Je parlais de voir ma pensée comme d' un événement spirituel. Ce qui n exclut pas que sentir ou voir avec les yeux soit spirituel.
Bon, on est d'accord (ce n'est pas moi qui vais ici résoudre le problème du spirituel et du matériel). Je notais juste que le spirituel en question avait de faux airs de mécanisme, en tous cas dès qu'il est question de mots... que penser pour toi, moi ou n'importe qui déclenchait les mêmes types de mécanismes.
Voir que je vois c' est à dire la conscience que ce soit de voir avec les yeux du corps ou avec les yeux de l' esprit de voir peux exister sans autre mode de la pensée au sens où il y a immanence .
Quand je pense" je vois bien que je vois" ce n'est pas CE QUE je vois ou désire.
Hum, pas sûr de comprendre... tu dis que tu penses autre chose que ce que tu vois ? Ça n'a rien d'évident. C'est sans doute une opération différente, mais je crois qu'on pense à partir de ce qu'on voit - voir dans un sens très large, jusqu'à "avoir une vision" (genre). C'est à dire qu'on voit quelque chose qu'on n'est pas capable de synthétiser, qui nous échappe... et on pense pour comprendre ce qu'on a vu. C'est dans ce sens que Deleuze dit qu'on est "forcé" à penser, me semble-t-il : on voit/comprend tout le temps des choses qu'on a besoin de penser pour les intégrer, les assimiler à notre façon de comprendre les choses, le monde.
Si tu comprends la prise de conscience comme un coupure ( si l' on veut) elle fait partie du processus de pensée .
Mais je la distingue ( la conscience ) du processus au sens où elle ne produit rien.
Elle n'entre pas par exemple dans la succession (l' enchaînement logique des idées) quelle que soit la logique.
Je peux penser sans conscience .
Elle ne produit rien, c'est vite dit. Elle n'enchaîne pas les idées mais coupe et recoupe chaque fil d'idées et en ce sens participe à à l'organisation, la mise en ordre, et donc au processus de l'élaboration de la pensée (en faisant appel à le mémoire, par exemple).
On peut dire que la conscience coupe le fil/flux d'un processus logique de pensée de la même façon qu'un processus de pensée coupe le fil/flux d'un état de conscience (j'aime bien ce Deleuze).
Il n' empêche que la conscience est un événement, qu' elle doit avoir une cause, voire une raison d' être ou une finalité...ou une utilité... disons une place dans la nature .
La conscience doit avoir un rôle, mais particulier . Ce n'est pas de la pensée ordinaire .
Alors je reviens sur mes définitions : pourquoi ne pas dire que la conscience, c'est un mouvement du regard vers l'intérieur (quand la pensée serait un mouvement vers l'extérieur) ? C'est-à-dire : qu'est-ce qu'il manquerait à cette définition (certes personnelle et plus distincte de la pensée que la tienne ; avec une pensée définie comme plus ordonnée, logique que dans ton acception) pour englober la totalité du champ de la pensée/conscience ? Et si rien, pourquoi ne pas l'adopter ? De toutes façons, toute pensée - disons "construite" - est un mouvement sans cesse entre intérieur et extérieur, non ?
(en tous cas, ça aurait plus de sens que de s'interroger sur une définition de la conscience sans rien être capable d'y répondre, et d'enchaîner ensuite en parlant de ses causes ou sa finalité "naturelle"... même si je veux bien parler de nature, oui).
