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Le désir selon Spinoza et R.Girard

Politiquepicrete a écrit : "L'exaltation contemporaine du désir et Spinoza.

Convient-il, dans cette période préélectorale, de faire intervenir certains philosophes et plus particulièrement Spinoza? C'est, en tout cas, l'idée qui me préoccupe, au risque de compromettre ce dernier dans la mêlée confuse auquel se livre le monde politique actuel. Il me semble que Spinoza a abordé dans son œuvre toutes les questions qu'un être humain est susceptible de se poser y compris celles relatives à la politique notamment républicaine. M'étant intéressé à ce philosophe sur le tard après d'autres lectures d'auteurs plus récents, je n'ai pu m'empêcher de lancer quelques ponts entre les idées des uns et de l'autre. Résisteront-ils à vos réactions que j'espère très franchement exemptes de toute indulgence ?

Je m'explique: Spinoza me semble donner à « l'envie », cette « affection » particulièrement génératrice de « haine », un caractère néfaste à la puissance d'agir mais aussi, à mon sens, à toute véritable cohésion sociale, il semble même s'étendre plus longuement sur cette affection dans la mesure où elle intervient dans les domaines qui enveloppent les éléments triviaux du bonheur, en l'occurrence les richesses, l'honneur et les plaisirs sensuels.

Or, un philosophe contemporain, fortement contesté certes, notamment pour sa position religieuse, fait du désir mimétique le ressort majeur et quasi instinctif de l'activité humaine. Pour lui, qui s'appuie sur Aristote déclarant « L'homme diffère des autres animaux en ce qu'il est le plus apte à l'imitation », se réfère aux neurologues contemporains qui affirment que le cerveau humain est une énorme machine à imiter.

Il en déduit que, et je le cite, « le sujet qui ne peut décider par lui même de l'objet qu'il doit désirer, s'appuie sur le désir d'un autre. Et il transforme automatiquement le désir modèle en un désir qui contrecarre le sien. Parce qu'il ne comprend pas le caractère automatique de la rivalité, l'imitateur fait, de sa position d'être contrecarré, repoussé et rejeté, l'excitant majeur de son désir. Sous une forme ou sous une autre, il va incorporer toujours plus de violence à son désir.
Reconnaître cette tendance, c'est reconnaître que le désir, à la limite, tend vers la mort, celle de l'autre, du modèle obstacle, et celle du sujet lui même. ».

Cette théorie du désir mimétique présente une évidente analogie avec ce que déclare Spinoza dans son « Ethique » au sujet de l'émulation (3° partie, chapitre 33) : « L'émulation est le désir d'une chose et qui est engendré en nous parce que nous imaginons que d'autres ont ce désir » et, dans son explication, il précise que cette « émulation » ayant bénéficié indûment d'une connotation d'honnêteté n'est en rien différente de l'imitation pure et simple.

Pourquoi insister sur la similitude de ce type de conceptions émanant de ces deux philosophes et plus précisément sur le sujet du désir et de son corollaire l'imitation?

C'est que nous sommes, c'est, tout au moins, un avis largement partagé, embarqués dans un consumérisme forcené et survolté par un appareil publicitaire tentaculaire et que nos hommes politiques ne semblent pas vouloir en mesurer les effets pernicieux pour une société mondiale en quête avouée d'hédonisme égocentrique en même temps que de paix universelle, paradoxe générateur, suivant l'avis des hommes cités plus haut, de conflits multiples.

Bien sûr, le courant actuel est d'une force telle que vouloir changer son cours tient de l'utopie mais y réfléchir et tenter d'aborder des rives apaisantes où la raison qui sous-tend toute la réflexion de Spinoza est en mesure de juguler le règne des passions nocives, ce sont, à mon sens, des démarches salutaires. Je ne sais si cette tendance récente portée sur le « Don quichottisme » m'a inspiré cette tirade quelque peu emphatique, qu'on me la pardonne, si l'on veut bien reconnaître toute la lucidité du grand philosophe qui fait l'objet de nos échanges et ma manière peut être singulière d'en interpréter le discours.

"

 
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Re: Le désir selon Spinoza et R.Girard (Score : 1)
par Henrique le 03/03/2007
(Profil Utilisateur | Envoyer un message | Journal) http://www.spinozaetnous.org
Il est clair que si Spinoza réhabilite le désir, qui passait pour la marque de l'impuissance humaine, l'essence de l'homme étant par exemple chez Platon une perfection transcendant son existence actuelle, en montrant qu'il est puissance d'être affecté et ainsi d'augmenter une perfection déjà accomplie, ce n'est pas pour autant qu'il se reconnaîtrait dans l'idolâtrie consumériste du désir. Car notre époque favorise en fait la satisfaction, qu'elle qu'elle soit, pour peu qu'elle ne donne pas lieu à des violences sociales trop visibles, et surtout pour peu qu'elle puisse être solvable en termes d'échanges économiques. Notre époque ne cultive ou plutôt n'excite le désir que pour mieux l'épuiser et au fond le nier encore. Pour cela, un de ses ressorts principaux est effectivement le mimétisme.

Une attitude spinoziste consisterait plutôt à trouver sa satisfaction dans le désir même, compris comme perfection et non comme manque irrépressible et indéfini, souffrance à calmer au moyen de biens de consommation sans fin. Il est clair que le fait de trouver sa joie de vivre dans le désir d'augmenter sa capacité de comprendre et de se réjouir de l'existence même ainsi comprise n'a guère de traduction en termes économiques.

Si on regarde l'actuelle campagne électorale, ce sont les thèmes du pouvoir d'achat lié à la stabilité de l'emploi qui sont privilégiés, tout en promettant de "faire quelque chose" pour les problèmes écologiques que le consumérisme que l'on entend favoriser provoque pourtant ; c'est peut-être à cela que vous faisiez allusion. Mais si la population aspire à une sécurité économique et sociale, c'est d'abord dans le sens du respect de sa dignité à une époque où les biens nécessaires au maintien d'une vie satisfaisante et libre sont de plus en plus difficilement accessibles au plus grande nombre. Et cela pour permettre à une minorité de profiter pleinement des biens de consommation que toute la société produit par son travail et son respect des lois sans répartition très équitable des bénéfices de ce produit.

Pour pouvoir cultiver ses facultés librement, il faut être libéré de la crainte de ne pas pouvoir assurer ses besoins fondamentaux. Or une majorité de la population est soumise à une précarité croissante de son travail et des conditions de son exercice. Donc une majorité vit dans la servitude quand la vie sociale et la politique devraient servir à permettre une liberté effective pour tous et non pour quelques uns seulement.

Seulement, cette même majorité n'est pas clairement consciente de ce problème et des éléments de solution possibles, tant les sirènes du consumérisme et l'envie qu'elles provoquent font obstacle à une telle prise de conscience. D'où une nouvelle forme de servitude volontaire. C'est pourquoi la droite, qui consiste à ériger l'égoïsme en principe fondamental de vie en société, prospère. Il est vrai que la gauche ne parvient pas actuellement à produire un discours d'ensemble à la fois attrayant et cohérent pour y faire obstacle.






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