Deleuze et les corps les plus simples

Questions et débats touchant à la conception spinozienne des premiers principes de l'existence. De l'être en tant qu'être à la philosophie de la nature.
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bardamu
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Messagepar bardamu » 04 sept. 2005, 21:20

Miam a écrit :Tout corps est un rapport de mouvement et de repos selon lequel ses parties se communiquent leurs mouvement.
Tout corps est l’effort pour conserver ce rapport

Je le redis et j'en suis désolé mais le texte rend délicat d'affirmer qu'il s'agit de "tout corps".

E2P13 Lemme 1, Les corps se distinguent les uns des autres par le mouvement et le repos, la vitesse ou la lenteur

Si on considère que les corps les plus simples sont des individus selon un certain rapport, ne vaudrait-il mieux pas dire :
"tout corps en tant qu'il est considéré comme un individu est etc."

Et pour retrouver ton idée sur le TRE, les êtres géométriques de celui-ci seraient alors des "êtres les plus simples" seulement distingué par le mouvement. Cela donnerait un enrichissement plutôt qu'une rupture entre les conceptions sur l'essence des corps du TRE et celles de l'Ethique.
Miam a écrit :(...)
Pour toutes ces raisons et d’autres encore, il semble évident que le modèle spinozien n’est pas mathématique mais physico-physiologique.

Au cas où il y aurait un doute à ce sujet : que le modèle spinozien essentiel soit physico-physiologique plutôt que mathématique est ce que dit Deleuze.
C'est même selon lui la cause principale de l'inachèvement du TRE puisque Spinoza serait vraiment sorti de l'abstraction par le concept de "notion commune" qui l'aurait obligé à tout reprendre.

Cela n'empêche que les mathématiques ont un rôle épistémique particulier en cela que les êtres mathématiques ont le privilège de faire coïncider de manière claire leur définition et leur essence ou que certaines vérités mathématiques vont à l'encontre de l'imagination, révélant une causalité sans image.

Pour ce qui est du physique ou du métaphysique, il s'agit de distinction par rapport aux disciplines telles qu'elles s'exercent aujourd'hui.
La physique est aujourd'hui matérialiste, logiciste et évacue les questions ontologiques. L'ontologie, c'est de la métaphysique.
L'essence, l'existence, le Mental, les attributs, la Substance... ça n'est plus de la physique en tant que concept des physiciens.
Et le langage scientifique est mathématique une chose se définit avec des équations, des relations, pas des mots. Quand on demande à un physicien ce qu'est la masse, il peut répondre : "c'est le scalaire de Lorentz associé à la norme du quadrivecteur impulsion total".
Refuser les mathématiques, c'est refuser de parler avec les physiciens.
Ca reste du langage et le mot n'est qu'un auxiliaire de l'imagination mais c'est utile.
Heureusement, la physique du quotidien, celle que Spinoza faisait dans sa cuisine suffit pour atteindre la Béatitude, mais il n'y a pas de raison de faire de blocage sur les mathématiques comme si c'était l'incarnation de l'horrible monde de la transcendance platonicienne. Lorsqu'on est dans l'immanence, c'est un outil ni plus ni moins abstrait que lorsqu'on parle de "constitution infinitaire" ou du rapport entre essence et "être objectif" chez les scolastiques.

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Faun
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Messagepar Faun » 05 sept. 2005, 13:51

La méthode de Spinoza est celle du philosophe qui emploie l'intellect seul et qui n'est que le mouvement de l'intellect qui se comprend lui-même et qui se suffit en quelque sorte, du moins en ce qui concerne la méthode purement philosophique (voyez le début de l'Ethique, l'"intelligo",que je traduis par "je comprend"(voir note en bas)). Les mathématiques, autrement dit les images que sont les nombres et les figures, et qu'emploient les physiciens quand ils parles de particules ou d'ondes ou d'une infinité d'autres images, ne sont qu'un emploi particulier de l'intelligence, qui ne fonde pas la nature de l'être qui dit : "je me comprend", car l'intellect se comprend par l'attribut pensée, alors que les corps de l'étendue se comprennent par l'attribut étendue, et n'ont donc pas de lien causal l'un avec l'autre (ça me semble important ça, pour Spinoza).
Donc j'étais en train de lire un philosophe qui dit ceci :

"Un individu simple je crois que pour Spinoza c’est une notion dénuée de sens. Tout individu comme tel est composé d’une infinité de parties."

Vous aurez sûrement reconnu Deuleuze, bon, il me semble dire la même chose que Miam, à peu près.

Cela viens de là :
http://www.univ-paris8.fr/deleuze/artic ... article=37

note : j'ai sous les yeux une traduction anglaise de l'Ethique de Edwin Curley et je lis : "by substance I understand...by attribute I understand...by mode I understand...by God I understand...by eternity I understand..." .


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