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 Citation de Spinoza
Une autorité politique exercerait donc un règne d'une violence extrême, si elle refusait à l'individu le droit de penser, puis d'enseigner ce qu'il pense.

Traité théologico-politique chap. XX
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    Spinoza et Nous - Philosophie de l'affirmation -> Définitions -> Catégorie - > Lettre A


  • a posteriori :

  • Leibniz, et Kant ensuite, définissent ce qui est connu a posteriori comme ce qui est induit de l'expérience, ce qui dépend de l'expérience. Ex. je sais a posteriori que demain le soleil se lèvera : bien que je n'en ai pas encore fait l'expérience, ce jugement dépend de l'expérience acquise jusqu'à présent. Spinoza est plus classique : ce qui est connu a posteriori est ce qui est connu à partir de ce qui est second, un effet. Cela s'oppose à une démonstration a priori. Nous pouvons savoir par exemple que l'être absolument infini existe en partant de la connaissance certaine, et non par expérience vague, que nous avons des êtres finis : E1P11, troisième démonstration. Ici, nous avons un raisonnement, certes moins fort qu'un raisonnement a priori, mais un raisonnement tout de même, c'est-à-dire une connaissance du nécessaire.

  • a priori :

  • Qualifie un raisonnement qui part de la connaissance de ce qui est premier (prior), la Cause, pour saisir directement ou par déduction son effet nécessaire. Par ex., 'Dieu existe nécessairement parce qu'il est cause de soi' est un raisonnement a priori (cf. E1P11, les deux premières démonstrations). S'oppose à un raisonnement a posteriori. C'est Leibniz et Kant à sa suite qui ont redéfini l'a priori comme ce qui est connu de façon purement logique, antérieurement à toute expérience. S'il s'agit pour Spinoza de connaître par les causes, cela ne s'oppose qu'à l'expérience vague et non à l'expérience claire et distincte qu'enveloppent les notions communes, en tant qu'elles sont déterminantes.

  • absolu :

  • Adjectif servant à préciser la nature d'un être ou d'une relation lorsqu'elle se se suffit à elle-même. Est absolu ce qui est donc complet, total et sans restriction. Ainsi Dieu est l'être absolument infini, son infinité ne s'applique pas qu'à un domaine particulier de ce qui est. Nous pouvons aussi avoir des "idées absolues" (E3P4), c'est-à-dire des idées entièrement adéquates à leur objet. S'oppose à ce qui n'est "qu'en son genre", c'est-à-dire dans un domaine particulier, Contingent, imparfait, fini, limité et à ce qui relève d'une relation extrinsèque (une relation de détermination entre deux Essences différentes).

  • Abstraction :

  • Contrairement aux Notions communes qui sont représentation de ce qu'il y a de réellement commun entre plusieurs corps ou états mentaux, les abstractions sont des idées générales inadéquates parce que représentations incomplètes et confuse de leur objet. Il y a abstraction lorsque notre pouvoir d'être affecté est dépassé et qu'au lieu de comprendre, nous retenons seulement un signe extrinsèque qui frappe notre Imagination.

    Par exemple, comme nous ne pouvons percevoir tous les hommes, nous formons l'idée d'homme comme 'animal de stature droite' en retenant un caractère extrinsèque, alors qu'un autre retiendra plutôt un autre caractère comme 'bipède sans plumes'. Ainsi nous formons les êtres de raisons et les fictions que sont les classes, les genres et les espèces. Ensuite, les nombres sont dérivés de ces premières abstractions, puis les transcendantaux (cf. E2P40, scolie I). Les êtres géométriques sont aussi des abstractions mais qui ont la propriété de pouvoir être conçues adéquatement.

  • abstrait :

  • du latin abstrahere, détacher de. Qualifie une pensée qui détache, retire certains éléments d'un objet concret tout en se donnant comme une pensée de l'objet dans sa généralité. Les idées abstraites sont ainsi des idées inadéquates car incomplètes. Voir Abstractions.

  • Absurde :

  • à la fois ce qui est logiquement contradictoire et ce qui "sonne faux", ce qui produit un sentiment de vanité. Spinoza use quelques fois dans l'Ethique du raisonnement "par l'absurde" qui consiste à démontrer une proposition en montrant que la proposition opposée (quand une seule est possible) aboutit à des conséquences absurdes ou contradictoires (Ex. 2° dém. de E1P6). Spinoza utilise aussi fréquemment des exemples amusants pour montrer à quoi peut aboutir une mode de pensée dominé par l'imagination : TIE §34 "éléphant passant par le trou d'une aiguille", §38 : "mouche infinie", "âme carrée", M§40 "cadavres qui se promènent", E1P8S2 "hommes pouvant naître de pierres, arbres parlants", E2P42S : "Ma maison s'est envolée dans la poule de mon voisin", TP,IV4 : "tables qui mangent de l'herbe".

  • Acte :

  • Aristote définissait ce qui est en acte comme ce qui est pleinement réalisé par opposition à ce qui est en puissance, ce qui n'existe que virtuellement, à l'état de simple possibilité (voir Possible). Chez Spinoza, comme chez Aristote, Dieu est "acte pur" (contrairement à Leibniz pour qui l'essence de Dieu contient une infinité de possibles), ce qui signifie que tout ce qui est concevable en Dieu est pleinement réalisé. Mais contrairement à Aristote, Spinoza n'admet pas la moindre virtualité dans tout le reste de ce qui existe : tout ce qui existe, en tant qu'Expression de la Puissance de Dieu et considéré dans son Essence propre, non par comparaison avec d'autres êtres vaguement semblables, tout ce qui existe est pleinement réalisé (E1P29, E1P30 et E1P31, scolie). A distinguer d'Action.

  • actif :

  • Voir Action.

  • actuel :

  • Voir Acte.

  • Adéquat :

  • (adæquatus) ce qui correspond parfaitement à quelque chose, de adæquare, rendre égal. Ex. un habit est "adéquat" à une personne s'il est de même taille que celle-ci, ni trop grand ni trop petit. Cet adjectif caractérise chez Spinoza une idée, une connaissance (TIE § 29), une cause (E3D1) et une propriété (Voir Idée adéquate et Cause adéquate).

  • Affect :

  • (affectus) Traditionnellement, affectus désigne un état de l'âme, un sentiment. Selon E3D3, il s'agit d'une affection du corps en même temps que du mental (mens) par laquelle ma puissance d'agir est augmentée ou diminuée (une affection me laissant indifférent n'est donc pas un affect). Par ex., lorsqu'un élève perçoit dans le cours de son professeur une idée qui "l'interpelle", il éprouve un affect - joie du déclic ou tristesse de s'apercevoir qu'il n'avait en fait rien compris. Si au contraire l'élève n'écoute que d'une oreille, sans comprendre, sa perception du cours ne sera qu'une affection de son être le laissant indifférent, il n'y aura pas d'affect en lui. Selon Spinoza, un affect n'est donc pas qu'un sentiment (affection de l'état mental) mais également et en même temps un mouvement (affection du corps), c'est une activité, un acte en même temps qu'une puissance. Un affect peut être actif lorsque notre nature en est cause adéquate ou passif lorsque notre nature ne suffit à l'expliquer clairement et distinctement.
    - affects fondamentaux : Désir, Joie, Tristesse.
    - affects dérivés : Amour, Haine, inclination, aversion, dévotion, moquerie etc.
    affects actifs : force d'âme ou courage (fortitudo), ardeur ou fermeté (animositas) ; générosité ou noblesse d'âme (generositas) - sobriété, présence d'esprit, modestie, clémence etc. - Béatitude, amour intellectuel de la nature.
    affects toujours passifs : tristesse, haine, crainte, pitié, espoir, désespoir, indignation etc.
    affections qui ne sont pas des affects : admiration, mépris.

  • affection :

  • (affectio) Modification, changement se produisant au sein d'un être en raison d'une cause interne ou externe. Ex. : le son du chant d'un oiseau affecte mes oreilles : l'écoute est une affection de mes oreilles. Les affections de la Substance sont ses Modes, c'est-à-dire tout ce qui se conçoit à partir de la substance : les Mentaux, les Corps, les idées, les mouvements, les images etc.

    A distinguer des Affects et des Passions : tout affect est une affection du corps en même temps que l'idée de cette affection, ce qui suppose un changement concernant l'augmentation ou la diminution de ma puissance d'exister (E3D3) mais toute affection du Mental ou du corps n'est pas nécessairement un affect : l'image d'une chaise est une affection du cerveau et du mental mais elle peut être en elle-même une affection indifférente à l'augmentation ou la diminution de ma Puissance d'agir. C'est ce que produit cette image qui peut éventuellement constituer un affect : l'image et l'idée de l'affect sont une chose, l'amour et la haine de celle-ci en sont une autre.

  • Affirmation :

  • (affirmatio) Ce substantif vient du verbe ad-firmare, ce qui signifie littéralement "rendre ferme". Dans le sens courant, l'affirmation de soi consiste à manifester son individualité, avec clarté et vigueur. L'affirmation revient à faire paraître ce que l'on est, elle serait donc l'expression de l'Essence sur le plan de l'Existence. Dans ce sens, en latin comme en français, l'affirmation vaut autant sur le plan de l'existence en général (ex. affirmer son amitié par un comportement bienveillant) que sur le plan verbal (affirmer que quelque chose est), c'est une façon de rendre manifeste ce qui est vécu ou pensé. En ce sens, un sentiment qui n'est pas affirmé manque de fermeté, c'est-à-dire de présence claire dans l'existence, et restera donc flottant et vaguement défini, de même qu'une pensée.

    On pourra alors distinguer l'affirmation, comme manifestation existentielle d'une essence, de la simple positivité qui est le caractère de ce qui a une réalité quelconque par opposition à ce qui n'en a aucune. L'homme hypocrite par exemple, pense qu'un tel est fou, ce qui est donc une pensée existant positivement dans son esprit, mais ne l'affirme pas verbalement ou par un comportement quelconque. Cependant, notons dores et déjà que selon Spinoza, cela n'empêchera pas cette pensée de "s'affirmer" dans son esprit, à titre de mode de la substance, indépendamment d'une quelconque faculté de Volonté extérieure à cette pensée même.

    L'originalité de Spinoza est de montrer qu'une essence peut en elle-même être affirmative et que c'est un fait plus fondamental sur le plan ontologique que la simple positivité. En effet, puisque la Substance enveloppe par essence sa propre existence (cf. E1P7), son essence est bien de s'affirmer, c'est-à-dire d'exprimer immédiatement son essence sur le plan de l'existence. C'est pourquoi la Substance est elle-même Infinie, c'est-à-dire qu'elle est affirmation pure de toute Négation (cf. E1P8). Quant aux Attributs, ils se comprennent chacun par la positivité de leur essence, puisqu'ils doivent avoir valeur d'essence de la substance, et non par opposition les uns avec les autres. Mais comme l'essence de la Substance le rend nécessaire (cf. E1P16), chaque attribut affirmera en son propre genre l'existence de l'infinité des essences qui découlent de sa Puissance.

    En ce qui concerne les "Choses singulières", chacune affirme son essence ou s'affirme dans l'existence autant qu'il est en sa Puissance de le faire. Chacune le fait d'abord en tant que Mode de la Substance, c'est-à-dire en tant que façon unique de s'affirmer de cette affirmation absolue qu'est la substance. L'Effort par lequel chaque chose persévère dans son être peut alors être compris comme l'affirmation propre à chaque chose et constitue son essence (E3P6 et E3P7), à ceci près que l'essence des choses singulières n'enveloppe pas l'existence nécessaire (E1P24), leur affirmation reste donc Contingente.

    L'éthique spinozienne consiste sur cette base à renforcer l'affirmation de soi, de façon à rendre plus concrète et cohérente l'existence de cette nécessité intérieure qu'est le Désir. Cette éthique de la Joie aboutit à l'Acquiescement intérieur (acquiescentia in se ipso), cf. E4P52 et à la Béatitude en passant par l'élimination des passions reposant sur l'idée inadéquate d'une réalité de la Négation : Tristesse, Haine, Pitié, Crainte, Espoir etc.

  • Amour :

  • (amor) "Joie accompagnée de l'idée d'une cause extérieure" (E3P13). Par exemple, un homme éprouve une joie en pensant à une autre personne, il se représente alors cette autre personne comme cause de sa joie, il aime donc cette personne. Le désir de rendre présent l'objet de cet Affect, ou en d'autre termes de s'unir à cet objet n'est pas comme le pensait Descartes l'essence de l'amour, mais ce qui en dérive : sa Propriété (E3, Déf. 6 des affects). A partir du moment où je pense éprouver une satisfaction à cause de l'objet aimé, il est naturel que je cherche à me le rendre présent autant que possible.

  • Appétit :

  • (appetitus) Beaucoup plus large que le sens ordinaire du mot français "appétit", le terme classique d'appetitus désigne l'acte de se porter vers quelque chose, de chercher à la saisir. Spinoza définit l'appétit comme étant le Conatus en tant qu'il se rapporte aussi bien au Mental qu'au corps (E3P9, scolie). On pourra alors aussi parler d'appétit pour la bonne chaire, que d'appétit pour le pouvoir, pour l'argent, pour la vérité... Techniquement, l'appétit concerne tout Mode de la Substance, chaque être s'efforce de persévérer dans son être aussi bien en tant que corps qu'idée de ce Corps.

  • Argument Ontologique :

  • Appellation donnée par Kant à l'argument cartésien prouvant l'existence de Dieu à partir du concept de son être même. Cet argument peut se formaliser ainsi :
    Dieu est l'être qui contient toutes les perfections possibles.
    Or l'existence est une perfection (tandis que l'inexistence est une imperfection).
    Donc Dieu existe.
    On trouve chez Spinoza une Démonstration de cet ordre cf. E1P11.
    La critique kantienne de cet argument revient essentiellement à dire qu'on ne saurait tirer l'existence nécessaire d'aucun concept, puisqu'un concept n'est jamais qu'une possibilité d'existence. L'essentiel de la réponse spinozienne, que Kant a manifestement ignorée, est ici : E2P45.

  • Attribut :

  • (attributum) Traditionnellement, c'est ce qu'on attribue à un sujet. Par exemple la couleur blanche est attribuée au lait. Au début, dans les Principes de la philosophie de Descartes, Spinoza, tient encore les termes de propriété, qualité et attribut pour équivalents (PPD I, D5). Avec l'Ethique, l'attribut se précise ainsi : "ce que l'entendement perçoit d'une substance comme constituant son essence" (E1D4).
    Au début de l'Ethique, nous ne savons pas encore qu'il n'y a qu'une Substance. Admettons alors qu'un cheval soit une substance, son Essence n'est pas sa couleur, son âge etc. mais ce qui fait qu'il est un cheval, cette configuration physique qui fait de lui un animal capable de trotter, galoper, hennir etc. L'attribut du cheval serait alors l'idée intellectuelle de cette essence, de cette configuration physique. Ce n'est pas quelque chose d'extérieur à cette substance, qui serait rapporté par l'Entendement, mais bien ce que l'entendement perçoit de son essence. Ce n'est pas l'essence de la substance, ce n'est pas non plus un simple point de vue particulier et partiel, il y a attribut si et seulement si il y a perception par l'entendement de l'essence de la substance.
    Mais nous apprendrons par la suite qu'il n'y a qu'une substance : Dieu. L'essence de Dieu étant nécessairement absolument infinie, l'entendement devra pouvoir percevoir une infinité d'attributs pour Dieu. L'entendement humain étant cependant limité, nous ne pouvons connaître adéquatement que deux attributs, qui en tant qu'attributs de Dieu expriment son infinité et son éternité : la Pensée et l'Étendue. (Voir Lettre II à Henri Oldenbourg).

  • axiome :

  • Premiers principes de la connaissance rationnelle, évidents pour tous (ou du moins pour ceux qui ne souffrent pas des préjugés) composés de notions communes. Par exemple, nous percevons d'abord dans notre expérience que nombre de réalités sont en autre chose, la lymphe est dans le sang et le sang est dans le corps, le corps est dans un environnement etc., 'être en autre chose' est alors une notion commune à tous ces corps. Nous pouvons également considérer un corps en lui-même, comme un tout, par exemple, le sang composé de lymphe et de schyle. De là, nous pouvons comprendre le premier axiome de l'Ethique : "tout ce qui est, est ou bien en soi, ou bien en autre chose". Ce principe est évident par lui-même et donc premier parce qu'il ne suppose pas d'autre notions que celles qu'il contient pour être compris dans sa nécessité.





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