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Le Dieu de Spinoza : un Dieu

Ontologieolivier a écrit : "

En réponse à l'excellent article de Henrique Diaz sur la question de l'athéisme chez Spinoza, j'aimerais tenter de continuer le mouvement de sa pensée en essayant de comprendre à la fois l'origine et la valeur positive du Dieu conçu par Spinoza.



En effet, je pense qu'un des enjeux important pour nous est de comprendre la conception d'un Dieu "hors religion". Le Dieu de la religion (on pourrait ajouter : quelle que soit la religion), Spinoza l'a fort bien montré dans le TTP (voir la Préface), est un l'instrument politique par excellence puisqu'il agit puissamment sur les passions des hommes (la crainte et la tentation). Le Dieu "de Spinoza" n'est pas une personne mais un principe. En opérant cette transmutation de notre conception de Dieu, je pense que Spinoza combat sur un double front :

1. D'abord, Spinoza s'oppose à la conception d'un Dieu personnel. Dieu, conçu comme personne,  est distinct des êtres finis : c'est la figure du Christ qui se tient face à ceux qu'il enseigne et ceux qu'il combat. Dans la doctrine chrétienne, cette valorisation de la Personne va de pair avec une dévalorisation de la nature (la nature intérieure de l'homme pêcheur, et la nature extérieure, elle-même souillée par ce pêché, et désormais soumise aux altérations du temps). Par rapport à la problématique chrétienne, Spinoza opère un renversement complet : il réhabilite la nature, non plus comme totalité des étants, mais comme processus de génération des étants à partir d'un principe unique. D'un point de vue anthropologique, cela a pour conséquence que l'homme est 'lavé' du pêché originel, réhabilité lui-même dans sa capacité à appréhender par lui-même ce principe divin dans et hors de lui.

2. Ensuite, Spinoza s'oppose à la conception judaïque d'un Dieu furieux, imprévisible, objet de crainte, et en même temps sujet à d'éventuelles tractations. Le Dieu judaïque est un entité à la fois redoutable et négociable (par la prière), un punisseur et un rétributeur, c'est-à-dire un Dieu essentiellement orienté vers les hommes. Dans cette perspective, l'univers devient un système de signes, chaque évènement étant l'expression d'une intention divine concernant l'homme (voir la fameuse critique du finalisme, dans l'appendice au livre I de l'Ethique).

A cette vision, Spinoza oppose d'une part le mécanisme cartésien (les étants ne renvoie pas à autres chose qu'à d'autres étants, effets ou cause), et d'autre part une conception très profonde des contraintes psychologiques et de l'esclavage intérieur des passions. Que reste-t-il du concept de Dieu après cette double 'épuration'? Autrement dit, qu'apporte en positif la conception spinoziste de Dieu ?

Dire que Dieu est la Nature est une affirmation très trompeuse pour nous, car il ne s'agit surtout de ce que nous concevons être la nature (à travers l'héritage de la science moderne). Parler même de Dieu avec un grand 'D', comme si c'était un nom propre, peut nous inciter à nous adresser à lui comme à une personne. Je pense qu'il serait plus juste de parler de 'divin' ou de 'principe divin', ce principe étant l'origine de tout, qui est co-présent à chacune des 'créatures'. Or, c'est précisément en internalisant le principe divin en l'homme que Spinoza fonde la possibilité de sa liberté : tandis que le 'Dieu de la religion' faisait des hommes des esclaves en cultivant méthodiquement en eux certaines passions, le 'principe divin' en nous est source d'une liberté suprême, pour autant qu'on parcoure le chemin ardu qui mène à l''amour intellectuel'.

Les divers portraits qu'on fait d'un Spinoza athée ont ceci de commun qu'ils mettent l'accent sur deux choses :
- une démarche hyper-rationnelle d'explication exhaustive (on met alors en avant le côté systémique de sa pensée en faisant référence à la méthode géométrique de l'Ethique)
- le concept de Dieu serait une concession à son époque d'un penseur trop en avance pour son temps.

Je pense que le penseur Spinoza, l'être humain Spinoza, était un peu plus complexe que cela. L'Ethique est loin d'être un discours plein, parfait, sphérique et continu, comme la bien montré Deleuze. Et "son" Dieu n'est pas un simple principe explicatif, un Dieu rationnel et tout sec. Le Dieu de Spinoza est la puissance qui persévère à travers tous les êtres finis, et qui fait que chacun d'eux cherche à s'accroître.

Je crois - mais cela n'est qu'une supposition - que Spinoza, par pudeur, n'a pas parlé de sa relation à Dieu. Pour la comprendre, il n'est qu'à se référer à l'attitude d'Einstein (dans Comment je vois le monde) quand il parle de la "religiosité cosmique" : quand l'homme de connaissance pénètre dans le temple de la vérité, il contemple, il admire l'Univers dont l'intelligibilité se déploie devant ses yeux. Il y a là un très profond sentiment religieux - bien que nous soyons au-delà de toute religion !

Olivier    

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Re: Le Dieu de Spinoza : un Dieu (Score : 0)
par Visiteur le 13/06/2003
Etant Nietzschéen et chercheur, je pense qu'il est important de bien regarder le contexte de l'époque où spinoza écrit. Le monde dans lequel évolue Spinoza est un monde religieux, où partout on trouve la présence et le référent à un etre transcendent. Bercé, éduqué dans ce monde, il me parait tout à fait normal que la pensée de Spinoza se referre à un "Dieu". Pas qu'il s'agisse d'une concession du philosophe (bien que le bucher puisse faire réfléchir...) mais que tout penseur révolutionnaire, tout créateur est imprégné de son époque, et s'il remet des choses en cause, échaffaude des bases révolutionnaires (car je ne cesse de m'étonner de l'intelligence de cet homme !! ), assurément on ne peut lui demander de tout "refaire". La référence à Dieu chez Spinoza n'est donc pas une concession, elle n'est que le fruit d'une éducation, d'une culture et d'un monde dont on ne peut entierement se détacher. Freud, Einstein sont des exemples frappants de "révolutionnaires" qui ont fait avec les moyens de conception et de compréhension du monde qui etaient les leurs à leur époque.

Pour ce qui est de la religiosite de Spinoza, l'exemple d'Einstein n'est à mon avis pas très bon, car Einstein était un croyant profond et ses propos sur Dieu montre cette ambiguité qu'il n'a pu résoudre à savoir que son travail de chercheur repoussait Dieu, mais son éducation le poussait à le retrouver quelque part, coute que coute.
Donc, je ne connais pas encore assez Spinoza pour me prononcer, mais Einstein avait cette vision de Dieu comme détenteur du Bien et du Mal, or toute la force de Spinoza est justement qu'il se met hors de ce schéma. Je pense donc qu'il faut faire attention à ne pas réintroduire ce Dieu de Bien et de Mal par une autre voie (l'admiration, la religiosité). Ici on peut faire le parallèle avec Nietzsche qui pose l'homme libre comme evoluant au delà du Bien et du Mal. Toute la force de Spinoza est dans cette conception de Dieu ammoral, conception d'une force extraordinaire si on juge de son époque !

Bien à Tous,

Guillaume Desguerriers



Re: Le Dieu de Spinoza : un Dieu (Score : 0)
par Visiteur le 08/07/2003
Résumer en 4 lignes la pensée juive me laisse songeur... La thèse la plus générale de de la pensée juive ( kabale ) est que le cosmos est un cerveau, divisé en un "qui sait" et un "qui fait" ( pensée / étendue ... ). Chaque glyphe de l'alphabet hébraïque crorrespond à une étape d'un cycle où l'énergie cosmique s'expérimente elle même; à la fin du cycle il y a relance à partir de l'information mémorisée. ( éternel retour ). Les archétypes de ce sytème juifs se retrouvent dans le zen, le tch'an, chez les hoppis, dans énormément de tribus. Levy Strauss a bien dénombré ces archétypes, mais il n'a su qu'en faire. La science prends une part active dans la vérifications de ces données connues par les sociétés initiatiques depuis des lustres... ( pourquoi de nombreux phénomènes commencent par 3 éléments ( nucléotides d'ADN par ex ) idem pour le redoublement, la division droite gauche ( qui sait - qui fait ) l'union des contraires ....).

La religion n'était qu'une étape, ça aussi, les initiés de tout accabi l'ont toujours su ...



Re: Le Dieu de Spinoza : un Dieu (Score : 0)
par Visiteur le 16/12/2004
Je reprend vos mots; "valeur positive du dieu"... ne savez vous pas qu'est-ce qu'une valeur positive?! Vous déblatérez sur des opinions de religions... pendant que Spinoza se retourne dans sa tombe... ne devriez-vous pas répondre à la question plutôt que de la contourner?! Vous devriez tout simplement esseyer de comprendre la conception d'un Dieu chez Spinoza... avant d'esseyer d'en comprendre les influences... continuez l'école...






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