Aimer la Nature

Questions touchant à la mise en pratique de la doctrine éthique de Spinoza : comment résoudre tel problème concret ? comment "parvenir" à la connaissance de notre félicité ? Témoignages de ce qui a été apporté par cette philosophie et difficultés rencontrées.
SoleneAttend
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Aimer la Nature

Messagepar SoleneAttend » 19 juil. 2018, 12:31

Bonjour,

J'ai du mal à saisir concrètement ce à quoi il faut s'attacher. Spinoza dit qu'il a cherché un objet d'amour qui ne fasse pas souffrir et que cet objet d'amour c'est la Nature entière. Donc il faut aimer la Nature entière mais rien en particulier dans la Nature. SI j'aime quelque chose en particulier dans la Nature cela me fera souffrir.

Comment est-il possible concrètement de faire ça?

Merci!

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Henrique
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Re: Aimer la Nature

Messagepar Henrique » 02 août 2018, 18:12

Je ne vois pas où Spinoza dirait qu'il ne faut pas aimer les objets de la nature. Il dit seulement que si on veut éviter de souffrir, il faut les aimer d'un amour intellectuel plutôt qu'imaginaire. Dans l'amour ordinaire, quand j'aime quelqu'un ou quelque chose, j'imagine que cet objet d'amour me fait du bien et renforce ainsi ma puissance d'exister. Comme j'aime alors un être limité à condition qu'il me fasse du bien, cet amour est limité et peut faire souffrir dans la mesure où ce qui me faisait du bien vient à manquer ou cesse de me faire du bien. Spinoza ne dit pas que cet amour est mauvais mais qu'il sera moins instable s'il part plutôt d'un amour intellectuel se fondant sur le troisième genre de connaissance, relevant de l'entendement intuitif. Si je perçois mon ami ou n'importe quoi de naturel comme mode éternel de la nature, parce qu'il est là comme mode singulier de l'étendue, je peux l'aimer d'un amour inconditionnel, comme expression unique et parfaite de la puissance infinie d'exister de la nature, sans avoir besoin pour éprouver une joie à l'idée de son existence qu'il me fasse effectivement du bien. Comme il s'agit de percevoir ce qui dans son essence singulière découle de l'essence absolument infinie de l'étendue et de la pensée, un tel amour ne peut être affecté par les aléas du temps.
Henrique Diaz
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