : pas de faiblesse.

- Vous voulez quelque part une chose et la cause (partiellement sans doute, mais néanmoins réellement telle) de son contraire.

- Il ne s'agit pas de revenir sur le passé, mais de préparer l'avenir immédiat. Il y a quarante-cinq ans de hiatus et donc de passif partiel à éponger. Les conditions générales sont défavorables de surcroît : c'est un chantier énorme. Je ne vois vraiment rien de rationnel à laisser un flux de problèmes supplémentaires entrer à flot continu en même temps. Sous cette condition je pense que le peuple est prêt à faire l'effort de manière ferme et tranquille en même temps. Ce sera un succès global à cette condition.

- De toute façon, le peuple a dit, même si l'on a mis un bâillon dessus, qu'il fallait en finir à une écrasante majorité, et nous sommes en Démocratie jusqu'à preuve du contraire... Sinon, au moins ne pas s'étonner des conséquences...

- Même en occultant le négatif (qui concerne aussi la descendance, légalement française ou non - c'est la Culture pré-existante qui a fait la Loi de la République et pas l'inverse -, laquelle partout pose en fait les plus grandes difficultés et non les primo-arrivants), je ne vois pas bien quelle bonté il y aurait à aider des individus - éblouis par un miroir aux alouettes - à se déraciner pour venir s'envaser dans notre situation... Et veuillez croire que je les respecte infiniment en disant cela : il n'y a pour l'essentiel qu'une seule et unique nature humaine. J'ose même dire qu'en restant dans leur culture, ils y gagnent, et qu'un jour ils nous enseigneront peut-être comment bien vivre...

- La vertu c'est avant toute autre chose de se conserver soi-même. D'abord se conserver, après le reste !

- En revanche, si l'on ne fait pas beaucoup de ce que l'on peut pour respecter et améliorer les intérêts de ces populations sur leur sol historique, voire qu'on fait le contraire, alors je ne marche plus...

Fermeté ET Générosité, toujours.

Amicalement
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aldo
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Re: L' "après-Charlie"

Messagepar aldo » 23 janv. 2015, 23:51

C'est-à-dire que c'est compliqué de dire quelque chose tant la situation est prise dans mille problèmes.

-Le mic-mac de la croissance confronté à la surpopulation mondiale (toujours plus)
-La mondialisation qui dévore tout sur son passage (y compris les cultures)
-Les régimes politiques et l'organisation sociale dans nombre des pays d'Afrique et d'Asie
-La complexité au Moyen-Orient (guerres territoriales, religieuses, drogue, manipulations des individus)

etc (j'en oublie)


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