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Spinoza et Nous - Philosophie de l'affirmation: Documents

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Universaux, idées générales, êtres de Raison, ...
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1 - Dans les Pensées Métaphysiques
2 - Dans le Traité de la Réforme de l'Entendement
3 - Dans le Court Traité
4 - Dans l'Ethique
5 - Dans les Lettres, le TP et le TTP

1 - Dans les Pensées Métaphysiques

PM1Ch1 : De l’Être Réel, de l’Être Forgé et de l’Être de Raison.


Je ne dis rien de la définition de cette science ni même de l’objet auquel elle a trait ; mon intention est seulement d’expliquer ici brièvement les points qui sont plus obscurs et qui sont traités par les auteurs dans leurs écrits métaphysiques.


Définition de l’Être. – Commençons donc par l’Être par où j’entends : Tout ce que, quand nous en avons une perception claire et distincte, nous trouvons qui existe nécessairement ou au moins peut exister.


Une Chimère, un Être forgé et un Être de Raison ne sont pas des Êtres. – De cette définition ou, si l’on préfère, de cette description, il suit qu’une Chimère, un Être de Raison ne peuvent du tout être rangés parmi les êtres, car une Chimère de sa nature ne peut exister. Pour un Être forgé, il exclut la perception claire et distincte, attendu que l’homme usant simplement de sa liberté, et non, comme dans l’erreur, sans le savoir, mais le sachant et à dessein, conjoint les choses qu’il lui plaît de conjoindre et disjoint celles qu’il lui plaît de disjoindre. Un Être de Raison enfin n’est rien d’autre qu’un mode de penser qui sert à retenir, expliquer et imaginer plus facilement les choses connues. Et il faut noter ici que par mode de penser, nous entendons ce que nous avons expliqué déjà dans le Scolie de la Proposition 4, partie I, à savoir toutes les affections de la pensée, telles que l’entendement, la joie, l’imagination, etc.


Par quels modes de penser nous retenons les choses. – Que, d’ailleurs, il existe certains modes de penser nous servant à retenir les choses plus fermement et facilement et à nous les rappeler à l’esprit, quand nous voulons, ou à les maintenir dans l’esprit, c’est ce qui est assez certain pour ceux qui usent de cette règle bien connue de la Mémoire : pour retenir une chose tout à fait nouvelle et l’imprimer dans la mémoire, nous avons recours à une autre chose qui nous est familière et qui s’accorde avec la première soit seulement par le nom, soit en réalité. C’est de semblable façon que les Philosophes ont ramené toutes les choses naturelles à de certaines classes auxquelles ils ont recours quand quelque chose de nouveau s’offre à eux et qu’ils appellent genre, espèce, etc.


Par quels modes de penser nous expliquons les choses. – Pour expliquer une chose, nous avons aussi des modes de penser ; nous la déterminons par comparaison avec une autre. Les modes de penser dont nous usons à cet effet s’appellent temps, nombre, mesure, et peut-être y en a-t-il d’autres.
De ceux que j’indique l’un, le temps, sert à l’explication de la durée ; le nombre, à celle de la quantité discrète ; la mesure, à celle de la quantité continue.


Par quels modes de penser nous imaginons les choses. – Comme enfin nous avons accoutumé, toutes les fois que nous connaissons une chose, de la figurer aussi par quelque image dans notre imagination, il arrive que nous imaginons positivement, comme des êtres, des non-êtres. L’âme humaine, en effet, considérée en elle seule, en tant que chose pensante, n’a pas un pouvoir plus grand d’affirmer que de nier ; mais comme imaginer n’est rien d’autre que sentir les traces laissées dans le cerveau par le mouvement des esprits, excité lui-même dans les sens par les objets, une telle sensation ne peut être qu’une affirmation confuse. Et ainsi advient-il que nous imaginons comme des êtres tous ces modes dont l’esprit use pour nier, tels par exemple que la cécité, l’extrémité ou la fin, le terme, les ténèbres, etc.


Pourquoi les Êtres de Raison ne sont pas des Idées de choses et sont cependant tenus pour telles. – Il est clair par ce qui précède que ces modes de penser ne sont pas des idées de choses et ne peuvent être du tout rangés parmi les idées ; aussi n’ont-ils aucun objet qui existe nécessairement ou puisse exister. Mais la cause qui fait que ces modes de penser sont pris pour des idées de choses est qu’ils proviennent et naissent des idées de choses assez immédiatement pour être très aisément confondus avec elles à moins de l’attention la plus diligente ; c’est pourquoi on leur a appliqué des noms comme pour désigner des êtres situés en dehors de notre esprit et on a appelé ces Êtres, ou plutôt ces Non-Êtres, Êtres de Raison.


Fausseté de la division de l’Être en Être réel et Être de Raison. – Il est facile de voir par ce qui précède combien déraisonnable est cette division par où l’Être est divisé en Être réel et Être de Raison : on divise ainsi l’Être en Être et non-Être ou en Être et mode de Penser. Je ne m’étonne pas cependant que les Philosophes attachés aux mots ou à la grammaire soient tombés dans des erreurs semblables ; car ils jugent des choses par les noms, et non des noms par les choses.


Comment un Être de Raison peut être dit un pur Néant et comment il peut être dit un Être Réel. – Non moins déraisonnable le langage de celui qui dit qu’un Être de Raison n’est pas un pur Néant. Car s’il cherche ce qui est signifié par ces noms, en dehors de l’entendement, il trouvera que c’est un pur Néant ; s’il entend au contraire les modes de penser eux-mêmes, ce sont des Êtres Réels. Quand je demande en effet ce qu’est une espèce, je ne demande rien d’autre que la nature de ce mode de penser qui est réellement un Être et se distingue de tout autre mode ; mais ces modes de penser ne peuvent être appelés des idées et ne peuvent être dits vrais ou faux, de même que l’amour ne peut être dit vrai ou faux, mais bon ou mauvais. C’est ainsi que Platon, quand il a dit que l’homme était un animal bipède sans plumes, n’a pas commis une erreur plus grande que ceux qui ont dit que l’homme était un animal raisonnable. Car Platon a connu que l’homme était un animal raisonnable, tout autant que les autres ; mais il a rangé l’homme dans une certaine classe afin que, par la suite, quand il voudrait penser à l’homme, il rencontrât aussitôt la pensée de l’homme en recourant à cette classe qu’il pouvait se rappeler aisément.
Bien plus, Aristote est tombé dans l’erreur la plus grande s’il a cru avoir expliqué adéquatement l’essence de l’homme par sa propre définition ; quant à savoir si Platon a bien fait, on peut se le demander. Mais ce n’est pas ici le moment.


Dans une recherche relative aux choses, les Êtres Réels ne doivent pas être confondus avec les Êtres de Raison. – De tout ce qui vient d’être dit suit clairement qu’il n’y a aucune concordance entre l’Être Réel et les objets auxquels se rapporte l’Être de Raison. On voit par là avec quel soin il faut se garder dans l’étude des choses de confondre les Êtres Réels et les Êtres de Raison. Autre chose en effet est de s’appliquer à l’étude des choses, autre chose d’étudier les modes suivant lesquels nous les percevons. En confondant le tout, nous ne pourrons reconnaître ni les modes de percevoir, ni la nature elle-même ; en outre, et c’est le plus grave, nous tomberons dans de grandes erreurs, comme il est advenu à beaucoup jusqu’à présent.


Comment se distinguent l’Être de Raison et l’Être Forgé. – Il faut noter encore que beaucoup confondent l’Être de Raison avec l’Être Forgé ou la Fiction ; ils croient que ce dernier est aussi un Être de Raison parce qu’il n’a point d’existence hors de l’esprit. Mais si l’on prend garde aux définitions ci-dessus données de l’Être de Raison et de l’Être Forgé, on trouvera qu’il y a entre eux une grande différence non seulement par rapport à leur cause, mais en conséquence aussi de leur nature et sans avoir égard à leur cause. Nous avons dit en effet qu’une Fiction n’était rien d’autre que deux termes conjoints simplement par la seule volonté non guidée par la Raison ; d’où suit que l’Être Forgé peut être vrai par accident ; quant à l’Être de Raison, ni il ne dépend de la seule volonté, ni il ne se compose de termes conjoints, comme il est assez évident par sa définition. Donc à qui nous demanderait si l’Être Forgé est un Être Réel ou un Être de Raison, nous répéterions et représenterions seulement ce que nous avons déjà dit : que la division de l’Être en Être Réel et Être de Raison est mauvaise ; et que par suite on demande à tort si un Être Forgé est un Être Réel ou un Être de Raison ; car on suppose que tout l’Être est divisé en Être de Raison et en Être Réel.


PM1Ch2 : … nous avons voulu recourir à Dieu pour expliquer d’une manière générale l’essence des modes et des substances...


PM1Ch5 : De ce que nous comparons les choses entre elles il naît certaines notions qui cependant ne sont rien, en dehors des choses elles-mêmes, que de simples modes de penser. Cela se voit à ce que, si nous voulons les considérer comme des choses posées hors de la pensée, nous rendons ainsi confus le concept clair que nous avons d’elles d’autre part. Telles sont les notions d’Opposition, d’Ordre, de Concordance, de Diversité, de Sujet, de Complément, et d’autres semblables qui peuvent s’ajouter à celles-là.


Ce que sont l’Opposition, l’Ordre, la Concordance, la Diversité, le Sujet, le Complément, etc. – Ces choses, dis-je, sont assez clairement perçues par nous, aussi longtemps que nous les concevons, non comme quelque chose de distinct des essences des choses opposées, ordonnées, etc., mais seulement comme des modes de penser par lesquels nous retenons ou imaginons plus facilement les choses elles-mêmes. C’est pourquoi je ne juge pas nécessaire d’en parler ici plus amplement et je passe aux termes dits communément transcendantaux.


PM1Ch6 : De l’Un, du Vrai et du Bien.


Ces termes sont tenus par presque tous les métaphysiciens pour les affections les plus générales de l’Être ; ils disent en effet que tout Être est Un, Vrai et Bon, quand bien même personne n’y pense. Mais nous allons voir ce qu’il faut entendre par ces termes lorsque nous aurons examiné chacun d’eux séparément.


Ce qu’est l’unité. – Commençons par le premier, à savoir l’Un. On dit que ce terme signifie quelque chose de réel hors de l’entendement, mais ce qu’il ajoute à l’être on ne sait l’expliquer, et cela montre assez que l’on confond des Êtres de Raison avec l’Être Réel, par où il arrive qu’on rend confus ce qui est conçu clairement. Pour nous, nous disons que l’Unité ne se distingue en aucune façon de la chose et n’ajoute rien à l’être, mais est seulement un mode de penser par lequel nous séparons une chose des autres qui lui sont semblables ou s’accordent avec elles en quelque manière.


Ect.


PM2Ch7 : Comment Dieu connaît les péchés et les êtres de Raison, etc. – On demande maintenant si Dieu connaît les maux ou les péchés, les êtres de Raison et autres choses semblables. Nous répondons que Dieu doit nécessairement connaître les choses dont il est cause ; attendu surtout qu'elles ne peuvent exister même un instant sinon à l'aide du concours divin. Puis donc que les maux et les péchés ne sont rien dans les choses, mais sont seulement dans l'esprit humain comparant les choses entre elles, il s'ensuit que Dieu ne les connaît pas en dehors de l'esprit humain. Nous avons dit que les êtres de Raison sont des modes de penser, et c'est dans leur relation avec l'esprit qu'ils doivent être connus de Dieu, c'est-à-dire en tant que nous percevons qu'il conserve, procrée, continûment l'esprit humain tel qu'il est constitué ; non certes que Dieu ait en lui de tels modes de penser pour retenir plus facilement ce qu'il connaît. Si seulement l'on prend garde comme il faut à ce peu que nous avons dit, il ne se pourra proposer aucune question au sujet de l'entendement de Dieu qui ne se puisse résoudre avec la plus grande facilité.


Comment Dieu connaît les choses singulières et comment les générales. – Il ne faut pas cependant passer sous silence l'erreur de quelques-uns qui admettent que Dieu ne connaît rien en dehors des choses éternelles telles que les anges et les cieux qu'ils se représentent comme n'étant ni engendrés ni corruptibles ; et de ce monde, rien en dehors des espèces, en tant également qu'elles ne sont ni engendrées ni corruptibles. Ceux qui ont cette opinion semblent vraiment vouloir mettre comme de l'application à errer et à imaginer les choses les plus absurdes. Quoi de plus absurde en effet que d'enlever à Dieu la connaissance des choses singulières qui sans le concours de Dieu ne peuvent exister même un instant. Et tandis qu'ils décident que Dieu ignore des choses réellement existantes, ils lui attribuent dans leur imagination la connaissance des choses générales qui ne sont pas et n'ont aucune essence en dehors des singulières. Nous, au contraire, attribuons à Dieu la connaissance des choses singulières et lui dénions celles des choses universelles, sauf en tant qu'il connaît les esprits des hommes.


PM2Ch12 : Dieu n’agit pas contre la Nature mais au-dessus d’elle ; en quoi cette action consiste selon l’Auteur. – Nous ne sommes point arrêtés par cette objection possible que Dieu peut à un moment quelconque détruire ces lois naturelles pour produire des miracles ; car la plupart des théologiens les plus sages accordent que Dieu ne fait rien contre la Nature, mais agit au-dessus d’elle, c’est-à-dire, comme je l’explique, que Dieu a pour agir beaucoup de lois qu’il n’a pas communiquées à l’entendement humain et qui, si elles lui avaient été communiquées, paraîtraient aussi naturelles que les autres.
Il est parfaitement clair par là que les âmes sont immortelles et je ne vois pas ce qui me reste à dire de l’âme humaine en général en cet endroit. ...


Traduction de Charles Appuhn.


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