Spinozaetnous.org
 Sommaire
 Accueil
 Lire et comprendre
 Présentations
 Définitions
 Oeuvres
 Extraits
 Citations
 Les autres
 Bibliographie
 Wiki
 Réfléchir
 Être
 Connaître
 Être humain
 Bien vivre
 Vivre ensemble
 Actualités
 Discussions
 Forums
 Messages Privés
 Ressources
 Téléchargements
 Liens
 Recherche
· Fil d'info
 Interactions
 Proposer un article
 Journal
 Quizz
 Nous recommander
 Contact
 Infos
 Votre compte
 Statistiques
 Citation de Spinoza
Ce n'est pas par les armes mais par l’amour que les âmes sont vaincues.
Amore non armis animi vincuntur.
Ethique IV, chap. 11.
 Derniers documents
· Nécessité et liberté 
· Bien, mal, éthique 
· Désir, joie et amour, tristesse, béatitude 
· Entendement humain, genres de connaissance, ... 
· Essence, de Dieu, de mode, de genre (?) Abrégé 
· Propriétés 
· Universaux, idées générales, êtres de Raison, ... 
· Régression à l'infini : E1P28 et autres 
· Spinoza - par Alain 
· Plus de documents...
 Chercher dans les oeuvres

 Qui est en ligne ?
Il y a pour le moment 160 invité(s) et 0 membre(s) en ligne.

Vous êtes un visiteur anonyme. Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en cliquant ici.
Spinoza et Nous - Philosophie de l'affirmation: Documents

[ En préparation | Top 10 | Documents ]

 Plus d'infos
Sur le Court Traité - par Jules Lagneau
11199 lectures | Postez un commentaire | Pas de commentaire associé à ce document.

1 - Authenticité et composition de l'ouvrage
2 - Dieu, son existence et ses attributs
3 - L'homme, ses passions et sa liberté

1 - Authenticité et composition de l'ouvrage

SUR LE COURT TRAITÉ DE SPINOZA


Jules Lagneau



Spinoza : Dieu, l'homme et la béatitude (traité traduit pour la première fois en français par Paul Janet, Paris, 1878). - Compte rendu paru dans la Revue Philosophique de janvier 1879.



Ce petit ouvrage fait partie du supplément aux œuvres de Spinoza publié en 1862 par M. Van Vloten, qui contient en outre quelques lettres inédites et le Traité de l'arc-en-ciel, que les éditeurs des Opera posthuma n'avaient pu retrouver et supposaient brûlé par l'auteur.

Nous possédons deux manuscrits du traité De Deo et Homine, que M. Janet vient d'avoir l'heureuse idée de faire connaître au public français, et l'authenticité n'en est pas douteuse, malgré la singularité d'une découverte aussi tardive. Nous avons bien là cette première rédaction de l'Éthique, dont la Bibliothèque des anonymes de Mylius mentionnait l'existence. Mais si les deux manuscrits sont en hollandais, contrairement à l'assertion de Mylius, ils ne sont que des traductions : l'original était en latin ; l'un des copistes prend soin de nous en avertir, et les latinismes du texte hollandais, au dire des éditeurs, témoignent qu'il dit vrai...

Cette question d'authenticité est la première qui se pose pour l'ouvrage lui-même, mais les raisons de la trancher affirmativement sont décisives. Sans aucun doute les intimes de Spinoza avaient eu connaissance du Traité de Dieu et de l'homme, puisqu'il l'avait écrit à leur intention : la dernière page en témoigne. S'ils ne l'ont ni retrouvé ni mentionné, c'est qu'à leurs yeux comme à ceux de l'auteur, l'intérêt en était minime ; l'Éthique effaçait complètement cette première ébauche. Elle était pour eux du nombre de ces papiers dont il n'y avait pas à regretter la perte, parce que tout ce qu'ils contenaient était dit ailleurs et beaucoup mieux (voir la préface des Posthuma). Étrangers à notre préoccupation moderne d'apercevoir partout évolution et filiation, la pensée du maître leur apparaissait simple, identique et sans histoire au fond. Ayant le monument, ils se souciaient peu de l'échafaudage et des premiers dessins. Peut-être n'avaient-ils pas tout à fait tort : dans les grands esprits, le système c'est l'homme, et l'un n'existe pas sans l'autre. Ce qui est certain, c'est que, du De Deo à l'Éthique, le spinozisme, s'il s'est rempli, n'a pas varié : ses contours, ses grands traits sont restés ce qu'ils étaient.

Nous ne devons pas oublier d'ailleurs le culte profond, passionné, que les amis de l'auteur vouaient à son grand ouvrage. Imposant. par l'austérité savante de la forme, comme les livres saints par le mystère qui les enveloppe, il était à la fois le précis scientifique et l'Évangile de la secte. Ce que la Bible est encore pour les protestants, ce que le Manuel d'Épictète fut pour les stoïciens de l'Empire, l'Éthique l'était pour eux. Ils y puisaient leurs oracles pratiques et théoriques, les thèmes de leurs discussions et de leurs méditations en commun ;ils le citaient de mémoire (Spinoza leur en donnait l'exemple), comme les géomètres, il n'y a pas longtemps, possédaient et citaient les Éléments d'Euclide. On se rappelle la lettre de S. de Vries, incomplètement éditée jusqu'à M. Van Vloten, et dont M. Janet, dans son article sur Spinoza (Revue des Deux Mondes, 15 juillet 1867), traduisit un si curieux passage. Les disciples de Spinoza se réunissaient en l'absence du maître, en une sorte de petite conférence, où chacun à tour de rôle lisait, expliquait et démontrait, avec commentaires, mais dans l'ordre du livre, une suite de propositions de l'Éthique ; quand une difficulté se rencontrait et qu'aucun des assistants ne la pouvait résoudre, on en prenait note pour demander les explications du maître, afin de pouvoir, " avec son secours, défendre la vérité contre les superstitieux et les chrétiens, et soutenir l'assaut du monde entier ".

Cette lettre est de 1667. Dès cette époque, il est clair que l'Éthique était tout pour les spinozistes. Nous voyons en outre, par la deuxième lettre à Blyenberg, que Spinoza s'occupait peu de ses livres une fois terminés, et les abandonnait à leur sort. A plus forte raison dut-il prendre peu de souci du De Deo, qui paraît avoir été fait très vite, dont il fut sans doute mécontent, et qu'il prit le parti de ne pas publier, en même temps que celui de le refaire sous une forme scientifique. Aux indications données par le titre, qui porte en toutes lettres : " Primum latine conscriptus a B.D.S. ", ajoutons comme preuve de l'authenticité du De Deo que le copiste paraît avoir été un certain médecin du siècle dernier, nommé Monnikoff, qui transcrivit entièrement de sa main les papiers du théologien Deurhoft, un des initiés à qui Spinoza laissait communiquer l'Éthique. Ce théologien aurait donc cru à l'authenticité du livre, et nous ne saurions avoir un témoignage meilleur.

Quant aux raisons intrinsèques, le De Deo contient le chapitre sur le diable, indiqué par Mylius comme appartenant à la première rédaction de l'Éthique. Nous trouvons textuellement dans le traité certaines propositions et certains axiomes cités dans les lettres à Oldenburg. De plus le De Deo ne saurait être un abrégé de l'Éthique : l'économie des deux ouvrages est trop différente ; il ne peut donc en être qu'une ébauche, c'est-à-dire que Spinoza en est l'auteur. Enfin, les dernières lignes où il recommande à ses disciples de ne communiquer son livre qu'avec la plus grande circonspection, révèlent clairement la main du maître. Ces preuves ajoutent peu de chose d'ailleurs à l'évidence qui ressort de la lecture de l'ouvrage. L'imperfection de la forme n'empêche pas qu'on y reconnaisse aisément la touche de Spinoza, si originale, et les allures de sa pensée.

Le De Deo et Homine se compose de trois morceaux distincts le traité lui-même, les dialogues, l'appendice. Les dialogues, insérés entre les chapitres deuxième et troisième de la première partie, ne font, à vrai dire, pas corps avec l'ouvrage ; ils s'en distinguent, dit M. Janet, par un certain caractère mystique et oriental, par l'obscurité de la déduction, par le vague de la pensée. Ces raisons le portent à y voir ce que nous avons de plus ancien dans les écrits de Spinoza : peut-être seraient-ils antérieurs à l'influence de Descartes.

Nous ne partageons pas cet avis : l'influence de Descartes nous y semble au contraire évidente. Le premier dialogue met aux prises le dualisme cartésien avec la doctrine de la substance unique, en essayant d'élever cette doctrine au-dessus d'un panthéisme purement naturaliste, ce qui, soit dit en passant, contredit l'opinion de M. Avenarius, qui suppose une première phase naturaliste du système.

Si les dialogues sont ce que le traité renferme de plus ancien, l'appendice, dont le premier chapitre se présente sous la forme géométrique, est au contraire postérieur au traité. Ce chapitre paraît être une première rédaction du début de l'Éthique, qui en reproduit textuellement plusieurs axiomes et plusieurs propositions. Ils seraient donc contemporains des lettres d'Oldenburg (1661). Quant au traité lui-même, il est certainement antérieur à ces lettres et postérieur à l'année de l'excommunication (1656), puisque Spinoza, lorsqu'il l'acheva du moins, était éloigné de ses disciples.

L'espace nous manque pour donner autre chose ici qu'une vue générale de l'ouvrage et une idée des différences qui le séparent de l'Éthique. Il serait intéressant de suivre M. Janet dans l'analyse critique qu'il en fait et de marquer en détail, d'un traité à l'autre, les progrès extérieurs de la pensée spinozienne. Comme nous l'avons dit, si l'on peut parler de progrès, de développement, les termes d'évolution, de transformation ne seraient pas ici fort exacts, et il y aurait lieu de soumettre à rigoureux examen la thèse de M. Avenarius et de plusieurs autres critiques modernes. M. Janet, non plus, ne l'admet pas sans réserve.

II fait remarquer que le traité n'est pas écrit sous forme géométrique ; ce qui dément l'opinion banale que la méthode dans Spinoza a fait le système ; et qu'il ne commence pas comme l'Éthique par la théorie de la substance, ce qui prouve que le spinozisme n'est pas non plus là tout entier, comme on l'a trop légèrement répété. "Le spinozisme, conclut judicieusement M. Janet, ne tient donc ni à telle définition ni à telle méthode, il a été conçu, comme tous les systèmes, d'un seul jet et a priori et Spinoza en a cherché ensuite la démonstration."

Notes :


1. L'affirmation du summum ens impliquée, en apparence du moins, dans toute affirmation particulière, c'est-à-dire Dieu, condition de la pensée.
Retour texte



[12 3 




Accueil | Lire et comprendre | Définitions | Oeuvres | Citations | Réfléchir | Téléchargements | Liens
Votre compte | Proposer article | Messages privés | Forum | Rechercher | Quizz | Recommander | Contact

Contenu disponible sous Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale 2.0 France, source à citer : www.spinozaetnous.org

Ce site a été réalisé avec la version française de PHP-Nuke, de F.Burzi, sous licence GPL.
http://www.spinozaetnous.org/backend.php

Page générée en: 0.11 Secondes