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Le spinozisme est-il un nietzschéisme ?

OntologieAugustinDercrois a écrit : "Conférence de Blandine Kriegel

Transcription par Augustin Dercrois.

La question que l’on peut se poser est la suivante : faut- il, comme Deleuze, ce grand philosophe, adopter une analyse matérialiste et dynamique du spinozisme, en tant que l’homme, corps, serait soumis à la force du conatus ? Faut-il admettre son corollaire social, qui aboutit à la négation de la loi naturelle ? En un mot, Spinoza préfigure –t-il Nietzsche ?



1°) une Doctrine de la Nature émanente.


a) Contre le concept de Nature géométrique

Spinoza, au contraire de Descartes, récuse l’idée que la Nature n’est que géométrie. Dans la philosophie cartésienne, l’homme, expulsé de la Nature peut s’en rendre Maître. La nature démiurgique de l’homme découle de la conception géométrique de la Nature. Or, nous savons aujourd’hui que cette conception nous mène à une impasse : la Nature, partenaire, se venge de nous.


b) D’une Nature immanente…

Spinoza démontre que la Nature, loin d’être géométrisée, est immanente. Le sentiment appartient à l’ordre de la Nature. Il est beaucoup plus proche d’une Doctrine de la Nature, d’un Dieu tout puissant d’une Doctrine théocentrique que d’une métaphysique jésuitique de la liberté.

c) A une Nature émanente

Dans une lettre à Jakob Osten, il écrit ceci : « Il est peu différent de dire que tout émane nécessairement de la nature divine et que dieu est l’univers. » Voilà la conception panenthéiste de Spinoza. On est loin du Crépuscule des Dieux cher à Nietzsche. L’homme appartient à l’ordre naturel.

On nous explique souvent que Spinoza est panthéiste. Il n’en est rien : Guéroult l’a bien expliqué. Pour lui, Spinoza est panenthéiste. Selon Spinoza, ni l’étendue ni la pensée ne peuvent être conçus en dehors de Dieu, car Dieu est unique, car Dieu et la Nature sont une seule et même chose. Tout est en Dieu et rien sans Dieu ne peut être conçu.

Cette conception spinoziste, ne relève pas de l’immanence panthéiste. Dieu ne comprend pas seulement la pensée et l’étendue, il ne se réduit pas seulement à la matière : il comprend aussi une infinité d’autres genres d’être.

La toute puissance de Dieu a été en acte de toute éternité et demeurera de toute éternité dans la même actualité.

Traditionnellement, dans la métaphysique, on conçoit l’immanence comme le contraire absolu de la transcendance. Pour Deleuze, comme Spinoza est panthéiste, il est totale immanence. Il y a égalité entre l’homme et dieu, entre dieu et les modes finis de la substance.
Or, Spinoza considère qu’il y a prééminence de la cause. Dieu est la cause émanent et non transitive. La création divine est l’actualisation toujours recommencée de sa puissance. La création divine est toujours à l’œuvre et continue d’émaner. Elle est cause émanente.


2°) Le spinozisme est il un nietszschéisme ?

a) Le spinozisme comme philosophie de l’individu

aa) Le cartésianisme, une philosophie du sujet
Chez Descartes, l’homme, sorti de la Nature, comme nous l’avons vu, est un sujet. Il y a autoproduction absolue du sujet. L’homme est conçu comme origine et non comme résultat. La conscience est le principe organisateur du monde, en ne se rapporte pas à des données objectives.

bb) Le spinozisme, une philosophie de l’individu
Pour Spinoza, il n’a pas d’autoproduction humaine. L’homme dépend, par une série de médiations de la Natura naturans, i.e. de l’action de Dieu. L’homme est nature naturée. Le spinozisme est donc une philosophie de l’individuation. L’homme est conçu comme un résultat, non comme une origine. Le début de la connaissance, c’est l’idée vraie. L’individu est à venir. L’individu est un résultat, le sujet une origine.

b) Le spinozisme comme politique du Droit Naturel

aa) Nature et raison
Au contraire de Hobbes, Spinoza ne rompt pas avec la loi naturelle et le droit naturel. Pour lui, le faible, le méchant, le fou sont inscrits dans la Nature. Mais il existe une différence fondamentale entre ceux qui vivent sous la conduite de la raison et les autres hommes. Il n’y a pas d’antinomie entre Nature, Raison et Cité, car la raison demande que chacun s’aide soi – même, cherche l’utile qui est le sien, conserve son être. La raison est fondée sur la loi de la Nature, selon laquelle chacun doit chercher l’affirmation et l’épanouissement de sa vie.

bb) Individu et cité
Selon Spinoza, l’homme qui est conduit par la raison est plus libre dans l’Etat où il vit dans le décret commun que dans la solitude où il n’obéit à lui seul. On a quitté ici l’ordre du droit naturel. Le droit naturel, en tant que manifestation de la puissance, ne suffit pas à fonder le droit civil rationnel. Pourtant la nature humaine s’inscrit dans la Nature. Il n’y a pas de deuxième monde de métaphysique.

Conclusion

Ainsi, la Nature est Dieu. La force divine est actuelle, éternelle, toujours à l’œuvre. L’immanence est l’émanation de cette force. L’Homme est dans la Nature et peut atteindre la connaissance de Dieu par la révélation ou par la raison.


"

 
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Re: Le spinozisme est-il un nietzschéisme ? (Score : 0)
par Visiteur le 03/05/2005
"On est loin du Crépuscule des Dieux cher à Nietzsche. L’homme appartient à l’ordre naturel."

Et pour Nietzsche non ?

"Or, Spinoza considère qu’il y a prééminence de la cause. Dieu est la cause émanent et non transitive. La création divine est l’actualisation toujours recommencée de sa puissance. La création divine est toujours à l’œuvre et continue d’émaner. Elle est cause émanente."

Il faudrait d'abord montrer que le Dieu spinozien demeure transcendant, ce que vous ne faites pas. Ou bien on raproche tellement emanent et immanent qu'il demeure "peu de difference". Mais "peu de difference", c'est quand meme une difference. Et des petites differences emanent (precisement) de grands effets.

"Selon Spinoza, l’homme qui est conduit par la raison est plus libre dans l’Etat où il vit dans le décret commun que dans la solitude où il n’obéit à lui seul. On a quitté ici l’ordre du droit naturel. Le droit naturel, en tant que manifestation de la puissance, ne suffit pas à fonder le droit civil rationnel."

Primo vous confondez pouvoir et puissance, alors que sans cette difference on ne saurait comprendre ni Nietzsche, ni Spinoza.
Deuxio, Spinoza se differencie expressement de la philosophie du contrat social. L'Etat n'est pas une rupture de la puissance naturelle, il en est l'effet. Tout le debut du Traite Politique ne montre que cela. Quoique vous puissiez dire, Spinoza est beaucoup plus proche de Nietzsche et Machiavel que de Rousseau. Et s'il en etait reste, comme vous le croyez, au neoplatonisme de la Renaissance, personne aujourdh'ui ne s'y interesserait. Vous etes de ceux qui desamorcent sa pensee. Je suis de ceux qui la reamorce, car la philosophie n'est pas un loisir d'antiquaire mais une prefiguration de l'avenir a partir des questions presentes.



Re: Le spinozisme est-il un nietzschéisme ? (Score : 0)
par Visiteur le 03/05/2005
Pardon. Le precedent commentaire est l'oeuvre de Miam. Mais il est un peu distrait parce qu'il vient de vivre le premier tremblement de terre de sa vie.



Re: Le spinozisme est-il un nietzschéisme ? (Score : 1)
par benj le 17/08/2005
(Profil Utilisateur | Envoyer un message)
J ai lu Nietzsche et Spinoza bien avant de me pencher sur les analyses qu on a pu en faire. Je n ai donc pas ete inspire par Deleuze pour penser que la philosophie de Nietzsche est la suite logique de celle de Spinoza.

J aimerais que tu me reexplique la difference entre pantheisme et panentheisme.
Je n ai pas saisi, pour moi le pantheisme implique que Dieu soit tout, mais tu dis que le panentheisme Dieu comprend qqchose de plus.

D autre part, entre pantheisme et atheisme, la difference est bien mince,
cela depend de la definition de dieu que l on se choisit

Pourquoi ne pas penser que Spinoza etait un athee qui s en cachait ?



Re: Le spinozisme est-il un nietzschéisme ? (Score : 1)
par poprop le 01/09/2005
(Profil Utilisateur | Envoyer un message)
Quelqu'un pourrait-il éclairer cette note tirée de "Nietzsche et la philosophie (p70)" de Deleuze : "Spinoza a vu avant Nietzsche qu'une force n'était pas séparable d'un pouvoir d'être affecté, et que ce pouvoir exprimait sa puissance. Nietzsche n'en critique pas moins Spinoza mais sur un autre point : Spinoza n'a pas su s'élever jusqu'à la conception d'une volonté de puissance, il a confondu la puissance avec la simple force et conçu la force de manière réactive."
Cela signifierait-il que Spinoza soit passé à côté du double aspect de la volonté de puissance que Deleuze définit avant dans le paragraphe : "elle détermine le rapport des forces entre elles, du point de vue de leur genèse ou de leur production ; mais elle est déterminée par les forces en rapport, du point de vue de sa propre manifestation." Spinoza n'aurait-il vu que le second aspect, qui se limiterait au pouvoir d'être affecté, c'est-à-dire le devenir sensible des forces. Il lui manquerait alors la volonté de puissance comme manifestation de la sensibilité différentielle des forces.

C'est ça ou je capte rien ?

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