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Sept propositions sur la métaphysique spinozienne

Ontologiemiam a écrit : "

Après avoir promis un texte sur la différence entre vérité et adéquation, je me vois contraint d’en différer l’édition en raison de sa longueur. Je me permets toutefois d’énoncer ici sept propositions qui, bien qu’elles suivent également de la définition de la vérité chez Spinoza, concernent bien plutôt sa « métaphysique générale ». J’espère ainsi animer le débat. N’hésitez-pas à écrire vos réactions sur le forum.



Contrairement aux apparences, l’existence nécessaire de Dieu n’est pas démontrée à partir de son essence par une preuve ontologique. La démonstration que « Dieu existe nécessairement » en I 11 demeure conditionnée par l’unicité et l’absolue infinité de la Substance selon les degrés de réalité (realitatis), d’être (esse) ou d’entité (entitatis) qu’introduit la fameuse « proposition isolée » I 9 et qui restent ensuite sans démonstration dans les scolies de I 10 et 11.

Il n’y a pas univocité de l’être, mais seulement de l’essence. L’essence du mode, c’est la production du mode dans l’attribut (le mode constitue l’attribut). Donc c’est l’essence de l’attribut. Et celui-ci constitue l’essence de la substance. Il s’agit toujours de la même essence. Par contre, il n’y a qu’un Etant (Ens), l’absolument infini. Les essences ne sont pas des étants (entia) mais « de l’être » (esse) ou des entités (entitatis). Et certaines de ces essences seulement ont un « être formel » (esse formale) ou « actuel » : à savoir les choses qui sont « dites exister » autrement que comme des essences contenues dans l’attribut (II 8 et 8s). Si, enfin, dans le troisième genre de connaissance (V 30d), les choses sont sub specie aeternitatis « comme des étants réels » (ut entia realia), c’est cependant à partir d’un concept de l’entendement et « en vertu de l’essence de Dieu » (per Dei essentiam) infinie et éternelle, qui se distingue toujours de son être absolument infini.

Il suit de ce qui précède que la métaphysique spinozienne n’est pas une onto-théologie. L’exigence d’un Dieu absolument infini qui existe nécessairement est la condition de possibilité de la perception constatée de l’attribut, et singulièrement de deux de ceux-ci, comme constituant l’essence d’une substance (I D4 et 2). La preuve participe d’une déduction transcendantale des conditions de possibilité de la perception de l’attribut par un entendement, de I D4 (constat de la perception) à I 16 et ss. (assignation de la réflexivité et de l’absolue infinité de Dieu comme condition de possibilité de cette perception d’un attribut).

La constitution-explication de l’essence de la substance par chaque attribut se réalise par la médiation des « modes d’exister » de la substance que sont l’existence, l’infinité, la nécessité et l’éternité (I 10s, 11s, 19d, 20d), qui tous qualifient l’essence de la substance, et ceci en fonction de l’exigence épistémique de la perception de l’attribut comme n’ « existant » que dans l’essence de la substance qu’il constitue (I D4 et CT I, 2, note 2 et 3).

Chaque attribut exprime, enveloppe et explique une essence : la sienne par laquelle il est (perçu comme) constituant l’essence d’une substance (I D4). Mais chaque attribut exprime (enveloppe et explique) également l’existence (I 10s, 11s, 19d, I 20d). Or cette existence n’est pas perçue comme la sienne, mais comme celle de la substance dont il constitue l’essence (D4 et CT I, 2, notes). Cependant :

  1. cette essence par laquelle l’attribut constitue l’essence de la substance ne se distingue pas de l’existence de l’attribut qui est aussi « tout entiere » l’existence de la substance (I 20, CT App. 4c et L 10 à de Vries) Attributs comme substance sont également causes de soi, existant par soi, comme l’ont montré Alquié et Ramond, de sorte que leur essence ne se différencie pas de leur existence (L 10).
  2. or l’attribut exprime l’existence qu’enveloppe l’essence de la substance (médiation des modes d’exister)
  3. donc l’attribut exprime l’essence de la substance

Mais ce qui précède ne peut être exact que si chaque attribut explique et constitue l’essence de la substance sans pourtant lui appartenir, à l’inverse des modes d’exister qui appartiennent à l’essence de la substance sans pourtant la constituer (et qui servent, comme on l’a vu, de médiateurs dans la constitution de l’essence de la substance par chaque attribut).

Expliquer une essence, ce n’est rien d’autre que l’implicance attribut principal – substance, que l’on trouve chez Descartes, mais au contraire de Descartes, sans que cet attribut appartienne à cette essence, parce que la commutativité dans la définition de ce qui appartient à l’essence (II D2), c’est à dire l’univocité de l’essence, l’interdit. Une chose A explique l’essence d’une chose B lorsque la définition de B, qui exprime ce qui appartient à l’essence de B, le fait en termes de A, sans pourtant que A appartienne à l’essence de B, mais en sorte que l’essence de A soit constitue, soit est constituée par B.

Il n’est jamais question au début de l’Ethique d’une quantité dénombrable d’attributs mais seulement une hénologie de la constitution-explication de l’essence infinie (de l’attribut et de la substance) en fonction des exigences épistémiques qui mènent la constitution d’un Etant absolument infini. Soit Un attribut, soit une Infinité d’attributs. Si Deux (or deux) alors la totalité des attributs (cf. 1er dialogue du CT) ou plutôt une Infinité non dénombrable : Un ou une Infinité cf . Bruno et de Cuse. La quantité, chez Spinoza, n’est pas dénombrable ni mesurable. Ou plutôt : la seule mesure, c’est l’Un-Infini de l’essence. Ainsi, l’étendue-essence est une « quantité indivisible ». Il ne s’agit donc pas, comme le pensent Deleuze et Ramond, d’une différence entre qualité et quantité, mais d’une différence entre le processus de constitution dans l’indivisible, où l’on explique l’essence que l’on constitue (autoconstitution infinitaire d’une Nature naturante cause de soi), et ce même processus de constitution dans le divisible, où l’on explique ce par quoi on est constitué (constitution infinitaire de la Nature naturée non cause de soi), en fonction de l’exigence de rendre raison de la perception de l’ attribut principal de chaque chose, telle qu’elle a été établie par Descartes.

Miam

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Re: Sept propositions sur la métaphysique spinozienne (Score : 1)
par Miam le 24/10/2006
(Profil Utilisateur | Envoyer un message)
Tu as écrit :

« Il paraît tout de même difficile de commencer par dire que la déduction de l'existence nécessaire de Dieu ne se fait qu'en apparence à partir de son essence : puisqu'elle ne peut être produite par autre chose, la substance est cause de soi, autrement dit "son essence enveloppe l'existence, ou bien l'existence appartient à sa nature" (E1P7 sur laquelle s'appuie E1P11d1). »

En I 7, il s’agit de démontrer que « l’existence appartient à la nature » de n’importe quelle substance définie en I D3, pourvu qu’elle ne partage aucun attribut. La proposition suivante I 8 nous montre en outre qu’il n’y a de substance qu’infinie, c’est à dire possédant un ou des attributs infinis.
En I 11, en revanche, il s’agit de démontrer que seul Dieu, c’est à dire l’ « Etant absolument infini », « constitué d’une infinité d’attributs infinis », selon I D6, « existe nécessairement ».

Il y a donc dans l’Ethique non pas une mais deux « preuves ontologiques » : l’une qui concerne n’importe quelle substance ne partageant aucun attribut (I 2-7) et, ajoute I 8, qui est infinie; l’autre qui concerne le seul « Etant absolument infini » : l’être (esse) constitué d’une infinité d’attributs infinis (I 11s). La démonstration de I 11 s’appuie sur la proposition I 7, et celle-ci sur la définition de la causa sui ou existence par soi.

La proposition 7 est un énoncé à la fois épistémologique et hénologique. Epistémologique parce qu’il est déduit depuis la proposition 2 sur la base des définitions 3 et 4 de sorte que la relation attribut - substance est donnée dans la perception d’un entendement fini ou infini (I D4). Hénologique parce que ce que perçoit un entendement, c’est l’attribut constituant (constituens) l’ « essence d’une substance », de sorte que, selon l’axiome 4 (qui définit implicitement l’ « envelopper »), et comme l’écrit Deleuze, nulle distinction réelle n’est numérique.

Après la proposition 8, rien n’exclut encore l’existence de substances d’attributs différents, pourvus qu’ils soient infinis. La proposition 7 ne pose pas l’ « existence nécessaire » de toutes les substances d’attributs différents. Elle énonce seulement que l’existence « appartient à la nature de » toute substance qui ne partage aucun attribut (et I 8 ajoute que toute substance est infinie). Suivant II D2, elle affirme donc que l’existence ne peut ni être ni être conçue sans la nature (ou l’essence) d’une telle substance, et vice versa. C’est qu’en effet, un entendement ne saurait percevoir d’attribut comme existant, sinon « comme constituant l’essence d’une substance » (I D4 et CT I, 2, note 5). Elle affirme en outre que l’essence de toute substance ne partageant aucun attribut enveloppe l’existence, de sorte que de la définition d’une substance de ce type, il suit qu’elle existe. Mais elle n’affirme pas, comme le fera I 11 au sujet de Dieu, que toute substance ne partageant aucun attribut, « existe nécessairement ». Dire qu’une substance existe par définition ou essence, ce n’est pas dire quelle(s) substance(s) existe nécessairement, car il est incompatible qu’il y ait à la fois une, plusieurs ou une infinité de substances qui possèdent un ensemble d’attribut (puisque une substance ne partage pas ses attributs selon les propositions qui précèdent). Mais il pourrait encore n’y avoir qu’une substance infinie, comme il pourrait y en avoir plusieurs ou une infinité. Il faut encore savoir de quelle(s) substance(s) il s’agit – de quels attributs elle(s) est/sont constituée(s) - pour seulement les déterminer, pouvoir la/les définir et tirer de là son/leur existence nécessaire. En d’autres termes, il faut savoir pour chaque substance éventuelle de quel « être ou réalité » on parle – de « combien » d’attributs ou d’entité (entitatis) elle est constituée - avant d’en saisir l’essence par une définition et, de là, en tirer l’existence nécessaire. C’est là du reste une démarche fidèle à Aristote : seul un étant a une essence de sorte que, pour Spinoza comme pour Aristote, l’ « ousia » - la substance – est une « étance » (Ens).

Or, nulle part ici il n’est question de l « être » (esse) de la substance ou

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Re: Sept propositions sur la métaphysique spinozienne (Score : 1)
par Henrique le 22/10/2006
(Profil Utilisateur | Envoyer un message | Journal) http://www.spinozaetnous.org
Article manifestement profond mais il faudrait que tu définisses comment tu comprends "être, étant, essence, existence" chez Spinoza pour que personnellement, je puisse le comprendre.

Il paraît tout de même difficile de commencer par dire que la déduction de l'existence nécessaire de Dieu ne se fait qu'en apparence à partir de son essence : puisqu'elle ne peut être produite par autre chose, la substance est cause de soi, autrement dit "son essence enveloppe l'existence, ou bien l'existence appartient à sa nature" (E1P7 sur laquelle s'appuie E1P11d1).

D'autre part, tu dis "il n’y a pas univocité de l’être, mais seulement de l’essence. L’essence du mode, c’est la production du mode dans l’attribut (le mode constitue l’attribut). " Je vois mal d'abord la différence entre être et essence, d'autant qu'après tu dis qu'il y a un seul étant et cependant plusieurs essences :-/ De même que mammifère se dit de façon univoque pour chien et pour chat, je vois mal comment l'esse ne pourrait pas se dire de façon univoque pour les différents degrés de réalité évoqués dans E1P9. Enfin, esse est bien employé par ex. pour attribuer la négation partielle au fini (E1P8S1), ne faut-il pas que le fini relève de l'être pour cela ? Et si par être, tu entends l'existence, tu n'es quand même pas passé à côté de E1P20 ?

Quant à l'essence du mode, j'aurais dit que c'est l'effort de persévérer dans son être propre, est-ce contradictoire avec le fait 'd'être produit dans un attribut' ? Par contre, infini ou fini, un mode est adéquatement conçu et donc produit en et par Dieu sur le plan de son essence (E1P23) et pour les modes finis par d'autres modes sur le plan de son existence. Mais la substance reste par définition antérieure à ses affections (E1P1), je vois donc mal comment tu peux dire que "le mode constitue l’attribut" sachant que l'attribut est un aspect de l'essence de la substance.






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