Spinoza avait-il honte de son système?

Ce qui touche de façon indissociable à différents domaines de la philosophie spinozienne comme des comparaisons avec d'autres auteurs, ou à des informations d'ordre purement historiques ou biographiques.
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FabriceZ
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Messagepar FabriceZ » 01 déc. 2004, 06:37

Spinoza a voulu publier l'Ethique de son vivant, pourquoi donc vouloir tout détruire au moment de sa mort.

Quoi de plus anti-spinoziste qu'un suicide intellectuel de cette sorte? Spinoza voulait affirmer sa puissance d'agir, perséverer dans son être, bien au-delà de sa propre mort.

Un homme qui écrit :"Le chatiment réservé à la déraison et à l'abandon de soi, c'est précisement la déraison" ne peut pas raisonnablement vouloir brûler ses écrits.

Il faut rapprocher l'argument de Roger Verneaux de la Lettre LXVIII dans laquelle Albert Burgh oppose la grandeur de l'Eglise romaine à la faiblesse de l'humaine raison : "repentez-vous, philosophe, reconnaissez votre sage déraison, votre déraisonnable sagesse". De son vivant, et bien après sa mort, les réfutations, souvent écrites par des prêtres, cherchent a démontrer que Spinoza avait finalement, dans un ultime éclair, reconnu l'absurdité de ses écrits pour embrasser la foi chrétienne. En plus de cela "dans une paix intérieure parfaite" précise Verneaux!

Il est vrai qu'il est bien plus aisé et rapide de faire dire a Spinoza ce qu'il n'a jamais dit (de lui faire perdre la raison) que d'entreprendre une réfutation sérieuse de l'Ethique.

Fabrice
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Messagepar hokousai » 01 déc. 2004, 15:00

""""""""Spinoza voulait affirmer sa puissance d'agir, persévérer dans son être, bien au-delà de sa propre mort. """"""""" C'est naturel ,c'est humain comme on dit souvent .

Mais vouloir "persévérer dans son être" au delà de sa propre mort ne me semble pas si Spinoziste .L'allégation de Verneaux est très probablement polémique et de plus erronée , d' accord , mais la compréhension du conatus comme une espérance de postérité ne me semble pas très ajustée .
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Messagepar YvesMichaud » 02 déc. 2004, 04:47

En tout cas, Saint-Thomas, lui, avait honte de son système à la fin de sa vie. Si je me souviens bien. Il avait eu une expérience mystique, et ensuite il ne voulut plus rien écrire. Je crois même qu'il voulait brûler la Somme Théologique.

Il a dit: «tout ce que j'ai écrit me semble être de la paille».

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Messagepar FabriceZ » 02 déc. 2004, 07:14

Lorsque j'écrivais :

Spinoza voulait affirmer sa puissance d'agir, persévérer dans son être, bien au-delà de sa propre mort.


Je ne pensais pas au Conatus qui est lié à la durée du corps, mais à ce passage du TRE :

Voilà donc la fin à laquelle je dois tendre : acquérir cette nature humaine supérieure, et faire tous mes efforts pour que beaucoup d'autres l'acquièrent avec moi ; en d'autres termes, il importe à mon bonheur que beaucoup d'autres s'élèvent aux mêmes pensées que moi, afin que leur entendement et leurs désirs soient en accord avec les miens.


Spinoza mort, l'individu s'efface, seul le système philosophique demeure. C'est lui que Spinoza voulait léguer à l'avenir, sans espérance de postérité, sans nom d'auteur.

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